Depuis 2007, Danielle Goyette dirige les Dinos, l’équipe de hockey féminin de l’Université de Calgary.
Depuis 2007, Danielle Goyette dirige les Dinos, l’équipe de hockey féminin de l’Université de Calgary.

Danielle Goyette: «Une belle et grande aventure»

Danielle Goyette a été rien de moins qu’une des meilleures joueuses de hockey féminin au monde. Sa consécration, elle l’a obtenue en 2017 alors qu’elle a été admise au Temple de la renommée du hockey. Mais encore aujourd’hui, elle continue à travailler à l’avancement dans son sport à titre d’entraîneuse en chef des Dinos de l’Université de Calgary.

Oui, elle en a fait du chemin, la p’tite fille de Saint-Nazaire d’Acton, qui a fait vibrer toute une région grâce à sa persévérance, son talent et ses conquêtes de médailles olympiques.

« Le temps passe tellement vite, lance Danielle, aujourd’hui âgée de 54 ans. Je regarde ça et ça fait maintenant 24 ans que j’ai quitté mon village pour m’établir à Calgary. Si on m’avait dit tout ce qui m’attendait quand j’ai quitté Saint-Nazaire, c’est certain que je ne l’aurais pas cru. »

Goyette rappellera qu’elle s’est retrouvée à Calgary, en 1996, d’abord et avant tout pour apprendre l’anglais.

« J’étais déjà membre de l’équipe nationale et à chaque fois que j’étais dans l‘entourage de la formation, je ne comprenais jamais rien de ce qu’on me disait ! À un moment donné, je me suis dit : ‘Bon, si tu veux avancer au hockey, il faut que tu puisses communiquer avec ta coach et tes coéquipières. C’est là que j’ai déménagé. Aujourd’hui, je suis toute contente quand un journaliste du Québec m’appelle afin que je puisse parler français un peu ! »

Elle dirige les Dinos depuis 2007. Elle a mené son équipe à la conquête du championnat canadien en 2012.

« Je fais du hockey à temps plein et je l’apprécie. Mais on va se le dire, je fais tout ici. C’est moi qui planifie les voyages en autobus et en avion, c’est moi qui booke les hôtels, qui fais la paperasse, etc. En fait, je dis souvent que mon travail, c’est 80 % d’administration et 20 % de hockey. Mais je ne me plains pas, car j’ai de bonnes conditions et je ne suis pas obligée d’avoir un autre job à côté. »

Danielle a aussi été entraîneuse adjointe de l’équipe canadienne qui a remporté l’or aux Jeux de Sotchi en 2014. Il est étonnant qu’on ne lui ait pas encore confié la pleine direction de l’équipe.

En 2006, avec la médaille d’or qu’elle a remportée aux Jeux de Turin.

« Il faut parfois que je me pince »

La première fois qu’il a été question de Danielle Goyette dans La Voix de l’Est, c’était en 1998, alors qu’elle s’apprêtait à participer aux Jeux de Nagano. Elle venait tout juste de perdre son père et son histoire avait ému tout le pays. Dans des conditions difficiles, elle avait tout de même joué du gros hockey et aidé le Canada à enlever la médaille d’argent.

Puis, aux Jeux de Salt Lake City, en 2002, et à ceux de Turin, en 2006, elle a remporté l’or. Et on ne parlera pas de ses huit triomphes aux championnats du monde.

« On me demande souvent : ‘Danielle, c’est quoi ton plus beau souvenir ? ’ Mais vous savez, il y en a tellement. En fait, ma carrière au complet a été une belle et grande aventure, un merveilleux souvenir. J’ai été chanceuse. Vous allez dire qu’on fait sa chance, mais j’ai été chanceuse quand même. »

Et il était simplement de mise qu’elle soit la première Québécoise à faire son entrée au Temple de la renommée du hockey. En 171 matchs avec l’équipe nationale, elle a marqué 113 buts en plus de récolter 105 mentions d’aide.

« Quand je pense que j’ai ma place au Temple de la renommée, il faut parfois que je me pince. Personne ne rêve d’avoir sa place au panthéon, même les garçons, quand ils sont jeunes. Ce n’est pas une chose à laquelle tu penses. Et moi, je suis là. Et d’avoir été intronisée en même temps que les Teemu Selanne, Paul Kariya, Dave Andreychuk et Mark Recchi, c’était totalement irréel ! »

Mais le hockey a laissé des traces sur le corps de Danielle Goyette, qui est en attente d’une opération à l’épaule gauche après avoir déjà été opérée à l’épaule droite.

« Je vis avec la douleur 24 heures par jour. Sur la glace, lors des séances d’entraînement, il y a des choses que je ne peux plus faire. Écoutez, j’ai subi 24 dislocations pendant ma carrière… »

Mais elle n’en a pas fini avec le hockey féminin, qui est à la fois son sport et sa grande bataille.

« La qualité de jeu s’est tellement améliorée depuis mes débuts. Il y a tellement de bonnes joueuses maintenant. Là, on est dans l’attente d’une nouvelle ligue professionnelle. Il ne faut surtout pas lâcher. »

Elle ne lâchera pas. Car elle ne l’a jamais fait.