«Je crois au potentiel de Granby, la ville de hockey. Nous sommes au Québec et ici, partout, le hockey, c’est culturel, c’est dans nos gènes. Si on amène ça comme il faut, ça va fonctionner», explique Christian Roy.
«Je crois au potentiel de Granby, la ville de hockey. Nous sommes au Québec et ici, partout, le hockey, c’est culturel, c’est dans nos gènes. Si on amène ça comme il faut, ça va fonctionner», explique Christian Roy.

Christian Roy: «Notre crédibilité passe par les victoires»

Christian Roy est devenu une des personnalités les plus influentes et même les plus en vue dans le monde du sport de la région lorsqu’il a déménagé les Maroons à Granby. Copropriétaire des Bisons, l’homme veut que son équipe fasse les choses autrement. Rencontre avec un homme qui s’est fait prendre à son propre jeu et qui a attrapé la piqûre du hockey senior.

Christian, les Bisons ont récemment frappé un grand coup en devenant responsables du programme de hockey de l’école secondaire Massey-Vanier. Clairement, vous étiez sérieux lorsque vous avez affirmé, il y a quelques semaines, que vous vouliez vous impliquer dans la communauté, notamment auprès du hockey mineur.

Nous étions très sérieux, oui. Mais notre arrivée à Massey-Vanier est rendue possible grâce à David Lapierre, qui est selon moi le meilleur homme de hockey de la région. Lorsque David s’est joint à moi en tant que copropriétaire des Bisons, c’est tout un monde qui s’ouvrait devant nous à titre d’organisation. Les Gouverneurs, c’est le bébé de Dave. Et je sais que le bébé sera entre de très bonnes mains avec lui.

Le hockey senior est un univers particulier. Je n’ai jamais vu une équipe senior prendre en mains les destinées d’un programme de hockey mineur. Vous voulez vraiment faire les choses de façon différente ?

Le hockey senior a son image bien à lui, c’est vrai. Mais c’est un monde rempli d’athlètes de talent et de bonnes personnes. C’est du bon hockey, c’est un bon spectacle et chaque match est un événement. À Granby, on s’est toutefois donné comme mission de ne jamais faire la promotion des combats, même si on sait que ça fait partie du spectacle. On veut faire les choses différemment et si on peut entraîner d’autres organisations dans notre sillon, tant mieux.

Vous ne venez pas du monde du hockey, mais on a vraiment l’impression que vous avez attrapé la piqûre.

Vous vous souvenez du match opposant les Maroons aux Loups à La Tuque à l’hiver 2019 ? Il nous manquait une tonne de joueurs et on s’en allait carrément à l’abattoir. Mais nos gars ont joué avec cœur, ils ont tout donné et, malgré la défaite cinglante, j’étais très fier d’eux. Honnêtement, je pense que c’est là que j’ai attrapé la piqûre pour le hockey senior. C’est un univers riche, qui gagne tellement à être mieux connu. Mais il y a des préjugés. Nous, on veut qu’un match des Bisons devienne un happening familial, on veut que le père de famille ne soit pas gêné d’amener ses enfants au hockey. C’est notre défi.

Mais la saison dernière, les Bisons ont fait l’acquisition de Martin Trempe, un dur à cuire et une légende du hockey senior. Dès son premier match, il y a eu une mêlée générale. Étiez-vous à l’aise avec ça ?

Je n’étais pas à l’aise du tout. Nos hommes de hockey sont allés chercher Martin afin qu’il protège nos meilleurs joueurs et ce soir-là, il s’est gâté, au détriment de ce que nous voulons faire à Granby. Je n’ai absolument rien contre lui, mais je pense qu’il ne fittait pas chez nous.

Êtes-vous confiant qu’il y aura du hockey à l’automne ?

Oui ! On parle dans ce cas-ci de rassemblements extérieurs, mais l’annonce de la santé publique, qui va permettre des foules de 250 personnes à compter du début août, m’encourage beaucoup. Peut-être que la saison va commencer en retard, je ne sais pas. Mais la ligue a différents scénarios sur la table. Il faut se préparer comme si la saison débutait à la fin septembre ou au début octobre comme prévu.

Pour bien des gens, Christian Roy est d’abord un homme d’affaires, le propriétaire du Dooly’s de la rue Principale. Jeune, à Montréal, étiez-vous un amateur de hockey ?

J’ai 45 ans et je me suis toujours intéressé au hockey. Mon fils Dylan a longtemps joué au hockey et on le suivait partout, toutes les fins de semaine. Quand il est passé à autre chose, ça a comme été un deuil pour ma conjointe Cindy et moi. Puis, à un moment donné, je suis devenu actionnaire des Inouk. Ensuite, j’ai obtenu le contrat d’opération de la concession alimentaire du Centre sportif Léonard-Grondin. Aujourd’hui, le hockey prend une place importante dans mon quotidien.

Vous venez de parler des Inouk. Comment trouvez-vous la situation actuelle ?

Je trouve ça triste. Pour les joueurs, d’abord et avant tout. Ce sont de bons jeunes. J’aimerais être en mesure de les rassurer.

Mais vous n’êtes toujours pas intéressé à acheter l’équipe ?

Non. Comme je l’ai déjà dit, le timing n’est pas bon. Mais je le répète, je vais lever la main si une opération sauvetage doit s’organiser. Je ne voudrais pas qu’on laisse tomber les jeunes. Les Inouk, selon moi, c’est davantage une mission qu’un investissement.

Vous croyez toujours qu’il y a de la place pour deux équipes de hockey de niveau majeur à Granby ?

Absolument. Au moins deux, en fait. Je crois au potentiel de Granby, la ville de hockey. Nous sommes au Québec et ici, partout, le hockey, c’est culturel, c’est dans nos gènes. Si on amène ça comme il faut, ça va fonctionner.

Les Bisons ont repêché plein de joueurs des Inouk lors de la dernière séance de sélection de la Ligue senior AAA. L’organisation, contrairement à ce que certains pensent, n’a pas intérêt à voir l’équipe junior AAA disparaître.

Tous mes hommes de hockey ont travaillé avec les Inouk. Et une partie de la popularité des Bisons vient du fait qu’on a plein d’anciens des Inouk dans notre alignement, des joueurs que les gens aiment. Il y a une place pour les Bisons et une pour les Inouk à Granby. J’en suis profondément convaincu.

Les Granbyens ont hâte au retour des Bisons, surtout que la dernière saison s’est terminée beaucoup trop tôt. L’équipe a bien travaillé lors du repêchage. J’imagine que le patron aura des attentes plus élevées la saison prochaine ?

C’est certain. Car on a beau faire plein de belles choses à l’extérieur de la glace, ça reste du hockey, ça reste de la compétition, et notre but premier est de gagner des matchs. Et notre crédibilité passe par les victoires. C’est vrai qu’on essaie de faire les choses différemment, mais le reste de la ligue va véritablement nous prendre au sérieux lorsque nous allons gagner.

En terminant, comment s’en tire l’homme d’affaires, lui ? La pandémie a fait mal ?

Oui, elle a fait mal. Mais on s’en tire. Le meilleur s’en vient, comme on dit. C’est pas compliqué, ceux qui vont s’en sortir le mieux seront ceux qui vont être en mesure de s’adapter à la nouvelle vie, si on peut appeler ça comme ça. Il faut y croire.