Adam Dyczka avec la ceinture de champion qu’il a remportée le 8 décembre au Centre Bell. Une ceinture qu’il devra manifestement remettre…

Dyczka: «J'ai fumé un joint»

Adam Dyczka a gaffé. Et il va en payer le prix.

Le 8 décembre, à l’issue de sa victoire devant Bakary Sakho au Centre Bell, il a été couronné champion des poids lourds de TKO MMA, la plus importante organisation en arts martiaux mixtes au Canada. Mardi après-midi, il a été suspendu par la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec, qui règlemente les sports de combat dans la province, pour avoir enfreint la politique antidopage de l’organisme, la même qui s’applique aux athlètes olympiques. 

Immédiatement contacté par La Voix de l’Est, Dyczka a d’abord affirmé qu’il n’avait jamais rien pris pour améliorer ses performances dans l’octogone­. Puis, il a craché le morceau. 

« J’ai fumé un joint deux semaines avant le combat, a-t-il affirmé. Ce n’était pas brillant, mais je l’ai fait, je l’avoue. C’était une erreur, une grosse erreur. Mais les gens ne se doutent pas à quel point notre entraînement est difficile. J’avais mal partout et j’étais très stressé. J’avais besoin de relaxer. Mais ce n’était pas une bonne idée de relaxer de cette façon… »

Dyczka semblait en état de choc lorsque joint par l’auteur de ces lignes. Son téléphone n’arrêtait pas de sonner et les textos rentraient à un rythme d’enfer. 

« Je me sens mal. J’ai fait une erreur et je m’en veux. Je pense aussi aux gens qui étaient de plus en plus nombreux à me supporter, chez nous à Granby comme partout au Québec. J’espère que les gens sauront me pardonner. Mais ce sera à moi de regagner­ leur confiance. »

Dans un communiqué officiel qu’il a plus tard publié, Dyczka a mentionné qu’il s’excusait auprès de TKO MMA et de son président Stéphane Patry, qu’il avait l’impression d’avoir laissé tomber. « Je ne me sens plus digne de ma ceinture », a-t-il écrit. 

Pas de drogues de performance 

À travers toutes les excuses qu’il a formulées, Adam Dyczka a tenu à insister sur une chose : il n’a jamais consommé de drogues de performance. 

« Je n’ai jamais pris de stéroïdes ou de trucs du genre. J’ai fumé, j’ai enfreint le règlement, mais je n’ai jamais pris quoi que ce soit pour me donner un avantage quelconque dans l’octogone. Vous pouvez le demander aux gens autour de moi, je ne prends même pas de shakes protéinés. Les gens ont le droit d’être déçus, mais je ne veux pas qu’ils pensent que j’ai triché pour remporter­ ma ceinture. »

Mais comme il le dit, il a enfreint le règlement. Et les conséquences seront lourdes. 

Dyczka pourrait toujours contester le résultat des tests lors de son audition devant les gens de la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec, mais il ne le fera pas, lui qui a choisi d’admettre ses fautes. Assurément, il perdra sa ceinture de champion des lourds de TKO MMA, il devra remettre la bourse reçue (environ 5000 $) le soir du 8 décembre et son permis de combattant­ sera suspendu. 

Pour l’heure, il est suspendu par TKO MMA, bien que son prochain combat n’aurait pas eu lieu avant avril. 

« Je vais vivre avec les conséquences de mes actes. J’ai un passé et je n’ai jamais prétendu être un ange. Mais je suis un professionnel et je ne peux plus agir en amateur. Je dois apprendre de mes erreurs. La réalité me frappe en pleine face aujourd’hui. C’est une cr… de dure journée. »

Dyczka a été testé quelques heures avant son combat face à Sakho. Tous les combattants impliqués dans un combat de championnat le soir du 8 décembre ont dû se soumettre à un test antidopage, dont Dimitri Waardenburg­, l’autre Granbyen qui se battait pour une ceinture.