Le hockey mineur pourrait changer d’allure de façon significative l’automne prochain.
Le hockey mineur pourrait changer d’allure de façon significative l’automne prochain.

Du hockey à trois contre trois? Du scepticisme…

Les gens de Hockey Québec semblent déterminés à prendre tous les moyens afin que nos jeunes reprennent le chemin des arénas l’automne prochain. Et selon Martin Leclerc, d’Ici Radio-Canada, les gens de la fédération planchent sur un plan «extrême». Un plan qui suscite toutefois une tonne de questions.

Du hockey à quatre contre quatre, peut-être même à trois contre trois. Des équipes de six à huit joueurs maximum. Et aucun déplacement entre les villes et encore moins entre les régions. Du hockey à saveur uniquement «local», donc. Voilà les principales informations obtenues par le crédible journaliste au sujet du plan de Hockey Québec.

«J’avais une réunion hier (mardi soir) avec les gens de Hockey Estrie et on a discuté des informations que l’on retrouve dans le texte de Leclerc, a mentionné Denis Bessette, président de l’Association Hockey jeunesse de Granby. Selon ce que je comprends, ce sont des idées qui ont été lancées par la fédération et tout cela sera étudié au cours des prochaines semaines. Mais à première vue, il y a des choses là-dedans qui me laissent sceptique…»

Hockey Québec doit déposer, au plus tard à la fin mai, un rapport à la ministre déléguée à l’Éducation Isabelle Charest. La ministre a demandé à la fédération d’élaborer un plan qui permettra à nos jeunes de pratiquer leur sport favori dans un contexte de pandémie.

«Tout le monde veut qu’il y ait du hockey l’automne prochain et ça, je trouve ça très bien, a repris Bessette. Nos jeunes ont besoin de bouger et ceux qui jouent au hockey ont besoin de jouer au hockey. Est-ce qu’on devra se rendre jusqu’à jouer à trois contre trois? Honnêtement, je trouve que ça dénature le hockey. Mais si ça prend ça pour que nos jeunes puissent jouer, on devra le faire, j’imagine.»

Bessette est encore plus sceptique en pensant à l’idée de hockey «local» seulement. «À la limite, c’est quelque chose qui peut se faire dans une ville comme Granby. Mais à Bromont, où il n’y a parfois qu’une seule équipe par classe, comment est-ce qu’ils vont faire ça?»

Bessette voit enfin difficilement comment les joueurs de niveau double lettre trouveront leur compte à travers tous ces changements, s’ils devaient être appliqués.

«Certains ont aussi dit qu’on pourrait aussi uniquement tenir des entraînements jusqu’aux Fêtes. Ce n’est pas fou, mais est-ce que les jeunes vont demeurer motivés uniquement en pratiquant? Je ne sais pas.»

Il faudra enfin voir, toujours selon Bessette, le taux d’inscription en vue de la prochaine saison.

«Peut-être que si on perd un paquet de joueurs, il y a des décisions qui vont se prendre par elles-mêmes.»

École et immunité

Selon Denis Bessette, le retour en classe, prévu à compter du 11 mai, pourrait influencer bien des décisions, à commencer par celles qui seront prises dans le monde du sport.

«Le retour à l’école, c’est un gros test. Si les choses se passent bien, si on sent que nos jeunes sont véritablement en sécurité, ça amènera peut-être un sentiment de confiance qui pourrait avoir un impact positif sur la suite des choses. Et il y a aussi la fameuse question de l’immunité. Ça aussi, ça pourrait influencer des affaires.»

Bessette a enfin tenu à rassurer les gens : l’Association Hockey jeunesse n’est pas en difficultés financières.

«Nous sommes tous des bénévoles et nous n’avons très peu de frais fixes. À la limite, chez nous, c’est : pas de hockey, pas de dépenses. Il y a des associations qui ont des permanents, des personnes qui sont payées à l’année, ce qui n’est pas notre cas. Non, nous ne sommes pas en danger. Mais on a drôlement hâte à recommencer à parler de hockey pour vrai, par contre.»