Éric Noël et Alain Ménard à New York lors des Internationaux de tennis de États-Unis

«Deux petits gars de Granby» juges de ligne à l'US Open

Deux Granbyens reviennent tout juste du US Open et peuvent se vanter d’avoir eu la meilleure place de tout Flushing Meadows afin de voir du tennis de haut niveau : celle de juge de ligne.

Alain Ménard et Éric Noël ont passé les deux dernières semaines à New York, pour leur première fois à titre d’officiels dans un tournoi du Grand Chelem. « C’est un des quatre plus grands au monde, ce n’est pas rien ! », dit Éric Noël. « Il y a 70 000 personnes par jour qui vont sur le site, 17 terrains sur lesquels on joue en même temps et qui sont équipés pour recevoir les meilleurs joueurs », ajoute Alain Ménard.

Pour Alain et Éric, qui ont respectivement 10 et 20 ans d’expérience dans l’arbitrage, tous les matchs sont d’une grande importance. « Que ce soit un match de premier tour de qualification ou un match de finale, c’est important pour les joueurs et ils veulent gagner. Il ne faut pas oublier qu’il y a un prix à la suite de ça », explique Éric Noël. Rappelons que Nadal et Andreescu ont quitté New York respectivement avec un chèque de 3,85 millions de dollars américains, soit environ 5,1 millions en dollars canadiens. Le US Open est le tournoi le plus lucratif du circuit pour les joueurs.

Les deux juges de ligne participent à quatre ou cinq tournois par année, explique Éric. « On essaie d’appliquer pour un tournoi international par année, ça nous permet de voyager », ajoute-t-il.

De Granby à New York

« Comment deux petits gars de Granby se sont ramassés au US Open ? », lance Éric Noël.

Éric Noël et Alain Ménard devant le stade Arthur Ashe lors du US Open 2019.

Il a fallu qu’ils soient d’abord formés par Tennis Québec, afin d’apprendre tous les règlements et de développer la technique pour bien évaluer si une balle est en jeu. « Notre but est d’appeler au meilleur de nos techniques et de notre concentration », explique M. Noël. Avec l’expérience, ils sont en mesure de prévoir la trajectoire de la balle, en suivant attentivement le jeu tout en gardant les yeux rivés sur la ligne.

Les joueurs ont toujours la possibilité de contester leur décision et la vérification se fait par un système de révision informatique. Si leur décision est annulée, ils doivent rester stoïques pour ne pas influer sur le jeu. « Ce sont les joueurs qui donnent le spectacle, indique Éric Noël. Mais on est humain, ça nous arrive d’appeler la mauvaise décision. »

Pour s’assurer que les juges gardent leur concentration et qu’ils puissent prendre la bonne décision, il y a une rotation des effectifs qui se fait à chaque tranche de 45 minutes ou d’une heure selon les organisations.

Une fois qu’ils ont pris de l’expérience localement, ils peuvent postuler à des tournois ailleurs dans le monde. « Si on est sélectionné, on y va ! », assure Éric Noël.

Pour les deux Granbyens, il ne s’agit pas d’aller travailler, mais bien « d’aller voir du tennis ». C’est la passion du sport qui les motive à le faire, à temps perdu. Leur passion pour le sport les amène à arbitrer aussi dans d’autres sports, comme la balle molle.

Pour prétendre au poste d’arbitre de chaise, il faut plus de temps. Alain Ménard, maintenant retraité de chez IBM, a suivi sa formation d’arbitre de chaise et prévoit consacrer du temps pour gagner de l’expérience à ce poste. Éric Noël, quant à lui, est toujours employé chez Desjardins, ce qui ne lui laisse pas beaucoup de temps.