Les sourires étaient radieux alors que les gens du Challenger Banque Nationale annonçaient la parité dans les bourses remises aux hommes et aux femmes. De gauche à droite, on reconnaît le président et directeur général du tournoi Alain Faucher, les députés et ministres François Bonnardel et Isabelle Charest et le directeur du tournoi Eugène Lapierre.

Des bourses paritaires au Challenger de Granby

La question agaçait Alain Faucher depuis que les dames se sont amenées une première fois au Challenger Banque Nationale de tennis de Granby.

Depuis 2011, les femmes ont toujours fait moins de sous que les hommes au Challenger. Encore l’an dernier, c’est une bourse totale de 100 000 $ en devises américaines qui étaient remises à ces messieurs comparativement à 60 000 $ à ces dames. Ça faisait grimacer le président et directeur général de l’événement… et d’autres aussi.

Mais voilà, Faucher avait une bonne nouvelle à annoncer mercredi en conférence de presse : cette année, le tournoi versera 80 000 $, toujours en devises américaines, aux femmes comme aux hommes. Quoique si on veut être très précis, le communiqué remis aux médias fait mention d’un tout petit 1240 $ de plus aux hommes.

« Oui, ça m’agaçait et oui, je suis un homme heureux aujourd’hui, a expliqué le numéro un du tournoi. Nous sommes en 2019 et il n’y a aucune raison qui explique que les femmes fassent moins d’argent que les hommes pour accomplir le même travail. Je suis fier de la nouvelle qu’on annonce. »

Plus loin, la ministre et députée de Brome-Missisquoi à l’Assemblée nationale, Isabelle Charest, avait le sourire facile. À titre d’ex-athlète et de ministre responsable de la Condition féminine, elle avait toutes les raisons du monde d’être satisfaite.

« J’ai été présidente d’honneur du Challenger (en 2014) et j’habite la région, a-t-elle souligné. Et je suis très fière de cette décision prise par les gens du tournoi, notre tournoi, qui devient un modèle pour les autres événements du genre. »

En passant, le ministre des Transports et député de Granby, François Bonnardel, était aussi à la conférence de presse. Oui, le Challenger avait réuni deux ministres, à la grande fierté d’Alain Faucher.

Évidemment, certains diront que pour en donner plus aux femmes, le Challenger a dû couper dans la bourse des hommes.

« Les hommes perdent un peu d’un côté, mais nous allons leur offrir l’hébergement cette année, a repris Faucher, qui voyait venir la question. Et ça, pour eux, ça vaut plus que 20 000 $. Nous voulions la parité, certainement pas punir les hommes… »

Une question de revenus

Directeur du tournoi, Eugène Lapierre est aussi heureux que le Challenger offre dorénavant autant d’argent aux femmes qu’aux hommes. Mais celui qui est aussi directeur de la Coupe Rogers à Montréal affirme qu’il y a encore de nombreux tournois qui n’offrent pas encore la parité.

« Il y a encore un bon bout de chemin à faire, a-t-il avoué. À la Coupe Rogers, les femmes gagnent toujours moins de sous que les hommes. Mais il y a aussi une question de revenus là-dedans. À Montréal, par exemple, le tournoi féminin attire moins de spectateurs que celui masculin. À Granby, je ne crois pas qu’il y a moins d’intérêt pour les dames que pour les hommes. »

Les quatre tournois du Grand Chelem offrent les mêmes bourses, qu’importe le sexe des athlètes. Et il n’y a que trois Masters à travers le monde qui sont généreux de la même façon pour les femmes comme pour les hommes.

« La parité dans les bourses, c’est certain que c’est une question à laquelle il va falloir s’attaquer tout le monde », a avoué Lapierre en conclusion.