Avec cinq victoires d’affilée, la saison des Bisons avait pourtant très bien commencé.

Bisons: du positif et du négatif

CHRONIQUE / La première saison des Bisons a pris fin vendredi dernier. Une saison de hockey qui se termine avant la fin du mois de février, alors qu’on est encore en plein hiver, ne peut être qu’une déception.

Depuis vendredi soir, certains partisans s’en donnent à cœur joie sur les réseaux sociaux. L’équipe en mange une maudite. Les hommes de hockey sont 100 fois plus visés que les joueurs en tant que tels.

La réaction des partisans démontre toutefois une chose : les Bisons ont ramené la passion pour le hockey à Granby. Pour le meilleur et pour le pire.

Et ça, au risque de me répéter, c’est de loin leur plus grande victoire. Les Granbyens ont adopté cette équipe, ils ont été derrière elle et là, ils sont déçus, ils ne sont pas de bonne humeur parce qu’on vient de leur enlever abruptement quelque chose qu’ils aimaient, quelque chose à laquelle ils étaient attachés.

On va se le dire, on a passé de bons moments au Centre sportif Léonard-Grondin au cours des derniers mois. C’était agréable de se rendre à l’aréna en sachant qu’il y aurait une bonne foule et en sachant qu’il y aurait de l’ambiance. Ça fait quelques années, on va se le dire aussi, que l’aréna n’avait pas vibré de cette façon.

Mais voilà, c’est fini. Et la saison morte sera interminable. Septembre, c’est tellement loin.

Pas glorieux

Ceci dit, c’est la troisième saison de suite que les Maroons/Bisons sont éliminés dès la ronde quart de finale de la Ligue de hockey senior AAA du Québec. Et la deuxième fois d’affilée qu’ils sont balayés en quatre matchs. Non, ce n’est pas glorieux. Et si on veut garder intact l’intérêt des amateurs, toujours fragile à Granby, il va falloir que l’équipe commence à gagner.

Mais que s’est-il donc passé encore cette saison ? Surtout que les Bisons avaient connu un départ tellement prometteur, avec cinq victoires de suite. Ça regardait si bien.

Ils ont été nombreux à prétendre que la transaction qui a envoyé l’attaquant Alexis Guilbault à Joliette en retour du défenseur Brian Lovell a nui à l’esprit d’équipe, que ça a été un premier pas dans la mauvaise direction. Si je n’adhère pas à cette théorie, j’avouerai toutefois que Lovell, après un bon départ, n’a pas donné aux Bisons ce qu’ils devaient leur donner : de la stabilité et de la robustesse à la ligne bleue.

Puis, il y a eu l’échange qui a amené Martin Trempe chez nous. Trempe voulait davantage jouer que se battre et, au fil des semaines, son attitude de gars malheureux a fini par nuire à l’ambiance autour de l’équipe. Il est d’ailleurs resté dans les gradins lors des deux derniers matchs des Bisons face au Métal Pless.

À moins d’une énorme surprise, Trempe ne reviendra pas. Il a écrit beaucoup de choses sur les réseaux sociaux dernièrement qu’il aura du mal à défendre. Dommage car le bonhomme, que les amateurs étaient tellement heureux d’accueillir, aurait pu devenir un Dieu à Granby.

Quand on parle de transactions, justement, le directeur général Miguel Fortin se fait régulièrement tirer des roches à la suite du travail effectué cette saison et auparavant à Waterloo. Si sa moyenne au bâton n’est pas celle d’un champion frappeur, n’oublions pas qu’il travaille étroitement avec David Lapierre, qui est responsable d’approuver chacun des changements de personnel effectué au sein de l’équipe. Bref, il n’est pas le seul à prendre des décisions.

Et Lapierre, lui ? Sera-t-il de retour derrière le banc la saison prochaine ? Parfois, on avait l’impression que l’homme, avec les équipes de hockey dont il s’occupe à l’école secondaire De Mortagne, en avait beaucoup sur les bras. Il faudra voir. Chose certaine, il a la confiance du propriétaire Christian Roy.

Pour le reste, les Bisons ont besoin d’aide un peu partout sur la patinoire. Paul Bourbeau Jr n’a pas connu la saison espérée devant le filet, il y a encore des trous à la défense et l’attaque n’a pas toujours fait ce qu’elle avait à faire lorsque c’était le temps. On l’a vu en séries. Vrai, par contre, que les blessures ont été nombreuses parmi les joueurs d’avant.

Des moyens

Lorsqu’il a déménagé les Maroons à Granby, Christian Roy avait mentionné qu’il voulait donner à ses décideurs les moyens ($$$) de faire du hockey dans de bonnes conditions. Clairement, l’objectif premier a été atteint. Mais maintenant, les bonnes décisions devront suivre.

Oui, les Bisons ont ramené la passion pour le hockey à Granby. Et il faut les remercier pour ça. Mais la passion, ça peut s’effriter. Le plus gros du travail s’en vient.