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Dominique Ducharme est condamné à mener le Canadien à bon port.
Dominique Ducharme est condamné à mener le Canadien à bon port.

Dominique Ducharme, un fusil sur la tempe

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
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Tous les hommes de hockey du monde rêvent de se retrouver derrière le banc d’une équipe de la Ligue nationale. Tout de même, il y a des façons plus alléchantes que d’autres d’y accéder.

Dominique Ducharme a succédé à Claude Julien à la fin du mois de février. Il a été nommé entraîneur en chef par intérim du Canadien par Marc Bergevin. Ce qui veut dire qu’il a intérêt à mener le Canadien à bon port s’il veut continuer à diriger l’équipe la saison prochaine.

À moins qu’il se retrouve à la barre d’une équipe en reconstruction, un entraîneur intérimaire est jugé sur le nombre de victoires qu’il remporte. Mais le Canadien n’est pas une équipe en reconstruction et la direction du club a mis la barre haute, Bergevin le premier, dès le jour un du camp d’entraînement. Si le club était éliminé rapidement en séries ou, pire encore, s’il ne parvenait pas à se qualifier pour les éliminatoires, ce serait une immense déception, voire une catastrophe.

Nommé par Pierre Gauthier, Randy Cunneyworth a été le dernier entraîneur par intérim du Canadien, en 2011-2012. Il avait remplacé Jacques Martin au mois de novembre, mais il a échoué dans sa tentative de conduire l’équipe en séries et il a perdu son poste. Unilingue anglophone, il partait avec deux prises contre lui dans l’opinion publique.

Plusieurs années auparavant, soit lors de la saison 1970-1971, Al MacNeil avait été nommé entraîneur par intérim en remplacement de Claude Ruel. Mais MacNeil, un autre unilingue anglophone, a mené le Canadien à la conquête de la Coupe Stanley. Ses relations difficiles avec plusieurs joueurs, notamment avec le capitaine Henri Richard, ont toutefois fait en sorte qu’il a cédé sa place à un certain Scotty Bowman après le défilé sur la rue Sainte-Catherine.

Bob Gainey, alors directeur général, a effectué deux séjours en tant qu’entraîneur par intérim entre 2006 et 2009. Une première fois en remplacement de Claude Julien et une deuxième fois en remplacement de Guy Carbonneau.

Randy Cunneyworth a été le dernier entraîneur par intérim du Canadien. Après avoir succédé à Jacques Martin, il a échoué dans sa tentative de conduire le Canadien en séries.

« Il veut rester »

Analyste au Réseau des sports, Norman Flynn a dirigé à Saint-Hyacinthe, Saint-Jean et Val-d’Or dans la LHJMQ. Deux fois, il a abouti derrière le banc d’une équipe en milieu de saison, soit avec les Foreurs et lors de son second séjour à Saint-Hyacinthe. Et il sait que ce n’est pas l’idéal.

« Dominique était déjà avec le Canadien, mais il n’a pas eu grand-chose à dire sur la composition de l’équipe qu’il a sous la main, explique Flynn. Mais il réalise un rêve en étant derrière le banc d’un club de la grande ligue et il veut rester, il veut le poste de façon permanente, soyez-en certains. On lui offre une chance de démontrer ce dont il est capable et il ne veut pas rater son coup. Surtout qu’il sait qu’il est loin d’avoir une mauvaise formation, du moins sur papier. »

Avant le match de vendredi soir face aux Flames de Calgary, Ducharme avait conservé une fiche de neuf victoires, huit défaites et cinq défaites en bris d’égalité. Julien, lui, avait mené le Canadien à un dossier de neuf gains, cinq revers et quatre revers en bris d’égalité.

« La responsabilité de Dominique, c’est de soutirer le meilleur de ses joueurs, reprend Flynn. Claude Julien n’y arrivait plus et c’est pour ça qu’il a été congédié. Ducharme, c’est la nouvelle voix, comme disait Marc Bergevin. Et quand il semble à court de réponses, je n’aime pas ça et je m’inquiète pour lui. »

Il y a un monde entre être entraîneur adjoint dans la Ligue nationale et être entraîneur en chef. Dans la relation avec les joueurs, d’abord et avant tout.

« Il y a deux mois, Dominique, c’était le chum des joueurs, dit encore Flynn. Il était buddy buddy avec les gars et c’était normal dans le rôle qu’il occupait. Il était peut-être même le confident de certains. Mais là, c’est lui le boss et la relation, tout d’un coup, n’est plus du tout la même. L’ajustement n’est pas toujours facile à faire, ni pour le coach ni pour les joueurs. »

Même s’il a atteint son grand objectif, Dominique Ducharme est clairement dans une position inconfortable. Il dirige ni plus ni moins avec un fusil sur la tempe. Car gagner, faire un bon bout de chemin en séries, est sa seule et unique option.