«Il n’y a pas qu’au baseball qu’on reçoit des balles courbes. Et ça fait partie du jeu. Parfois, on a de belles surprises, on accueille des joueurs qu’on n’attendait pas, et parfois, c’est le contraire qui arrive. Mais on a toujours eu de beaux tournois et ça, les gens le savent…», explique le président et directeur général du Challenger, Alain Faucher.

Composer avec les balles courbes

Alain Faucher l’avoue : la présidence et la direction générale du Challenger Banque Nationale exigent parfois du tact. Comme, par exemple, lorsque des têtes d’affiche boudent son tournoi.

Faucher ne cache pas qu’il a mal encaissé le coup lorsqu’il a appris que Félix Auger-Aliassime et Françoise Abanda, deux athlètes qu’il apprécie et que les Granbyens aiment, ont fait savoir qu’ils ne passeraient pas par chez nous cet été.

« Ça m’a déçu, c’est vrai, mentionne-t-il. Les joueurs ont le loisir de jouer où ils veulent et je ne m’attendais pas à ce que Denis Shapovalov, qui fait maintenant partie des 25 meilleurs joueurs sur la planète, revienne cette année. Mais Félix et Françoise auraient pu être là. C’est leur choix, il faut le respecter, et je vais continuer de les admirer. Mais c’est décevant… »

Alain Faucher a pris sa retraite en tant qu'avocat au printemps 2017. Et depuis 2007, soit depuis qu’il assume la présidence et la direction générale du tournoi, il a appris que le monde du tennis exigeait autant de tact et de doigté que celui des cours de justice. Lorsque Eugène Lapierre a annoncé en conférence de presse qu’Auger-Aliassime et Abanda ne viendraient pas à Granby, on a vu l’homme se mordre les lèvres à ses côtés.

« Il n’y a pas qu’au baseball qu’on reçoit des balles courbes. Et ça fait partie du jeu. Parfois, on a de belles surprises, on accueille des joueurs qu’on n’attendait pas, et parfois, c’est le contraire qui arrive. Mais on a toujours eu de beaux tournois et ça, les gens le savent… »

Au body shop
Mais les balles courbes viennent de partout. Très discret sur le sujet, Faucher admet qu’il combat présentement la maladie, mais qu’il est optimiste face à la suite des choses.

« C’est comme une voiture ça, image-t-il. Mon auto est présentement au body shop et j’ai des gens compétents pour s’en occuper. J’avance un jour à la fois, avec confiance. »

Mais ce ne sont pas des ennuis de santé qui vont empêcher Alain Faucher de continuer à faire des plans pour le Challenger. Et il aimerait que ça aille plus vite.

« En 2020, le tournoi va fêter ses 25 ans. Les gens savent ce que je veux : je veux des installations permanentes pour le tournoi et je veux qu’on augmente les bourses des joueurs (qui sont actuellement de 100 000 $ pour les hommes et de 60 000 $ pour les femmes). Et il faut travailler encore plus fort pour le développement de la relève. »

Lors de la conférence de presse servant à dévoiler l’identité des joueurs qui participeront au tournoi, Faucher, au nom du Challenger, a d’ailleurs remis un chèque de 1000 $ aux gens de l’école secondaire du Verbe Divin, des sous qui iront à la concentration tennis.

« Tout passe par la relève. Si on veut continuer à avoir un tournoi en santé, je le répète, il faut prendre soin de ceux qui poussent. C’est une priorité. »