Du sport à la médecine

Ils ont parcouru le monde, ressenti les plus intenses émotions, connu la célébrité et vécu des expériences inaccessibles au commun des mortels. D'anciens athlètes olympiques ont replongé pour nous dans leurs souvenirs des Jeux. Ils ont aussi accepté de nous parler de leur retour parfois difficile à la vie normale.
Lizanne Bussières. Plus de 20 ans après ses deux participations aux Jeux olympiques d'été, son nom résonne encore dans la région. L'ancienne marathonienne de Frelighsburg ne court plus sur de longues distances, mais son parcours est drôlement impressionnant.
La dame de 52 ans réside depuis quatre ans à Whistler en Colombie-Britannique, où elle est médecin généraliste, mais aussi assistante chirurgicale en orthopédie, médecin volontaire sur les pistes de ski et membre de l'équipe de recherche et sauvetage.
On perçoit bien vite qu'il y a chez Lizanne Bussières ce petit quelque chose, ce besoin de dépassement et de réussite, qui semble inscrit dans les gènes de plusieurs athlètes d'élite.
Depuis la fin de sa carrière sportive "Ç'a été un peu difficile. Il a fallu que je m'accroche à autre chose. J'ai continué à faire du vélo de haut niveau», dit-elle Lizanne Bussières n'a d'ailleurs jamais cessé de se mettre au défi.
«La médecine a pris la relève de ma passion du sport. Mais j'en fais encore beaucoup. L'exercice physique a toujours continué à faire partie de ma routine. Je fais notamment de la course à pied dans la montagne. Et je me prépare actuellement pour une compétition de ski de fond en Europe», glisse-t-elle simplement, en ajoutant un détail non négligeable. «J'ai trois enfants aussi. Ça me procure de beaux moments.»
D'une chose à l'autre
Et les Jeux olympiques dans tout cela? «Ce n'était pas un rêve d'enfance pour moi. C'est plutôt un objectif qui, d'une chose à l'autre, s'est précisé. Mais ce n'est pas là que j'ai réalisé mes meilleures performances.»
À Séoul, en 1988, elle a néanmoins franchi la ligne d'arrivée en 26e position. Son arrivée dans le stade bondé, par une belle journée ensoleillée, est un des beaux "flashes" qui lui reviennent encore aujourd'hui. Lizanne se souvient aussi du choc culturel vécu par les athlètes canadiens en se posant en Corée du Sud. «On avait d'abord fait un stage au Japon pour s'adapter à la culture asiatique, mais aussi au décalage horaire», relate-t-elle.
Le marathon ayant eu lieu dans le premier bloc des compétitions, la dame avait eu le temps d'assister en personne à d'autres épreuves, dont le désormais célèbre 100 mètres du sprinter Ben Johnson, avant qu'il ne perde sa médaille d'or quelques jours plus tard pour dopage. «On était passés de l'euphorie à un peu la honte...», glisse-t-elle.
Les Jeux de 1992 à Barcelone lui laissent, par ailleurs, un goût plus amer. Bien entraînée pour supporter la chaleur sèche, l'athlète se fait alors surprendre par l'humidité écrasante qui règne dans la ville. «C'était trop difficile pour moi. J'ai dû abandonner.» Avec le recul, elle réalise qu'elle avait mené trop de projets de front, dont son entraînement et sa thèse de doctorat. «J'étais arrivée aux Jeux déjà fatiguée...»
Elle regrette un peu de ne pas avoir su apprécier le moment à sa pleine valeur. "Ça n'aurait pas été négatif que je relaxe un peu plus. J'aurais apprécié davantage quand la flamme s'est éteinte à la fin du voyage», fait-elle remarquer.
Lizanne Bussières a beaucoup couru, mais rarement après la célébrité. Oui, le titre d'athlète olympique procure un certain statut et oui, il peut faire bonne impression sur les gens. «Mais je ne suis pas entrée dans la sphère publique après ma carrière. Les Jeux m'ont plutôt appris à réaliser de grands défis et ils ont confirmé ma bonne condition physique.»
Pour elle, les Jeux auront toujours une double consonance: celle du plaisir, mais aussi de la douleur. «Tout ce que ça prend pour y arriver, c'est fou... Et en même temps, c'est un émerveillement de vivre un événement regroupant toutes les nations. C'est quelque chose.»
Profil
Gagnante du marathon international de Montréal en 1983, Lizanne Bussières a fini 4e à celui de New York l'année suivante. Aux Jeux du Commonwealth d ' Édimbourg en 1986, elle a pris le 4e rang, après avoir obtenu la 3e position au prestigieux marathon de Boston. Elle a terminé 26e aux Jeux olympiques de Séoul en 1988. Aux Jeux du Commonwealth d'Auckland en 1990, elle est arrivée 9e aux épreuves du 3000 mètres et du 10000 mètres. Elle a abandonné aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992, mais a été médaillée d'argent aux Jeux de la Francophonie de Paris de 1994 et à ceux du Commonwealth de Victoria en 1994.
source explorare.net