William Leblanc et Louis-Philippe Denis font la pluie et le beau temps chez les Inouk cette saison.

Duo Denis-Leblanc: «Jouer avec lui, c’est facile»

Louis-Philippe Denis compte 67 mentions d’assistance depuis le début de la saison. Et des dizaines de ses passes ont été obtenues sur des buts de William Leblanc, son fidèle compagnon d’armes, qui est devenu le meilleur buteur en une saison de l’histoire des Inouk.

Denis et Leblanc ont pratiquement toujours joué sur le même trio cette saison. Et ils se complètent merveilleusement bien. En fait, ils font partie de ces joueurs qui se «sentent» sur la patinoire.

« On fait un beau duo, c’est clair, a expliqué Denis avant la séance d’entraînement des Inouk de mardi. Je ne sais pas pourquoi, ça a cliqué très rapidement entre Will et moi. Jouer avec lui, c’est l’fun, c’est facile. »

Denis affirme qu’il était très heureux lorsque Leblanc a battu la marque d’Érik Longtin vendredi soir à Montréal-Nord.

« Will a travaillé très fort depuis le début de la saison et il méritait de battre le record. En plus, il avait pas mal de pression sur les épaules depuis quelques semaines et ce n’était pas si facile à gérer. C’est formidable ce qu’il a réalisé. »

Selon Denis, qui a disputé deux saisons avec l’Océanic de Rimouski, Leblanc aurait pu connaître du succès dans la LHJMQ.

« Il a joué une demi-saison à Drummondville (en 2015-2016), ce qui n’a pas été assez pour lui permettre de faire ses preuves. Je sais qu’il y a eu un changement d’entraîneur qui ne l’a peut-être pas aidé non plus. C’est certain aussi qu’il n’avait pas le même niveau de confiance à 17 ans qu’à 19 ou 20. Au hockey, le timing est très important… »

Denis dira que Leblanc est un « naturel », tout simplement.

« Il possède tout un tir et il sent le filet. Un talent naturel, c’est ça. »

Des statistiques au-delà de ses attentes

Mais Louis-Philippe Denis connaît lui-même une saison exceptionnelle. Quatrième meilleur marqueur de la Ligue de hockey junior AAA, il ne lui manque plus que trois points pour atteindre le plateau des 100, lui qui compte 30 buts.

« En débarquant à Granby, je savais que j’aurais un rôle important à jouer, mais je ne pensais pas que j’obtiendrais autant de points. C’est certain que c’est une saison très satisfaisante. »

À nouveau, Denis parlera de confiance. Son niveau de confiance en lui, cette fois.

« J’ai confiance en mes moyens, mais cette confiance, elle ne vient pas toute seule. À Rimouski, l’entraîneur (Serge Beausoleil) ne croyait pas en moi comme Patrice (Bosch), lui, croit en moi. Ça fait une grosse différence. »

Les Inouk n’ont plus que deux matchs à disputer en saison régulière, soit vendredi à Saint-Gabriel-de-Brandon et dimanche à Princeville. S’ils ne peuvent plus espérer terminer au premier rang du classement général, ils peuvent toujours néanmoins finir deuxièmes, eux qui ne sont qu’à un seul point de… Princeville.

« On a hâte aux séries, c’est clair. On ne sait trop à quoi s’attendre du premier tour (le fameux tournoi à la ronde), mais on verra bien. Je pense qu’on va être prêts. »

UN MANQUE DE VISION DE LA LHJMQ, SELON LAPIERRE

Gilles Lapierre est l’ancien directeur du recrutement des Inouk. Et si les Inouk ont toujours été une équipe de premier plan au fil des ans, c’est en partie grâce à ce grand dénicheur de talent.

Lapierre a une opinion bien arrêtée sur William Leblanc, clairement un des grands de l’histoire de la concession. Et il a une réponse précise à la question que tant d’observateurs se posent : pourquoi « Will The Thrill » n’a-t-il pas eu une véritable chance de se faire valoir dans la LHJMQ ?

« Les Voltigeurs de Drummondville, mais aussi les autres équipes de la LHJMQ, ont manqué de vision dans le cas de William, dit-il. Il n’a pas été repêché même si ses qualités offensives étaient évidentes et personne n’a vu, quand il avait 17 ans et qu’il a joué une demi-saison avec les Voltigeurs, qu’il allait clairement se développer comme un gros marqueur. Oui, c’est un manque de vision pure et simple. »

Car Lapierre est convaincu que Leblanc aurait obtenu du succès dans le circuit Courteau à 19 et 20 ans.

« Je ne sais pas s’il aurait marqué 60 buts, mais il en aurait enfilé 30 ou 40, j’en suis sûr. Le talent et les habiletés sont là. Ça saute aux yeux ! »