Les Granbyennes Sarah-Maude Hamel et Annabelle Scott reviennent sur un nuage du Tournoi international pee-wee de Québec, où l'équipe féminine du Québec a connu un parcours remarquable.

«Des souvenirs pour la vie»

Deux Granbyennes ayant porté l'uniforme de l'équipe féminine du Québec au Tournoi international pee-wee de la Vieille Capitale en reviennent avec des souvenirs impérissables et grandies de leur expérience. Leur formation s'est inclinée en finale de la classe Inter B devant le HK Pirati, de la Lettonie, devant une foule enthousiaste d'environ 5000 spectateurs.
L'équipe féminine du Québec a réussi à se rendre à la finale par le chemin de la deuxième chance, en l'emportant successivement contre Calgary, Longueuil et Boston.
« Je pense que ça va prendre plusieurs jours encore avant de pouvoir réaliser notre parcours dans le tournoi, qu'on a marqué l'Histoire en étant la première équipe féminine à se rendre dans une finale », résume l'attaquante no 18, Sarah-Maude Hamel, encore sur un nuage.
Sa coéquipière, la gardienne no 32 Annabelle Scott, acquiesce. « Ç'a toujours été notre but d'aller à la finale, même de gagner. Mais on savait que se rendre là ne serait pas chose facile. Ça va être des souvenirs pour la vie », confie-t-elle.
Il faut dire que pour une équipe qui a été assemblée spécialement pour le tournoi et qui jouait contre l'élite du hockey mineur, le parcours des filles a de quoi surprendre. Elles n'ont eu droit qu'à trois entraînements d'équipe avant la compétition. « Ça ne faisait pas longtemps qu'on jouait ensemble, mais la chimie a pris rapidement entre toutes les filles. On avait toutes un but commun qui nous unissait, c'était fort. En plus, la foule était derrière nous. Ça avait un gros facteur motivation d'entendre "let's go les filles, let's go ! " », raconte Sarah-Maude, qui endosse normalement l'uniforme des Élites de l'Estrie de la Ligue de hockey féminin de développement- du Québec. 
La troupe de Caroline Ouellette, Catherine Ward, Kim St-Pierre, Valérie Bois, Marie-Philip Poulin et Camille Dumais a perdu son premier match contre les Harfangs de Beauport 1 à 0. « On a vite oublié la défaite. C'est la troisième meilleure équipe pee-wee au Québec. On savait qu'on était de calibre », expliquent les filles. 
L'équipe féminine du Québec a réussi à se rendre à la finale par le chemin de la deuxième chance, en l'emportant successivement contre Calgary, Longueuil et Boston. « Le match contre Boston a vraiment été intense. On a gagné 4-3, en 9e ronde des tirs de barrage », explique Annabelle Scott, qui évolue avec les Vics de Yamaska-Missisquoi AAA relève de la Ligue d'excellence du Québec. 
Le regard des gars
Les filles l'avouent. Elles ont été victimes de préjugés avant chaque partie où elles affrontaient... des gars. « Ils nous regardaient et ils riaient. Ils avaient l'air de ne pas nous prendre au sérieux. Nous, on voulait juste leur prouver ce qu'on savait faire », affirme Sarah-Maude.
« Même que je pourrais dire que c'était motivant de voir les gars pleurer, quand ils perdaient... C'était comme une leçon qu'on leur donnait dans plusieurs sens, surtout parce qu'ils nous ont sous-estimées », ajoute la hockeyeuse de 13 ans, tout sourire. 
Elles font remarquer qu'il y a beaucoup de préjugés contre les filles jouant au hockey. « Mais ce n'est pas parce qu'on est des filles qu'on est moins bonnes, voyons ! », fait valoir Annabelle. 
La tristesse bien présente
Contentes de leur parcours, les filles ont toutefois éprouvé de la tristesse au moment où elles ont compris qu'elles ne joueraient plus avec leurs nouvelles amies. « Ç'a été dur de réaliser que c'était fini. Des liens très forts ont été créés rapidement », lance Annabelle.
« Je pense que ça va toujours rester. On s'est créé un groupe Facebook, on s'écrit souvent. C'est certain qu'on garde contact », renchérit Sarah-Maude.
Déjà, des projets seraient dans l'air pour que l'équipe puisse se réunir à nouveau, possiblement dans un tournoi au printemps.
Le conseil qui va rester gravé dans leur mémoire ? « Un de nos slogans était de laisser sa marque, peu importe ce qu'on fait. C'est ce que je compte faire », dit Sarah-Maude.