Jouer dans l’Ouest a été une belle expérience. Mais il n’y a rien comme jouer à la maison, devant ses parents, ses amis et les gens de chez vous.

Jouer dans l’Ouest, jouer dans l’Est

CHRONIQUE / Les gens me posent souvent la question : est-ce vrai que jouer dans l’Ouest, c’est toute une expérience ?

J’ai passé quatre ans dans l’Ouest du pays. J’ai porté l’uniforme des Blue Bombers de Winnipeg pendant trois saisons et celui des Eskimos d’Edmonton pendant une saison. Je suis content de l’avoir fait, je suis content de l’avoir vécu, mais je suis heureux de maintenant jouer chez nous, au Québec.

Jouer dans l’Ouest, c’est vrai que c’est particulier. Les gens de Winnipeg et d’Edmonton sont passionnés par leur équipe et chaque défaite représente ni plus ni moins la fin du monde. C’est évidemment la même chose en Saskatchewan et à Calgary.

Les foules sont toujours bonnes partout dans l’Ouest, sauf peut-être en Colombie-Britannique, où les assistances varient selon les performances des Lions.

On a eu un bon exemple de la passion générée par le football canadien dans l’Ouest, la semaine dernière, lorsque le super porteur de ballon des Bombers, Andrew Harris, a été suspendu pour dopage. C’est pas compliqué, je pense que le Manitoba au complet a arrêté de respirer à la suite de l’annonce de la nouvelle !

Sur la page Facebook des Bombers, pour vous donner une idée, il y a eu quelque chose comme 100 000 commentaires. Pas de farces !

Les gens diront que ça bouge pas mal moins dans des villes comme Regina et Winnipeg… et c’est vrai. Le nombre d’équipes majeures est moins élevé qu’à Montréal et il n’y a pas 1000 festivals pendant l’été comme dans la métropole non plus. Ça fait une différence, c’est clair.

Ceci dit, il faut faire attention. Les Alouettes ont rempli le stade Percival-Molson pendant des années, ils ont même attiré plus de 50 000 spectateurs au Stade olympique lors de matchs éliminatoires et les assistances, bien qu’à la baisse pendant un temps, n’ont jamais été gênantes. Montréal est une bonne ville de football, bien que le Canadien et le hockey prennent le plus gros de la place en ville.

La perception change

Mais tranquillement pas vite, l’intérêt pour les Alouettes grimpe au gré de nos succès sur le terrain. Je le constate à chaque jour, ou presque.

Au cours de l’hiver, après que je me sois entendu avec l’équipe à titre de joueur autonome, les gens que je croisais me disaient : «Sais-tu dans quoi tu t’embarques, Christophe ???» Mais voilà que, de plus en plus, les gens sourient lorsque je leur dis que je joue pour les Alouettes et on me dit maintenant des choses comme : «Lâchez pas, vous donnez un bon spectacle !» ou «Je pense que vous allez vous rendre loin cette année !». Oui, la perception et le discours changent… et c’est encourageant.

Il faut dire aussi que les membres de l’organisation travaillent très fort afin que l’équipe reprenne sa place. On va dans les écoles, on propose des cliniques de football, on essaie de répondre positivement aux demandes que l’on reçoit. J’en profite d’ailleurs pour lever mon chapeau à ceux qui travaillent aux relations publiques et aux relations communautaires, qui font un boulot exceptionnel.

Dans l’Ouest, vu la popularité des équipes, les organisations ont moins besoin de s’impliquer dans la communauté. Les joueurs en font moins en dehors du terrain et personne ne s’en offusque. C’est comme ça et c’est correct.

Oui, jouer dans l’Ouest, c’est une belle expérience, et je suis heureux de l’avoir fait. Mais il n’y a rien comme jouer à la maison, devant ses parents, ses amis et les gens de chez vous. Croyez-moi, j’apprécie énormément l’opportunité qui s’offre moi à chaque jour qui passe.

Propos recueillis par Michel Tassé