Laurent Dubreuil (à gauche) a terminé deuxième au 500 mètres des Mondiaux de sprint, à Changchun, en Chine, entre le Norvégien Hävard Holmefjord Lorentzen et le Néerlandais Ronald Mulder.

Dubreuil deuxième au 500 mètres des Mondiaux de sprint

«Mon 500 mètres d’aujourd’hui équivaut à un mois de repos mental. Plutôt que de finir la saison sur trois mois de merde, j’ai une super course et j’atteins à nouveau mon niveau optimal. C’est extrêmement positif.»

Laurent Dubreuil a retrouvé toutes ses jambes, dimanche, en terminant deuxième du deuxième 500 mètres disputé pendant les Mondiaux de sprint sur longue piste, à Changchun.

Le patineur de Lévis a complété la distance en 34,99 secondes, à trois petits centièmes du Norvégien Havard Holmefjord Lorentzen, champion olympique. C’est huit centièmes de mieux que sa performance de samedi, où il avait pris la 10e place. «C’est une de mes meilleures courses en carrière», a même dit Dubreuil, l’un des seuls à améliorer son temps de la veille.

Il aurait malgré tout souhaité un meilleur «timing» dans l’atteinte de son apogée. «C’est clair que j’échangerais ce résultat-là avec ce que j’ai fait il y a deux semaines. Je serais peut-être médaillé olympique en ce moment», a affirmé le patineur de 25 ans, un petit rire dans la voix. 

En manque de préparation à PyeongChang, Dubreuil n’avait pu faire mieux qu’une 18e place au 500 mètres. «Mais mieux vaut tard que jamais, a-t-il ajouté. Après les Olympiques, je pouvais me regrouper ou me morfondre. J’ai décidé d’attaquer la prochaine compétition et je suis très content du résultat d’aujourd’hui.»

Trois derniers mois difficiles

Les trois derniers mois ont été éprouvants pour Dubreuil. Blessures, maladie, un appel de William Dutton concernant le processus de sélection olympique qui a failli le laisser sur le carreau pour la Corée… «D’être capable de rebondir et de faire un bon 500, c’est très rassurant. Ça me prouve que c’est des facteurs externes qui m’ont empêché de bien faire dans les derniers mois. Mais que le talent, l’habileté et les jambes sont encore là pour faire des résultats spéciaux.»

Dubreuil a d’ailleurs mieux patiné que la veille dans les deux distances au calendrier de la compétition. Au 1000 mètres, il a pris le 14e rang, trois échelons plus haut que samedi, en améliorant son temps de 22 centièmes (1:10,82).

Au cumulatif, le patineur québécois, seul Canadien en Chine, a décroché la 12place. Il avait terminé sixième en 2017, un sommet en carrière. Lorentzen est le nouveau champion du monde. Il a devancé au classement les Néerlandais Kjeld Nuis et Kai Verbij, vainqueur l’an dernier.

Dubreuil ne sera pas des Mondiaux toutes distances la semaine prochaine, une compétition hostile aux sprinteurs. Il fait aussi une croix sur la Coupe du monde finale de Minsk, dans deux semaines, car il devait payer de sa poche pour aller en Chine et en Biélorussie. Il a choisi la première destination, la compétition étant plus importante à ses yeux. «Je peux rajouter une hypothèque sur la maison pour faire toutes les compés, mais à un moment donné, il y a des limites.»

Il a donc terminé dimanche une saison mentalement éprouvante, où il a vécu des très hauts et des très bas. Sa deuxième place à Changchun entre bien sûr dans la première catégorie, tout comme sa médaille d’or à la Coupe du monde de Heerenveen, en novembre. «Le repos me fera énormément de bien. C’est la prescription du médecin en ce moment!» a conclu Dubreuil.