Le camp estival organisé par François Borduas attire chaque année une centaine de joueurs provenant de la classe atome AA jusqu’à Ligue nationale.
Le camp estival organisé par François Borduas attire chaque année une centaine de joueurs provenant de la classe atome AA jusqu’à Ligue nationale.

Développement au hockey: Borduas sent un «vent de panique»

Même si la reprise du hockey semble encore loin, particulièrement au niveau amateur, les services offerts par François Borduas n’ont probablement jamais été aussi pertinents. Comme plusieurs autres entraîneurs spécialisés dans le développement individuel, le résident de Saint-Césaire souhaite aider de nombreux joueurs d’élite à traverser la crise de la COVID-19.

Le camp estival organisé par Borduas sur la Rive-Sud de Montréal attire chaque année une centaine de joueurs provenant de la classe atome AA jusqu’à Ligue nationale. Au cours des dernières années, il a côtoyé de gros noms tels que Anthony Mantha, Kristopher Letang et Anthony Beauvillier.

«Le Québec est une des seules provinces canadiennes où les joueurs ne peuvent pas patiner présentement. Autour de moi, je sens l’inquiétude de prendre du retard par rapport aux autres», indique le natif de Saint-Paul-d’Abbotsford, qui parle même d’un «vent de panique» dans le milieu du hockey.

«Plusieurs gars sont découragés et manquent de motivation présentement. Si ça continue comme ça, le Québec pourrait passer à côté de bons joueurs.»

Borduas estime que les jeunes hockeyeurs de province devront se contenter d’entraînement «au moins jusqu’à Noël». Il s’inquiète aussi pour les professionnels qui prévoient traverser l’Atlantique la saison prochaine.

«À plusieurs endroits en Europe, les joueurs sont sur la glace depuis deux semaines. La plupart des Québécois ne peuvent pas retourner là-bas avant le mois d’août, notamment à cause des logements. Ils n’auront peut-être pas patiné depuis la mi-mars et partiront assurément avec plusieurs longueurs de retard», souligne le Césairois. «Le plus dangereux dans tout ça, c’est vraiment les risques de blessure.» Une feuille de route bien garnie

Même si on parle officiellement du Camp de maniement de rondelle FB, le principal intéressé précise que ses enseignements ne se limitent pas à cette facette du jeu.

«Je touche tous les aspects du développement, que ce soit les habiletés, l’endurance, l’agilité ou le côté mental. Tout ce qu’un joueur peut et doit faire sur une glace», explique celui qui compte une vingtaine d’années d’expérience dans le domaine.

François Borduas a collaboré avec de nombreuses équipes et organisations au cours des dernières saisons, dont les Huskies de Rouyn-Noranda et les Voltigeurs de Drummondville dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Il a aussi aidé les porte-couleurs des Inouk lors du deuxième passage de Patrice Bosch à la tête de la formation locale, entre 2016 et 2019.

Il a toutefois passé peu de temps à Granby la saison dernière et n’a reçu aucune indication en vue de la prochaine. Rappelons que l’avenir des Inouk, qui pourraient être vendus prochainement, semble plus incertain que jamais. Approché par d’autres clubs junior AAA, Borduas reconnaît que son objectif ultime est d’atteindre la LNH comme entraîneur. Son nom circulerait d’ailleurs dans certaines organisations du circuit Bettman.

François Borduas

En attente des réponses

À court terme, le Césairois espère toujours offrir son camp annuel en juillet prochain. Insistant sur «la différence entre un match et des entraînements individuels», il estime qu’il est tout à fait possible de respecter les consignes sanitaires avec une dizaine de joueurs sur la patinoire. Borduas a d’ailleurs contacté l’équipe de la ministre responsable du loisir et du sport, Isabelle Charest, à ce sujet, sans obtenir de réponse pour le moment. Il assure voir bien au-delà de son propre gagne-pain dans ce dossier.

«Je ne suis pas certain que la meilleure chose soit de laisser les jeunes de 14-15 ans pluggés sur leurs écrans et leurs jeux vidéos», fait-il valoir.

«Je comprends que la santé publique est prioritaire, mais je me demande aussi si des athlètes comme Isabelle auraient pu gagner des médailles olympiques sans s’entraîner véritablement pendant six mois...»