Bertrand Godin estime qu'il faut se montrer patient envers Lance Stroll, qui participera à son premier Grand Prix de Monaco ce week-end.

Bertrand Godin prône la patience envers Lance Stroll

Le Québécois Lance Stroll n'a pas connu la semaine espérée en prévision du Grand Prix de Monaco, auquel il prendra part pour une première fois ce week-end dans les rues étroites de Monte-Carlo.
Il y a deux jours, le jeune pilote a fini sa journée dans une barrière de sécurité après avoir perdu la maîtrise de sa monoplace à l'entrée du virage Massenet, près du Casino. En plus d'endommager sa voiture, il a aussi fait parler en confiant en point de presse qu'il faisait les mêmes erreurs dans ce virage sur sa PlayStation.
À bord de sa Williams, il n'a ainsi pu faire mieux qu'une 16e place lors des séances d'essais libres. Rien pour faire taire les critiques à l'endroit du pilote de 18 ans. En effet, certains estiment que Stroll n'est en Formule 1 qu'en raison du soutien financier de son père, le milliardaire Lawrence­ Stroll.
En dépit de ces résultats en deçà des attentes, l'ancien pilote automobile Bertrand Godin, qui a travaillé avec Lance en karting­ il y a quelques années, juge plutôt qu'il faut laisser la chance au coureur.
« Je suis très content pour lui qu'il soit rendu en F1, d'autant plus que je l'ai vu courir et que je sais ce qu'il est capable de faire. Il faut juste être patient. Il faut garder en tête qu'il ne fait pas partie de l'une des meilleures écuries », a-t-il noté.
En cinq courses jusqu'ici, Stroll n'a récolté aucun point et a croisé le fil d'arrivée seulement deux fois. Il a aussi été victime de quelques manques de concentration, qui, jumelés à son inexpérience, se sont parfois traduits par des accrochages.
Encore une fois, Godin a refusé de lui lancer la pierre pour son début de saison cahoteux. « Souvent, les gens pensent que c'est le pilotage le problème, mais ce n'est pas juste ça. La chimie entre le pilote et l'équipe joue aussi pour beaucoup. Il y a aussi beaucoup de facteurs humains dans son cas. La pression est grande, il veut bien faire et, parfois, son attention n'est pas portée au bon endroit au bon moment. Mais ça va venir avec l'expérience. »
Jeu des comparaisons
Si Stroll est seulement le troisième Québécois à se glisser derrière un volant de F1, après Gilles et Jacques Villeneuve, il faut cependant éviter le jeu des comparaisons­, selon Godin.
« Il n'y a pas de comparaison là. Avant d'entrer en F1, Jacques avait gagné les 500 miles d'Indianapolis et le championnat Champ Car, qui était presque aussi prestigieux que la F1 en terme de compétitivité à l'époque. En même temps, il ne faut pas oublier que Jacques a vécu ses années difficiles en Formule 3 en Italie où presque personne ne le suivait avant de connaître plus de succès. Mais quand tu le vis en F1, c'est plus difficile, car tous les yeux sont rivés sur toi. »
« J'ai toujours vu Jacques comme étant l'héritage de Gilles Villeneuve­. Un héritage qu'il a amené jusqu'au bout avec le titre mondial en 1997. Lance Stroll, c'est Lance Stroll. Il faut qu'il fasse sa marque. Mais passer après des légendes, c'est très difficile. Ça peut être très ingrat », a fait valoir le chroniqueur automobile.
Bien qu'il reconnaisse que Stroll ne piloterait pas une F1 en ce moment sans le support financier de son père, Godin rappelle toutefois qu'il a connu de bons résultats partout où il est passé avant d'accéder au grand cirque de la Formule 1.
« À 18 ans, j'ai acheté mon premier kart. Lui, il est déjà en F1. Il avait signé un contrat avec Ferrari­ dès l'âge de 11 ans. Lance est Lance, avec son identité, son talent, son caractère. Moi, ce que je peux dire pour l'avoir côtoyé en karting, c'est que c'est un jeune qui a une passion véritable pour le sport automobile. Il n'est pas là juste parce que son père a de l'argent. »
« Oui, son père a de l'argent et c'est sûr qu'il ne serait pas en F1 si ce n'était pas le cas, mais tant mieux. Soyons derrière lui, encourageons-le et soyons patient, parce qu'on ne peut même pas imaginer à quel point c'est difficile de gagner en Formule 1 », conclut Godin.