Les Air Devils ont remporté la compétition avec 241 points. L’équipe de France a terminé en deuxième position avec un total de 225 points, alors que l’équipe de la République tchèque est montée sur la troisième marche du podium avec 218 points.

Chute libre intérieure: les Air Devils champions du monde

L’équipe nationale junior de chute libre intérieure, les Air Devils, a été sacrée championne du monde dimanche dernier dans le cadre de la FAI World Cup of Indoor Skydiving 2018, tenue du 25 au 28 octobre au Bahreïn, pays du Moyen-Orient. Composée du Bromontois Yannick Bisson et de trois Torontois, la formation a accumulé 241 points. Il s’agit du plus haut total de points jamais enregistré dans une compétition internationale junior.

Âgé de 17 ans, Yannick Bisson cumule environ 150 heures de vol en chute libre intérieure — aussi appelée body flight — et il exerce ce sport depuis presque dix ans. En fait, son amour pour cette discipline lui a été transmis par son père, Richard Bisson, qui est également son entraîneur.

« On est une famille de parachutistes, a lancé sa sœur Valérie Bisson, qui servait d’intermédiaire pendant que son frère et son père étaient à bord de l’avion qui les ramenait au pays. On a créé notre équipe familiale en 2012 à nos premiers championnats canadiens [...] Et c’est en 2014 que Yannick a commencé à voler avec les juniors. »

Préfère-t-il le body flight au parachutisme ? « La question qui tue », a répondu le jeune athlète, à peine débarqué de l’avion à Burlington. « Honnêtement, je dirais le parachute parce que tu as trois portions. Tu as la montée en avion, la chute libre et l’atterrissage. Alors qu’en tunnel, tu as juste la portion [chute libre] », précise celui qui est plieur de parachutes à la succursale farnhamienne de Parachute Montréal.

Coupe du monde

La FAI World Cup of Indoor Skydiving se déroule dans un tunnel vertical générant des vents de plus de 175 km/h, simulant la portion de chute libre d’un saut en parachute.

Huit séquences de quatre à cinq figures sont tirées au sort parmi un ensemble de 38 figures. Les équipes disposent alors de 35 secondes dans chaque ronde pour répéter la séquence aussi souvent que possible, marquant un point pour chaque figure accomplie.

« La veille de la compétition, il y a une pige qui détermine l’ordre de chaque séquence et [les équipes] ont une journée pour se familiariser avec chaque ronde », a expliqué Valérie Bisson.

L’équipe gagnante est celle qui récolte le plus grand nombre de points au cours des huit rondes.

Les Air Devils affrontaient leurs grands rivaux, l’équipe France Junior, qui leur avait ravi le titre de champions du monde l’année précédente à Laval.

La dernière journée de compétition s’est terminée avec deux solides performances du Canada qui a alors creusé l’écart avec la France. Les Français ont finalement terminé en deuxième position avec un total de 225 points.

« L’an passé, on s’est fait battre assez solide par l’équipe de France. Je m’enlignais vers une victoire, mais je ne pensais pas qu’on allait les battre autant que ça », a fièrement mentionné Yannick Bisson.

Composée du Bromontois Yannick Bisson et de trois résidents d’Oakville en Ontario, Hope Hadfield, Emma Gray et Matthew Ortlieb, l’équipe canadienne de chute libre intérieure a remporté la médaille d’or dans le cadre de la FAI World Cup of Indoor Skydiving 2018.

Pour arriver à ce résultat, l’équipe canadienne a opté pour la prudence. « On a été plus conservateurs que tous les autres et on a volé plus smooth. On a donc fait moins d’erreurs que les autres », a souligné le Bromontois.

« L’équipe était très contente. On avait de bons résultats en entraînement, ça allait super bien. On arrivait avec une certaine confiance, mais on savait qu’il fallait donner tout ce qu’on avait pour battre les Français », s’est réjoui Richard Bisson, joint lors d’une escale à Washington.

Entraînement

Depuis maintenant trois ans, M. Bisson entraîne les Air Devils pour les Coupes du monde et les championnats canadiens de chute libre intérieure. Deux compétitions auxquelles prennent part les Air Devils depuis 2014. Les athlètes avaient d’ailleurs été champions des mondiaux disputés en Pologne il y a deux ans.

Après s’être classée deuxième aux championnats canadiens l’hiver dernier, l’équipe a immédiatement commencé à s’entraîner en vue de la Coupe du monde de Bahreïn.

« Dans la dernière année, on a fait douze camps d’entraînement les fins de semaine. Et on en a fait deux qui ont duré une semaine complète, soit à SkyVenture à Laval ou à Ifly à Toronto », a expliqué l’entraîneur, qui cumule 25 ans d’expérience.

Durant l’été qui a mené à la Coupe du monde, le groupe s’est entraîné à raison d’une à deux heures par jour.

Il faut savoir que 30 minutes de vol en soufflerie équivalent à 30 sauts en parachute en chute libre.

Le jour J

La préparation en vue des journées de compétition s’est effectuée au sol à l’aide, entre autres, de planches à roulettes. « Ça permet de pratiquer les transitions et de bouger en étant à plat. On peut évaluer les transitions pour avoir le moins de mouvements possible pour faire la figure le plus vite possible », a précisé Valérie Bisson.

La visualisation demeure néanmoins la clé du succès des figures exécutées dans la soufflerie.

« On peut visualiser mentalement (les séquences). La préparation mentale sert à déterminer les transitions et à se souvenir des figures », a ajouté celle qui compétitionne avec l’équipe canadienne féminine depuis 2014.

C’est d’ailleurs la combinaison de la vitesse et de la mémoire qui allume Yannick dans ce sport qui est en lice pour devenir l’une des prochaines disciplines olympiques.

Après de nombreuses heures de vol et plusieurs escales, Yannick et son père sont arrivés au Québec la tête haute lundi soir, avec 10 000 $ US en poche. Un montant qui a été réparti à parts égales entre les quatre athlètes.