Il en coûterait plus de 50 000 $ par saison pour faire rouler un modifié.

De la grogne chez les pilotes

Les pilotes qui roulent en modifié à l'Autodrome Granby, au RPM Speedway de Saint-Marcel et à l'Autodrome Drummond estiment qu'ils méritent un meilleur traitement financier. Et à ce sujet, un comité représentant les coureurs rencontrait les promoteurs Dominic Lussier (Granby et Saint-Marcel) et Yan Bussière (Drummondville) lundi soir à Saint-Hyacinthe.
«On adore notre sport et on ne veut pas faire mal à l'industrie, explique un pilote sous le couvert de l'anonymat. Mais voilà, on se rend compte qu'on nous demande d'effectuer de plus en plus de tours (les fameuses soirées à deux fois 35, 40 ou 50 tours) et on ne reçoit rien de plus en retour. Il faut que ça change!»
Il en coûterait plus de 50 000 $ par saison pour faire rouler un modifié. Et selon le pilote en question, certains commencent à avoir de la misère à suivre. 
«Au début du mois de juillet, il y a des gars qui espéraient de la pluie parce qu'ils n'avaient plus d'argent pour courir. Ça donne une idée...»
Les pilotes des modifiés se sont réunis deux fois au cours des dernières semaines. La première fois, ils étaient 15; la seconde, ils étaient 27. 
«Il y a de la grogne, il y a des gars qui sont vraiment tannés, dit encore le pilote qui ne veut pas être nommé. Certains prétendent que si nos conditions ne sont pas améliorées, ils ne sortiront pas leur voiture au mois de mai. Les pilotes les plus riches, ceux qui ont le plus de moyens, revendiquent toutefois beaucoup moins fort...»
Les coureurs automobiles comptent parmi les athlètes les plus passionnés. Menacer de faire la grève en décembre, alors qu'il neige et que la prochaine saison est encore loin, c'est une chose. Mais lorsque le printemps va se pointer et que ça va commencer à sentir l'essence, ça risque d'en être une autre. 
Une alternative 
Même si on sait qu'ils ne font pas des millions, il est difficile de savoir exactement combien les pilotes reçoivent pour une soirée de courses. Ça va avec l'importance du programme et selon la position où ils pointent au classement. Et même si l'Autodrome Granby et le RPM Speedway ont mis sur pied un fonds de points conjoint de l'ordre de 100 000 $ il y a quelques années, ce n'est pas suffisant au goût des pilotes, du moins au goût de plusieurs. 
«Le fonds de points récompense ceux qui obtiennent les meilleurs résultats, reprend le pilote qui requiert l'anonymat. Ce sont ceux qui ont peu de budget, ceux qui terminent plus loin au classement, qui ont le plus besoin d'aide.»
Les pilotes Daniel Nadeau et Simon Perreault, accompagnés de Réjean Plante, rencontraient Dominic Lussier et Yan Bussière lundi soir. Plante dirige l'équipe de courses de Maxime (qui court en modifié) et de Josianne Plante, ses enfants. 
Ce qui inquiète Lussier et Bussière, c'est que la piste de Plattsburgh, dans l'État de New York, passera de l'asphalte à la terre battue la saison prochaine. Et puisque l'Airborne Park Speedway- présente ses programmes le samedi soir, ça pourrait faire mal au RPM Speedway et à l'Autodrome Drummond, qui sont actifs la même journée. 
Selon notre source, cinq ou six réguliers des pistes sur terre battue du Québec, notamment Kayle Robidoux et Mario Clair, vont courir à Plattsburgh en 2017. D'autres noms pourraient s'ajouter. 
«Plattsburgh, c'est pas loin. Et tout d'un coup, on a une alternative», souligne cette même source. 
Le dossier du mécontentement des pilotes en modifié ébranle le petit monde des courses sur terre battue. Lundi après-midi, Yan Bussière a annoncé à ses amis qu'il mettait en vente l'entreprise qui gère l'Autodrome Drummond. «J'en ai assez des chialages!», aurait-il dit à ses proches.