Johanne Beauregard (en bleu) et Carole Hurteau (en rose), se sont classées respectivement première et troisième au Québec, dans leur catégorie d'âge, en crossfit.

Deux femmes repoussent leurs limites en crossfit

Carole Hurteau et Johanne Beauregard ont bûché dur et leurs efforts ont été payants. Les deux Granbyennes, respectivement âgées de 65 et 56 ans, se retrouvent parmi les femmes les plus en forme du monde dans leur catégorie, selon les standards des Crossfit Games.
Au terme de cinq entraînements jugés par des officiels à la première étape de la compétition, l'Open, Mme Beauregard s'est classée 90e au monde sur 2781 femmes et première au Québec chez les 55-59 ans. Mme Hurteau est 125e au monde sur 1574 femmes et troisième au Québec chez les 60 ans et plus. 
« Finir première au Québec, c'est wow ! », commente avec stupéfaction Mme Beauregard, qui fait du crossfit depuis un peu plus de deux ans. On n'aurait pas pu deviner qu'elle a déjà souffert d'une blessure à l'épaule - qui n'est pas due au crossfit - durant un an et demi. Mme Hurteau avait quant à elle réussi cet exploit l'année- dernière.
Comme elles se sont classées dans le top 200 mondial, elles participeront à la prochaine étape, soit celle des régionaux, qui mène ensuite à l'ultime compétition- aux États-Unis. 
« Souvent, on oublie de regarder le niveau provincial, remarque Jean-Philippe Paquette, propriétaire de Crossfit Granby, où s'entraînent les deux athlètes. Johanne est la plus en forme à son âge ! Carole, elle, espérait que cette année il y aurait une catégorie 65 ans et plus [mais ça ne s'est pas fait]. Elle s'entraîne avec des femmes de 60 ans et dans ces cinq années de différence, veut veut pas, le corps mange une volée. C'est de plus en plus dur chaque année de maintenir tes qualités athlétiques. De finir troisième au Québec, c'est vraiment bien. »
En effet, le corps d'une personne de 56 ou 65 ans n'a pas la même capacité que celui d'un vingtenaire, ce qui rend le travail de ces femmes d'autant plus remarquable. 
Une force insoupçonnée
Pour les photos prises par La Voix de l'Est dimanche matin, bien avant le café matinal, elles n'ont pas hésité à enchaîner les tractions sur la barre fixe (chin-up) et les squats clean, un mouvement d'haltérophilie, pour démontrer leur force. 
« Cette année, c'était vraiment un défi pour moi, évoque Carole Hurteau, dont l'attention a été attirée, il y a trois ans, par le bruit des poids jetés par terre dans le centre d'entraînement alors qu'elle marchait. Je savais que je devais travailler beaucoup plus fort. Il y avait plus de femmes inscrites que l'année dernière. J'avais une espèce de crainte. Par contre, je suis vraiment contente parce que j'ai réalisé des objectifs que je n'ai jamais été capable d'atteindre avant. »
Même chose pour Johanne Beauregard, qui a dépassé toutes ses attentes. 
« Ça repousse tes limites et ça va chercher une force insoupçonnée ! J'ai travaillé fort. Très fort. Parce qu'à notre âge, nos gains sont plus lents. »
« Les jeunes, c'est ça le gros show, c'est ça que les gens viennent voir aux Crossfit Games, remarque Jean-Philippe Paquette. Quand tu regardes une femme de 60 ans, par exemple, c'est moins impressionnant et plus lent, à l'oeil, qu'une fille de 20 ans qui lève 200 livres à bout de bras. Mais quand tu réfléchis à ce que ces femmes-là font, c'est incroyable, c'est démesuré ! »
Les deux Granbyennes se préparent pour les régionaux, qui se dérouleront dans quelques semaines. Encore une fois, leur force sera testée, de même que leur technique.