Malgré une remontée spectaculaire, Lyne Bessette a terminé en deuxième position au Canada Man/Woman extrême, dimanche, dix secondes derrière la meneuse.

Canada Man/Woman: des performances physiques extrêmes

Ils sont allés puiser jusqu’au plus profond d’eux-mêmes pour réaliser le Canada Man/Woman, cet Ironman extrême qui se déroulait dimanche dans la région de Mégantic. Certains athlètes de la région se sont particulièrement bien illustrés, tant dans l’épreuve extrême que dans l’épreuve sprint de samedi.

C’est le cas de l’Olympienne Lyne Bessette, qui en était à sa troisième présence à cette compétition jeune d’autant d’années. Elle avait un titre à défendre, mais, malgré une remontée spectaculaire, elle est passée sous l’arche d’arrivée dix secondes après la meneuse, la Britannique Caroline Livesey.

« J’avais 28 minutes de retard derrière elle après la natation, parce que c’est une super nageuse et que je ne fais aucun entraînement de natation. Au vélo, j’ai réduit l’écart à 15 minutes, puis j’ai frappé le mur, j’ai ralenti un peu à la transition du vélo à la course à pied. La course commence sur la route et elle est une fille de route. Elle a repris six minutes d’avance », ce qui a de nouveau creusé l’écart.

À huit kilomètres de la fin, les sentiers deviennent très techniques avec des pentes, racines et roches. Il s’agit de la force de l’athlète de Sutton.

À cet endroit, « on m’a dit que j’avais 23 minutes de retard. » En trois kilomètres à peine, il leur restait, à son accompagnateur et elle, 12 minutes d’écart à rattraper.

« Au dernier 200 mètres, de retour sur l’asphalte, je la voyais. Il y avait peut-être 20 secondes entre nous. Je me suis mise à sprinter. Mais là, le commentateur, qui est un ami, a fait sa job et a dit que j’étais juste derrière », explique Lyne Bessette.

La Britannique s’est retournée, l’a vue, et a accéléré pour remporter l’or. « S’il n’avait rien dit, je l’aurais prise par surprise. Mais c’est correct. Ça a fait une belle course pour les spectateurs. Elle méritait de gagner, elle a fait une belle course », poursuit l’athlète âgée de 44 ans.

Lyne Bessette est fière de sa remontée, mais aussi d’avoir amélioré son temps à la nage de six minutes comparativement à celui de 2018, même si elle ne s’est entraînée dans l’eau que deux fois.

Le Bromontois Éric Gauvin a franchi la ligne d’arrivée, au sommet du mont Mégantic, en 12 heures 6 minutes.

Il s’agissait peut-être de sa dernière compétition qui demande à se lever au milieu de la nuit. « Je trouve ça difficile maintenant. Je suis passé à autre chose. Je savais que c’était ma dernière course où je me lève à 2 h 45 du matin. »

Elle est arrivée deuxième chez les femmes, huitième toutes catégories confondues, avec un temps de 12 heures 10 minutes et 43 secondes.

Cinquième malgré les difficultés

Éric Gauvin en était aussi à sa troisième participation au Canada Man/Woman. Bien qu’il n’ait pas pu se préparer avec autant d’intensité qu’auparavant en raison d’une blessure qui l’a handicapé tout l’hiver, il a pu améliorer son temps. En 2017, il avait réalisé les trois épreuves en 13 heures 20 minutes, puis en 12 heures 15 minutes l’année suivante. Dimanche, le Bromontois a franchi la ligne d’arrivée, au sommet du mont Mégantic, en 12 heures 6 minutes.

Il ne l’a pas eu facile pour autant. Il a conclu les 3,8 km de nage avec le même temps que l’an dernier. « J’ai changé de vélo une semaine avant l’événement, ce qui n’est pas une bonne idée. Un nouveau vélo, un nouveau pédalier, il n’avait même pas été ajusté pour moi encore, énumère-t-il. Mais je me suis respecté dans mes limites et j’ai fait cinq ou six minutes de moins que l’année dernière, se réjouit-il. Pour la course, j’avais des jambes comme jamais. »

Paul Lavoie, son accompagnateur pour les 42 km de course, qui se déroulaient après les 180 km de vélo dans les routes pentues de la région, souligne l’excellente performance d’Éric Gauvin en sentier.

Celui-ci a terminé cinquième.

Deuxième au sprint

Paul Lavoie est d’ailleurs monté sur la deuxième marche du podium au Canada Man/Woman sprint samedi, qui consistait à nager 750 mètres dans le lac Mégantic, pédaler pendant 20 kilomètres et courir sur cinq kilomètres en sentier. Il a complété les épreuves en 1 heure 12 minutes et 21 secondes, 40 secondes derrière le vainqueur et huit secondes devant son poursuivant.

« Ça a bien été. Le départ de natation était vraiment rapide. J’ai terminé cette discipline-là en sixième place. En dehors de l’eau, en vélo, j’ai remonté à la quatrième place. J’avais beaucoup de travail à faire pour remonter en tête. À la course, avec l’expérience que j’ai en sentier avec la gang de Course et cie et en piste, j’ai réussi à rattraper les gars en troisième et deuxième place quand il restait seulement un kilomètre à faire. »

Paul Lavoie a tout donné pour garder sa deuxième position au Canada Man/Woman sprint, samedi.

Il a utilisé toute l’énergie qu’il lui restait pour se distancier le plus possible dans les derniers 500 mètres, mais son plus proche poursuivant n’était pas bien loin. « Il fallait finir en courant dans l’eau. C’était difficile. Quand tu cours dans l’eau, pour être efficace, il faut sortir les pieds de l’eau. J’ai tout donné. »

L’an prochain, il tentera sa chance au triathlon extrême du dimanche.