«La réalité nous frappe : on n’a pas de hockey et c’est dur, très dur même. Oui, ça me manque terriblement…», explique Dean Lygitsakos.
«La réalité nous frappe : on n’a pas de hockey et c’est dur, très dur même. Oui, ça me manque terriblement…», explique Dean Lygitsakos.

Du hockey senior sans combats ?

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
« Si on nous ouvre la porte, croyez-moi, on va être là ! »

Dean Lygitsakos, on le sait, est l’âme du Bellemare de Louiseville, lui qui est entraîneur, directeur général et gouverneur de l’équipe de la Mauricie de la Ligue de hockey senior AAA du Québec. Mais il est aussi un des personnages les plus influents du circuit présidé par Dominic Lussier. Et le Dean, comme on l’appelle, l’avoue : il s’ennuie cruellement de son sport.

« On est là-dedans à l’année longue, même en été, et on finit par prendre certaines choses pour acquis, explique-t-il. Mais là, la réalité nous frappe : on n’a pas de hockey et c’est dur, très dur même. Oui, ça me manque terriblement… »

Mais Lygitsakos, même s’il ne gagerait pas sa maison qu’il y aura du hockey cet hiver, garde espoir. À la tête du comité de relance de la LHSAAAQ, il est à analyser toutes les possibilités qui pourraient mener au retour des activités du circuit au cours des prochains mois. Il ne décidera rien, précise-t-il, mais il fera des suggestions.

« C’est quoi la date limite où on pourrait entamer une forme de saison ? Je dirais le 1er février. Dans le pire des cas, on pourrait présenter un tournoi à la ronde de huit matchs, disons, avant de passer aux séries. Mais il y a des conditions à remplir… »

Des conditions à remplir. Parce qu’opérer une concession de la LHSAAAQ coûte cher. Et parce qu’il ne faut pas trop jouer avec l’ADN du hockey senior et celui du circuit, dont le produit est unique, dit Lygitsakos.

« Ça nous prend 250 personnes dans les gradins pour opérer, lance Lygitsakos. Qu’on s’entende, les propriétaires ne veulent pas faire d’argent, ils veulent juste en perdre le moins possible. Et il faut être en mesure de présenter du jeu avec contact. Les gens qui nous suivent aiment notre produit parce qu’il y a de l’émotion. Sans contact, ça marche pas. »

« De mauvais goût »

Mais voilà, l’homme serait même prêt à aller plus loin afin de s’assurer que la LHSAAAQ reprenne ses activités. Le temps d’une saison, le temps que la pandémie soit derrière nous, il accepterait qu’on dise non aux bagarres et qu’un joueur soit expulsé sitôt qu’il aura laissé tomber les gants une fois.

« Si c’est ce que ça prend pour jouer, je serais capable de vivre avec ça. Encore une fois, c’est mon opinion à moi, je n’ai pas fait le tour des dirigeants de nos équipes. »

Il n’a pas fait le tour des partisans non plus, pourrait-on ajouter. Mais s’ils veulent aussi du hockey…

« Il y aura probablement des sacrifices à faire. Dans les circonstances actuelles, j’imagine mal une série de bagarres à nos matchs. Ce serait simplement de mauvais goût. »

Parlant de sacrifices, il affirmera que les joueurs sont prêts à en faire. Car ils sont les premiers à vouloir du hockey.

« On ne parle pas de salaire dans notre ligue, mais bien de remboursement de dépenses (plus gros pour certains !), sur l’essence par exemple. Et les gars semblent prêts à faire leur part d’après ce que je vois chez nous, à Louiseville, et ici et là ailleurs. J’ai même entendu parler de joueurs qui possèdent leur petite entreprise et qui voudraient commanditer leur équipe pour l’aider. Ce sont de belles histoires ça… »

Mais que la LHSAAAQ reprenne ses activités le 15 janvier ou le 1er février, elle devra d’abord et avant tout obtenir les autorisations nécessaires. Et elle devra les obtenir avant longtemps.

« Le temps est notre pire ennemi. Personne ne s’attend à ce qu’il y ait du hockey avant les Fêtes. Et pour commencer en janvier ou au début février, il nous faudrait avoir le OK pas vraiment plus tard qu’à Noël. Ce serait un beau cadeau à faire aux amateurs. Mais on a peu de pouvoir, on ne décide de rien… »

Au cours des derniers mois, Lygitsakos s’est rendu compte d’une chose : que le hockey est essentiel à son bonheur.

« J’ai besoin de ça pour être vraiment heureux. Comme plein d’autres, remarquez bien. Et je le répète, si on nous ouvre la porte, on va être là. »

Mais il faut qu’elle s’ouvre.