Max Pacioretty (67) pourrait-il atteindre le plateau des 40 buts? Chose certaine, la présence d'Alexander Radulov sur son trio peut lui permettre d'y rêver.

Bilan de mi-saison du Canadien

Le Canadien amorce mercredi soir la deuxième moitié de sa saison. Après 41 matchs, on commence donc à avoir un échantillon potable pour se prononcer sur l'édition 2016-2017 de cette équipe. La Presse profite de l'occasion pour se livrer à un exercice mi-sérieux, mi-ludique : les prédictions sur 82 matchs.
20 buts pour Shea Weber: oui
Au cours des 20 dernières années, le Canadien a eu un seul marqueur de 20 buts à la ligne bleue, Sheldon Souray (2006-2007). Weber était parti pour la gloire en début de saison, mais il a été limité à un seul filet en décembre, pour un total de 10 à mi-parcours. L'an dernier, à Nashville, Weber avait également atteint la marque des 20 buts, malgré un mois de janvier au cours duquel il avait inscrit un seul but. 
Trois défenseurs à 40 points: non
Weber (26), Jeff Petry (21) et Andrei Markov (21) sont en voie d'atteindre la quarantaine de points, et Markov a disputé seulement 31 matchs. S'il revient rapidement au jeu, il devrait connaître sa huitième saison de 40 points. Petry est le cas le plus incertain, lui qui n'a jamais fait mieux que 25 points en une saison. Il a démontré de bons instincts offensifs, mais ses longs passages à vide (trois points en novembre) vont lui nuire. Il faut remonter à 1986-1987 pour retrouver le dernier trio de défenseurs à 40 points à Montréal. Chris Chelios, Larry Robinson et Gaston Gingras peuvent dormir en paix.
30 points pour Beaulieu: non
Il est souvent critiqué pour son manque de constance, mais Nathan Beaulieu compte 14 points. Comme il a manqué six matchs, la marque des 30 points est à sa portée. Repêché au premier tour pour ses talents offensifs, il tardait à exploiter cet aspect de son jeu dans la LNH. En 10 matchs depuis que Markov est absent, il totalise sept points et joue en moyenne 25 minutes. Le retour du 79 risque cependant de limiter ses responsabilités et de diminuer son temps d'utilisation.
Un million par but pour Plekanec: non
Avant de déjouer Braden Holtby, lundi, Tomas Plekanec ne totalisait que trois buts et se dirigeait donc vers une campagne de six buts. Six, comme son impact annuel en millions sur le plafond salarial de l'équipe (12 millions $ pour deux ans). La clé pour lui est le pourcentage d'efficacité des tirs, une statistique qui tend à se stabiliser à long terme. Sa moyenne dans la LNH est de 10,3 %, tandis que cette année, il affiche un maigre 5,3 % (4 buts sur 76 tirs). 
60 points pour Radulov: oui
Après 39 matchs (il en a raté deux en novembre), le voici à 31 points, et il représente déjà la meilleure embauche du 1er juillet dernier dans la LNH. Si on se fie au passé, le plateau des 60 points - qu'Alexander Radulov devrait atteindre grâce à sa constance - lui vaudra beaucoup de sous quand viendra le temps de signer son prochain contrat à l'été (ou avant). Parmi les joueurs autonomes sans compensation de l'été dernier, deux ont amassé 60 points en 2015-2016 : Kyle Okposo et Loui Eriksson. Ç'a valu 42 millions $ pour sept ans au premier à Buffalo et 36 millions $ pour six ans au second à Vancouver.
40 buts pour Pacioretty: non
Si Max Pacioretty atteint ce chiffre en jouant régulièrement avec Radulov, le Russe aura un argument de plus pour négocier! En 2013-2014, Pacioretty s'était arrêté à 39 buts, mais avait raté neuf rencontres. Il a maintenant une nouvelle chance de devenir le premier marqueur de 40 buts du Canadien depuis Vincent Damphousse en 1993-1994. Deux indices incitent toutefois à la prudence. Sa soirée de quatre buts l'a lancé sur une séquence au rythme insoutenable à long terme (11 buts à ses 14 derniers matchs). Et son efficacité de 14,8 % est largement supérieure aux 11,1 % qu'il affichait avant le début de la saison.
25 buts pour Paul Byron: non
Parlant de pourcentage d'efficacité... Byron est deuxième dans la LNH avec un taux de succès de 23,1 % sur ses tirs. Il a toutefois toujours été supérieur à la moyenne à ce chapitre, une situation sans doute attribuable au nombre d'échappées qu'il obtient. Il sera tout de même difficile pour ce patineur hors pair de maintenir le rythme imposé par ses 12 buts en 40 matchs. Mais pour un joueur réclamé au ballottage, qui touche à peine 1 million $ par saison, le rapport qualité-prix serait excellent avec une récolte de 20 buts.
112 points pour le Canadien: oui
Avec le long voyage des Fêtes, le CH est revenu à l'équilibre (21 matchs à domicile, 20 à l'étranger). L'équipe a brillamment joué au cours de ce périple, de loin le plus éprouvant de la saison. Le voyage en Californie est aussi chose du passé, tout comme les arrêts à Chicago et St. Louis, des matchs jamais faciles. Avec le retour prochain de Markov, d'Alex Galchenyuk et d'Andrew Shaw, le CH devrait être en mesure de maintenir la cadence en deuxième moitié. Une récolte de 112 points représenterait un sommet d'équipe depuis l'instauration des tirs de barrage.
Pas de retour au jeu à Winnipeg
Alex Galchenyuk, Andrei Markov et Andrew Shaw ont beau s'approcher d'un retour au jeu, ils n'ont pas accompagné leurs coéquipiers dans l'avion, mardi. Le Canadien a annoncé qu'aucun des blessés ne faisait le voyage qui amènera l'équipe à Winnipeg et au Minnesota pour une série de deux matchs en deux soirs. Les joueurs bénéficiaient d'un congé d'entraînement, mardi, au lendemain d'une défaite de 4-1 aux mains des Capitals, et devraient tenir un court exercice sur glace mercredi matin. Ce sera vraisemblablement le seul entraînement du voyage, puisque l'équipe a systématiquement congé le deuxième matin d'une série de deux matchs en 24 heures cette saison. Les éclopés poursuivront donc leur réadaptation à Montréal en attendant le retour de l'équipe. Le prochain match à domicile aura lieu samedi, contre les Rangers de New York. Outre Galchenyuk, Markov et Shaw, on retrouve aussi Brendan Gallagher, David Desharnais et Greg Pateryn sur la liste des blessés.