«J’aime Granby et j’aime ce que je connais du Québec jusqu’ici. Je suis allé à Montréal une couple de fois et j’ai aimé aussi. Et il fait moins froid ici que chez nous», explique Charlie Risk.

Charlie Risk, le gars de l’Ouest

Charlie Risk a réfléchi longuement avant d’accepter l’offre de Patrice Bosch. Après tout, on demandait au défenseur de quitter son Alberta natale afin de poursuivre sa carrière au Québec, province francophone où il n’avait jamais mis les pieds. Un pensez-y-bien, dites-vous?

« J’ai réfléchi, j’ai réfléchi comme il faut et j’ai finalement dit oui, a expliqué Risk, bien sûr en anglais, avant la séance d’entraînement des Inouk de jeudi. Pat m’a convaincu en me disant que j’aurais véritablement la chance de me faire valoir et en me disant que les Inouk évoluaient dans un bel aréna et qu’il y avait de l’intérêt pour l’équipe ici. »

Risk s’est rapporté au camp d’entraînement en belle forme et il a tôt fait de s’imposer comme un membre très important de la brigade défensive de l’équipe. Après 17 matchs, il compte 11 points, dont deux buts. Il vient d’ailleurs d’être invité à prendre part au tournoi de la Coupe de l’Est du Canada (l’Eastern Canada Cup Challenge), qui aura lieu du 19 au 21 novembre à Quinte West, en Ontario.

« Le hockey junior pratiqué au Québec et celui pratiqué dans l’Ouest est différent, reprend l’athlète de 5’9’’ et 175 livres. Ici, le jeu est beaucoup plus axé sur l’offensive alors que, dans l’Ouest, les systèmes défensifs sont beaucoup plus structurés. C’est différent, mais pas moins intéressant pour un joueur comme moi. »

Il dira aussi que les gars dans l’Ouest passent plus de temps sur la glace « parce qu’il n’y a pas de cégep chez nous et que seulement trois ou quatre gars par équipe vont à l’école ».

Risk était la compensation future dans la transaction qui a envoyé Félix Meunier à Drayton Valley, dans la Ligue junior de l’Alberta, la saison dernière.

Un anglo à Granby

Charlie Risk est débarqué à Granby au mois d’août. Il comprend mieux le français qu’à son arrivée en ville, mais il ne se risque pas beaucoup à le parler, du moins en présence du journaliste.

« C’est pas facile, dit-il, un peu gêné. Quand je sors avec les gars, il y en a toujours un qui est assez gentil pour me faire la traduction. Les gens qui m’hébergent, eux, me parlent plus souvent qu’autrement en anglais. J’essaie, mais ce n’est pas facile… »

Il ne va pas à l’école, mais il travaille. Dans une pharmacie à Waterloo, où on retrouve plus d’anglos. Ce qui lui permet d’être occupé quand même.

« J’aime Granby et j’aime ce que je connais du Québec jusqu’ici. Je suis allé à Montréal une couple de fois et j’ai aimé aussi. Et il fait moins froid ici que chez nous. »

Tout de même, il a hâte à la pause des Fêtes, alors qu’il en profitera pour retourner chez lui, à Medicine Hat, une ville de quelque 70 000 habitants (semblable à Granby, donc) située à environ trois heures de route de Calgary.

« Parce que j’ai passé l’été au Minnesota pour m’entraîner, je n’ai pas vu ma famille depuis le mois de juin. Oui, je commence à avoir hâte de revoir mon monde, j’avoue. »

Risk affirme d’ailleurs qu’il est trop tôt pour dire s’il reviendra à Granby la saison prochaine. Clairement, il sera un excellent candidat à un poste de joueur de 20 ans.

« Peut-être qu’à ma dernière année chez les juniors, je voudrai jouer plus près de la maison. Honnêtement, je ne sais pas. »

En attendant, lui et ses coéquipiers ont un important rendez-vous, vendredi soir, alors que le Titan de Princeville (16-4) s’amène au centre sportif Léonard-Grondin. Un bon match en perspective.

« Je n’ai jamais joué au sein d’un groupe aussi uni. Ça annonce de très belles choses pour le reste de la saison », termine le gars de l’Ouest.