Eugenie Bouchard a bien lutté au dernier set, mais elle a dû s'incliner au troisième tour des Internationaux de l'Australie.

Bouchard s'incline au troisième tour

Eugenie Bouchard a bien lutté au dernier set, mais elle a dû s'incliner au troisième tour des Internationaux de l'Australie, Coco Vandeweghe l'emportant 6-4, 3-6 et 7-5, vendredi.
L'Américaine a signé la victoire avec un revers en parallèle, après deux heures et 22 minutes.
En dernière manche, Vandeweghe a obtenu son deuxième bris pour niveler le score 4-4, aidée par une quatrième double faute de Bouchard. À 5-5, elle a gardé son service avant de s'imposer avec le bris décisif.
Vandeweghe a eu le dessus 40-21 pour les coups gagnants. Auteure de 11 as, elle a aussi remporté 85 pour cent des points disputés sur ses premières balles.
L'Américaine est classée 35e, douze rangs de mieux que la Canadienne.
Vandeweghe pourrait avoir une lourde commande en ronde suivante: à moins d'une surprise monumentale, sa rivale sera la favorite du tournoi et numéro 1 mondiale, Angelique Kerber. L'Allemande joue contre la Tchèque Kristyna Pliskova, 58e.
Bouchard a gardé son service pour amorcer le deuxième set. Elle a perdu une avance de 40-0, mais elle a réglé le jeu en convertissant son premier avantage.
Une double faute de Vandeweghe lui a coûté le deuxième jeu et lors du troisième, un as de Bouchard l'a aidée à prendre une solide avance de 3-0. Bouchard a mérité la manche au neuvième jeu, quand l'Américaine a mis un peu trop de gomme sur un revers.
Vandeweghe s'est assurée du premier set avec un puissant service, que la Québécoise n'a pas su maîtriser.
Les deux joueuses s'étaient affrontées une seule fois et Bouchard avait prévalu en deux sets à Indian Wells, il y a deux ans.
Le meilleur parcours de la Canadienne à Melbourne reste celui de 2014, alors qu'elle s'est rendue en demi-finales.
Dans la foule au Rod Laver Arena se trouvait Martina Hingis, la championne en Australie en 1997, 1998 et 1999.
Novak Djokovic
Djokovic sorti par Istomin, le miraculé
Novak Djokovic a vécu une des plus pénibles journées de sa carrière sur un court de tennis, jeudi à Melbourne, où un Ouzbek inconnu l'a renvoyé de son terrain de jeu préféré, la Rod Laver Arena, au deuxième tour des Internationaux d'Australie.
«On peut perdre, c'est le sport», a dit le Serbe, tenant du titre, après sa défaite de 7-6 (8), 5-7, 2-6, 7-6 (5) et 6-4, sa plus précoce dans un tournoi du grand chelem depuis 2008, à Wimbledon. Il se produit en plus sur son terrain de jeu favori, le Rod Laver Arena, où il s'est imposé six fois (record de l'épreuve), dont les deux dernières années.
Et pour couronner le tout, cette sortie hâtive lui est infligée par un adversaire pratiquement inconnu, dont rien ne disait qu'il pourrait créer une telle sensation. À 30 ans, Denis Istomin (117e mondial) est un miraculé qui a été donné perdu pour le tennis à la suite d'un accident de voiture en 2001. Après une opération et 80 points de suture, il reste à l'hôpital trois mois et ne touche plus une raquette pendant deux ans.
Istomin, qui a la particularité d'être entraîné par sa mère, participe au grand tableau grâce à une invitation des organisateurs. En 34 tentatives, il n'a atteint la deuxième semaine d'un tournoi majeur que deux fois. Le quotidien français Libération a rappelé jeudi que son nom figurait en janvier 2016 sur la liste dévoilée par BuzzFeed News et la BBC des 15 joueurs soupçonnés d'avoir truqué des rencontres. Onze des matchs de l'Ouzbek étaient concernés par cette enquête, qui n'a eu aucune suite.
«C'est ma plus grande victoire», a lancé Istomin après l'élimination surprise de Djokovic. «Elle signifie beaucoup. Maintenant, je sens que je peux jouer au même niveau que ces gars.»
Rechute sévère
L'an dernier, Djokovic avait atteint le sommet de la gloire en gagnant Roland-Garros, le dernier titre majeur qui manquait à son palmarès. Vainqueur des quatre grands chelems à la suite sur deux saisons, doté d'une énorme avance en tête du classement ATP, il semblait parti pour effacer tous les records. 
Puis sa lente glissade s'est amorcée. Dépossédé de la première place mondiale par Andy Murray fin 2016, le Serbe de 29 ans semblait pourtant avoir surmonté sa crise de motivation. La preuve, il venait de battre l'Écossais dans une superbe finale à Doha, une semaine avant d'arriver à Melbourne. La rechute n'en est que plus sévère.
Trop passif, incapable de hausser le ton dans les moments importants, il est retombé jeudi dans ses travers du dernier semestre, commettant en plus 72 fautes. Le scénario du match ajoute à l'étonnement. Djokovic était en tête 2 manches à 1 après avoir failli être mené 2 à 0 (deux balles de set), situation dans laquelle le favori met habituellement un coup d'accélérateur fatal au second couteau. C'est le contraire qui s'est produit.
«Denis n'a pas été nerveux. Il n'a pas joué tant de grands matchs que ça dans sa carrière, mais c'était son jour.[...] Il a joué au-dessus de son niveau, mais c'est tout à son honneur. Il faut le féliciter. De mon côté, c'était un de ces jours où on ne se sent pas très bien, où on n'est pas en rythme, alors que l'adversaire sent très bien la balle. C'est le sport», a déclaré Djokovic, toujours fair-play.
Simple incident de parcours ou étape supplémentaire du déclin? Impossible à dire. «Je vais faire mes valises pour aller passer du temps avec ma famille», a dit le père de deux jeunes enfants et champion aux 12 titres du grand chelem, qui a de nouveau besoin de se ressourcer.  AFP