Utilisé pour des missions défensives, Phillip Danault a été limité à un but dans un filet désert et deux aides en 10 parties éliminatoires.
Utilisé pour des missions défensives, Phillip Danault a été limité à un but dans un filet désert et deux aides en 10 parties éliminatoires.

Danault ne veut pas être limité à un rôle défensif 

Alexis Bélanger-Champagne
La Presse Canadienne
MONTRÉAL — Phillip Danault ne veut pas faire un pas arrière dans sa progression dans la LNH.

Après s’être établi comme le centre numéro un du Canadien de Montréal et avoir piloté l’un des meilleurs trios du circuit Bettman à cinq contre cinq, il n’est pas question pour l’attaquant québécois de se faire confier uniquement une mission défensive. Et son utilisation la saison prochaine affectera son désir de rester ou non à long terme au sein de l’organisation.

«J’adore produire offensivement et j’ai adoré mon rôle au cours des deux dernières années, a dit Danault en conférence téléphonique, mardi. Je sais que je peux atteindre un autre niveau. Je ne sais pas si je veux être limité à un rôle juste défensif.

«Je veux m’améliorer chaque année. Je ne pense pas que c’est en jouant seulement défensivement que je vais m’améliorer», a-t-il renchéri.

Alors que son contrat arrivera à échéance au terme de la prochaine campagne, Danault a été questionné pour savoir si son rôle au sein de l’équipe aura une influence dans sa décision de s’engager à long terme avec le Canadien ou non.

«Oui», a-t-il simplement répondu.

Danault a eu du succès au cours des deux dernières saisons au centre de Tomas Tatar et Brendan Gallagher, composant l’une des meilleures unités de la LNH à cinq contre cinq. Il a connu des campagnes de 53 points en 81 matchs et 47 points en 71 rencontres.

Il a toutefois été muté au centre d’un trio plus défensif au cours de la récente série de qualification face aux Penguins de Pittsburgh, jouant avec Artturi Lehkonen et Paul Byron, et il a récolté seulement un but dans un filet désert et deux aides en 10 parties éliminatoires.

L’émergence de Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi pendant les séries a aussi donné le luxe aux entraîneurs du Canadien de confier une mission défensive à Danault.

Phillip Danault pourchasse Travis Sanheim des Flyers de Philadelphie dans un match des séries éliminatoires.

«L’entraîneur prend des décisions pour gagner. En séries, nous étions dans du court terme, a rappelé Danault. On n’a pu voir certains joueurs comme Kotkaniemi, qui a très bien fait.

«En séries, mon rôle était très défensif et oui, c’est mon pain et mon beurre, mais je sais que je peux en donner plus, comme je l’ai prouvé dans les dernières années», a-t-il évoqué.

Danault n’a pas été le seul chez le Canadien à voir sa production chuter lors des séries. Tatar et Gallagher, qui a subi une blessure à la hanche en ronde de qualification avant de subir une fracture de la mâchoire lors des quarts de finale de l’Est, ont aussi été discrets sur la feuille de pointage.

Tatar a marqué deux buts lors d’un même match, tandis que Gallagher a récolté un but et trois aides en neuf parties.

«Face aux Penguins, nous affrontions leur meilleur trio et je suis content de ce que nous avons accompli défensivement, a souligné Tatar. Bien sûr que j’aurais aimé produire un peu plus, mais c’est parfois comme ça en séries. L’important, c’est d’avoir gagné la ronde et nous en sommes fiers.


« En séries, mon rôle était très défensif et oui, c’est mon pain et mon beurre, mais je sais que je peux en donner plus, comme je l’ai prouvé dans les dernières années. »
Phillip Danault

«Nous ne pouvons pas être jugés seulement sur le travail en séries. Mais nous avons vécu de beaux moments et démontré que l’équipe est vouée à un bel avenir», a ajouté le Slovaque.

Tatar pourrait aussi devenir joueur autonome sans compensation au terme de la prochaine campagne. Il a affirmé aimer jouer à Montréal et vouloir poursuivre l’aventure avec le Canadien. Il est aussi conscient que l’impact économique de la pandémie de la COVID-19 pourrait compliquer la tâche des équipes pendant la saison morte.

Tisser des liens dans la bulle

Malgré leurs difficultés à l’attaque, Danault et Tatar ont apprécié l’expérience dans la bulle torontoise de la LNH. Le Canadien a causé une surprise de taille en éliminant les Penguins en ronde de qualification, puis a donné des maux de tête aux Flyers de Philadelphie avant de s’incliner en six rencontres en quart de finale de l’Est.

«Nous avons rivalisé contre de grosses équipes et nous savons que nous pouvons les battre, a dit Danault. C’est certain que je me suis ennuyé de ma famille, mais elle comprend ma passion. Je veux jouer en séries. Si ç’avait été la saison, ç’aurait peut-être été différent.»

À ce sujet, la possibilité de voir la LNH commencer la saison le 1er décembre dans quatre bulles a été abordée par le commissaire adjoint Bill Daly, mardi. Il a mentionné qu’il n’était pas certain qu’il s’agissait du format idéal puisque l’objectif du circuit est de disputer un calendrier de 82 matchs, et rappelé qu’il serait difficile de demander aux joueurs de s’isoler pour une période encore plus longue que lors des séries en cours.

L’expérience a malgré tout été unique pour les joueurs. Le Canadien a passé un mois dans la bulle, et ses joueurs n’ont pas trouvé le temps trop long.

«Nous sommes arrivés avec comme état d’esprit que nous allions vivre une expérience qui allait nous marquer pour le reste de notre vie, a affirmé le défenseur Brett Kulak. Oui, ce n’était pas toujours facile de limiter nos déplacements à l’hôtel et l’aréna. Ça donnait parfois un sentiment de claustrophobie. Mais nous avons eu du plaisir à nous entraîner, à manger et à passer du temps ensemble.

«Nous nous sommes battus tous ensemble et nous avons obtenu de belles victoires. Ça resserre les liens au sein de l’équipe», a-t-il assuré.

Le Canadien voudra poursuivre sur sa lancée. Toutefois, quant à savoir quand, et surtout qui sera de l’aventure, ces deux questions demeurent sans réponse pour l’instant.