Charles Pelletier en action, à bord de son tracteur de classe pro-stock.

Champion aux États-Unis, inconnu au Québec

La région compte un champion de plus en ses rangs. Mais... il est totalement inconnu chez nous ! Voici Charles Pelletier, champion des États-Unis en classe pro-stock de tire de tracteur.

« La tire de tracteur, c’est une grosse affaire aux États-Unis, lance Pelletier, 51 ans. Les gens aiment ça et les champions sont traités comme des rois. Moi, je passe à la télé à toutes les semaines, je fais la une des magazines spécialisés, j’ai un gros fan-club ! »

La classe pro-stock, dira-t-il, c’est la Formule un de la tire de tracteur aux États-Unis. C’est la catégorie la plus suivie, la plus prestigieuse. Et Pelletier est devenu le premier Canadien de l’histoire à être couronné champion de la classe en question et le premier Québécois, toutes catégories confondues, à être couronné champion « Grand National » de la National Tractor Pullers Association (NTPA).

« Au gala de l’association, récemment, j’ai aussi reçu le titre du pilote le plus populaire, tel que voté par le public. Qu’un p’tit gars du Québec­ remporte ce prix, devant les Américains­, c’est assez spécial ! »

Et personne n’est au fait de ses exploits ici, chez lui !

« Je ne blâme pas les gens. S’ils ne me connaissent pas, c’est parce qu’ils n’entendent pas parler de notre sport. J’imagine qu’il y a d’autres athlètes ou artistes du Québec qui sont des champions dans leur discipline et qu’on ne connait pas… »

Charles Pelletier et son épouse, Linda, alors qu’il est honoré par la National Tractor Pullers Association.

À Saint-Hyacinthe

Charles Pelletier a eu la piqûre pour la tire de tracteur alors qu’il avait sept ou huit ans et qu’il assistait à une compétition présentée à l’exposition de Saint-Hyacinthe.

« J’ai regardé ça et j’ai fait : “Wow ! Je veux faire ça, moi ! ” Immédiatement, c’est devenu un rêve. Mais ce n’est qu’à l’âge de 14 ans, à l’expo de Bedford, que j’ai fait de la compétition pour la première fois. Et j’ai tripé comme un fou ! »

Pendant 30 ans, il a participé à des compétitions ici et là et il a suivi de près l’action du sport. Sa passion ne s’est jamais démentie.

« Mais ce n’est qu’il y a quelques années que je me suis équipé comme un professionnel et que je me suis lancé à fond. Le succès est arrivé assez rapidement. Disons que ça faisait longtemps que j’attendais et que j’étais prêt ! »

Quand on lui demande ce qui l’allume tant dans son sport, il hésite un brin.

« Je suis quelqu’un de compétitif et je veux gagner à chaque fois que j’embarque sur mon tracteur. Ça, ça m’allume. Aussi, il y a le côté technique de l’affaire. Les gens ne se doutent pas à quel point il y a de l’ouvrage derrière chaque victoire. Il y a tellement de détails à voir, tellement de trucs à ajuster sur la machine. C’est un beau défi à chaque fois. Ça aussi, ça m’allume. »

Du temps

Charles Pelletier est propriétaire de Concassage Pelletier, une entreprise de Saint-Armand. Mais au cours de la dernière année, on ne l’a pas vu trop souvent au bureau tellement son sport lui prend du temps.

« En 2017, je pense que je suis revenu à Saint-Armand trois fois ! C’est pas compliqué, on compétitionne à la grandeur des États-Unis. Cette année, j’ai fait 24 ou 25 événements. Et mon tracteur est en Ohio. Ça vous donne une idée du kilométrage que je peux faire. »

Pelletier a trois mécaniciens qui l’accompagnent partout. L’équipement, le personnel, les voyages,  tout ça lui coûte des sous. Mais il ne veut pas parler d’argent.

« C’est devenu un mode de vie, mais je fais ça par passion. C’est rare que je parle d’argent. »

En février, notre champion se rendra à Louisville, au Kentucky, pour une compétition importante, un genre de match d’étoiles de la tire de tracteur.

« L’événement est sur invitation seulement. Il y aura les meilleurs compétiteurs des États-Unis et aussi d’Europe. On va s’amuser ! »

Et ça contribuera à le rendre encore un peu plus populaire de l’autre côté de la frontière. Nul n’est prophète en son pays, dit-on…