Victor Mete (à droite) est l'un des jeunes du Canadien qui pourraient se voir confier plus de responsabilités dans les prochaines semaines.

Une fin de saison préparatoire pour le CH

Il semble exister deux clans parmi les partisans du Canadien de Montréal en ce moment. D’un côté, il y a les optimistes irréductibles, pour qui chaque victoire est satisfaisante et rapporte des dividendes. De l’autre, ceux qui croient que chaque point amassé au classement représente un obstacle à une reconstruction qu’ils jugent nécessaire et qui passe par un choix aussi hâtif que possible au repêchage. Ceux-ci ont probablement été déçus au cours du week-end.

Grâce à un balayage de ses duels contre les Ducks d’Anaheim et les Sénateurs d’Ottawa, samedi et dimanche, le Canadien a atteint le plateau des 50 points.

Cinq formations, incluant les Sénateurs, ont accumulé moins de points que le Tricolore jusqu’à maintenant dans la course pour le premier rang du repêchage de juin prochain à Dallas.

Or, il semble d’ores et déjà assuré que les Sabres de Buffalo et les Coyotes de l’Arizona, avec 37 et 33 points respectivement, auront les meilleures probabilités de mettre la main sur le premier choix du prochain encan amateur.

Quant au Canadien, dont les chances de se qualifier pour les séries demeurent très minces malgré leurs deux dernières victoires, les deux matchs du week-end du Super Bowl et les 29 à venir d’ici la fin de la saison régulière pourraient servir d’audition à de jeunes joueurs en vue d’octobre 2018.

La liste inclut les attaquants Charles Hudon, Artturi Lehkonen, Nikita Scherbak et même Alex Galchenyuk. Ce dernier, on a tendance à l’oublier, n’a encore que 23 ans et joue de mieux en mieux depuis quelques matchs.

Le même principe s’applique à la ligne bleue, où Claude Julien pourrait octroyer de plus grandes responsabilités encore à Victor Mete, qui ne cesse de bien faire les choses.

Et dans un contexte où le Rocket de Laval semble destiné à rater les séries éliminatoires de la Ligue américaine, Marc Bergevin sera peut-être tenté d’ouvrir les portes du Centre Bell au jeune défenseur Noah Juulsen et lui faire vivre l’expérience de la Ligue nationale de hockey aussi tôt que possible pour voir de quel bois il se chauffe.

Confiance et maturité

En attendant un rappel possible de Juulsen, Scherbak a fort bien paru à son retour avec le Tricolore. Il a récolté une mention d’aide dans chacune des deux parties du week-end et a eu l’occasion de passer un peu de temps sur la patinoire lors de l’avantage numérique.

D’ailleurs, c’est dans de pareilles circonstances que le Russe de 22 ans a mérité ses deux premières mentions d’aide en carrière dans la LNH.

Scherbak avait été rappelé une première fois en octobre, mais une blessure subie contre les Kings de Los Angeles avait freiné son développement. Par contre, en retournant passer les trois derniers mois dans la Ligue américaine, Scherbak a eu du temps pour améliorer les lacunes à son jeu. Samedi et dimanche, il a montré beaucoup de confiance et de maturité sur la patinoire.

«Pour donner une chance à un jeune, il faut que tu lui donnes l’occasion de jouer beaucoup et de retrouver son synchronisme, a déclaré Claude Julien après le match de dimanche.

«Si on le ramène trop tôt, on ne voit peut-être pas le même Scherbak que l’on voit aujourd’hui et on n’a peut-être pas la même évaluation. Je pense qu’il était prêt à revenir, il joue de bons matchs depuis qu’il est arrivé et ce sont des signes encourageants pour un jeune joueur.»

L’autre grand gagnant du week-end aura été Lehkonen. Le Finlandais n’a jamais perdu la confiance de Julien, qui a continué de l’utiliser en avantage numérique, malgré son incapacité à faire vibrer les cordages depuis son retour au jeu après une absence de 16 matchs.

Lehkonen était visiblement heureux dimanche, après son doublé.

«Nous avons eu une conversation avec lui pour le garder encouragé, a raconté Julien. Nous avions le sentiment qu’il avait eu de bonnes occasions de marquer, mais la rondelle n’allait pas dans le filet. Il a gardé la bonne attitude, et quand tu travailles fort et que tu maintiens cette attitude, ça finit par cliquer.»