Daniel Vincelette en compagnie de son épouse Marie-Josée et de leurs filles Camille et Laurie alors qu’ils assistaient à un match du Canadien au Centre Bell
Daniel Vincelette en compagnie de son épouse Marie-Josée et de leurs filles Camille et Laurie alors qu’ils assistaient à un match du Canadien au Centre Bell

Daniel Vincelette: «Je détestais être échangé!»

Daniel Vincelette a connu une brillante carrière dans la LHJMQ avant de disputer près de 200 matchs dans la Ligue nationale. Puis, il a été entraîneur au niveau senior et dans le circuit Courteau. Il a aussi été impliqué dans l’une des plus importantes transactions de l’histoire des Nordiques et dans un incident qui, dit-il, le hante encore aujourd’hui.

À 52 ans, Vincelette vit toujours à Acton Vale en compagnie de sa belle Marie-Josée, qu’il a mariée il y a plus de 25 ans, et il est également toujours là pour ses deux grandes filles, toutes deux étudiantes à l’université. Et il vend des voiturettes de golf depuis 25 ans aussi.

« En dehors du hockey, ma vie a toujours été très tranquille, très stable, explique-t-il. En fait, je suis quelqu’un qui n’a jamais aimé le changement. Être échangé, je détestais ça. »

S’il aime assister à un match des Voltigeurs de Drummondville, son ancienne équipe, de temps en temps, Vincelette avoue être « pas mal déconnecté » du hockey. Il n’a pas travaillé dans le milieu depuis une dizaine d’années, soit depuis l’époque où il était recruteur pour les Sea Dogs de Saint John.

« Ma fille Laurie a joué du gros hockey (elle a joué jusqu’au niveau collégial), je l’ai suivie de près et je n’avais plus de temps pour autre chose à l’extérieur de mon travail régulier. De toute façon, je commençais à être rendu ailleurs. »

Daniel Vincelette alors qu’il portait l’uniforme des Nordiques de Québec,

Fier, mais…

Bien qu’il soit le seul Valois avec Francis Breault à avoir réussi l’exploit, Daniel Vincelette n’est pas du genre à se vanter d’avoir joué dans la Ligue nationale. Pourtant, il l’a fait.

« Je suis fier d’avoir joué dans la LNH, mais je suis un gars de la campagne et je ne me présente jamais à personne en disant que j’ai joué avec les Blackhawks de Chicago et les Nordiques, dit-il. Souvent, je suis invité à participer à des événements avec d’anciens joueurs de Hawks et je n’y vais même pas. Pas que j’ai le syndrome de l’imposteur, mais je ne me sens pas toujours à ma place aux côtés de gars qui ont été des super-vedettes. »

En 193 matchs dans la grande ligue, Vincelette a amassé 42 points dont 20 buts, en plus de passer 350 minutes au cachot. Il n’a jamais été un joueur de finesse, bien qu’il ait conservé une moyenne supérieure à un point par partie dans les rangs juniors.

« J’ai travaillé fort pour jouer mes 193 matchs en haut. Mais il y a eu beaucoup de détours : la défunte Ligue internationale (Saginaw, Indianapolis, Atlanta, San Diego, San Francisco), la Ligue américaine (Halifax) et même l’Europe. Me suis promené pas mal. »

En mars 1990, il passait des Hawks aux Nordiques en compagnie d’Everett Sanipass et Mario Doyon en retour de Michel Goulet, Greg Millen et un choix au repêchage.

«J’étais bien à Chicago et je me souviens que l’entraîneur Mike Keenan m’avait dit : “Va à Québec et je vais retourner te chercher bientôt”. Et vous savez quoi ? Il l’a fait la saison d’après !»

Plus tard, sa carrière chez les professionnels complétée, il a renoué avec ses racines en portant les couleurs du Nova d’Acton Vale, dans la Ligue semi-pro. Et alors qu’il jouait encore, il a accepté de devenir l’entraîneur en chef du Blitz de Granby.

« Je remercie encore les frères Marois de m’avoir donné cette première chance de coacher. J’ai eu de bons moments à Granby. Si ça n’avait pas été de ce séjour derrière le banc du Blitz, je n’aurais jamais eu la chance d’être adjoint à Jos Canale à Sherbrooke, dans la LHJMQ. La seule chose, c’est que j’ai été perçu comme un traître, chez nous à Acton Vale, parce que je quittais le Nova pour Granby, l’ennemi juré. »

Malheureusement, on ne retiendra qu’une chose du passage de Vincelette derrière le banc des Castors : ce fameux incident survenu à Rouyn-Noranda, le 27 mars 2000, alors que l’entraîneur et son adjoint ont eu maille à partir avec des partisans. Vincelette avait écopé de 20 matchs de suspension (suspension plus tard réduite) et l’affaire s’était même retrouvée dans les tribunaux.

« Pas de farces, je repense à cette histoire à tous les jours. Après toutes ces années, je regrette encore. Mais ça m’a coûté cher. Clairement, ça m’a barré à jamais de la LHJMQ. »

Daniel Vincelette lors de son passage avec les Blackhawks de Chicago.

Choyé malgré tout

S’il regrette ce passage de sa carrière, Daniel Vincelette estime néanmoins avoir été choyé par la vie.

« Je suis avec une femme que j’aime, on a eu deux beaux enfants et j’ai un travail qui me plaît et dans lequel, honnêtement, je suis un des meilleurs. Et le hockey m’a permis vivre de belles aventures aussi. Je suis toujours bien chez nous, à Acton Vale, et je suis heureux. »

L’homme semble avoir mis une croix sur le hockey. Tout de même, il s’est informé des Bisons et il a bien l’intention de venir faire son tour au Centre sportif Léonard-Grondin la saison prochaine afin de voir la nouvelle équipe préférée des Granbyens…