« La course était devenue une véritable obsession pour moi. Pour vous donner une idée, je faisais le gazon en tracteur avec un chrono à la main. Je rêvais de vitesse. Tout le temps ! », raconte l'ex-pilote Bertrand Godin.

Bertrand Godin n’a aucun regret

Le petit Bertrand Godin avait une idole : Gilles Villeneuve. Et il voulait faire comme lui : conduire une voiture de course.

C’est l’histoire d’un passionné et la leçon de persévérance de celui-ci que nous propose Bertrand Godin dans Piloter son avenir, auto­biographie écrite en compagnie du commentateur sportif Charles-André Marchand, du 91,9 Sports. Vous allez apprécier si vous aimez le sport automobile ou si, plus simplement, vous cherchez une inspiration­ pour réaliser vos rêves.

« Gilles était mon idole et j’ai rêvé de courir en Formule 1, explique Godin, joint à Nicolet, où il est instructeur en conduite d’urgence à l’École nationale de police du Québec­. Je n’ai pas atteint mon objectif ultime, mais j’ai vécu des sensations semblables à celles de Gilles. Je voulais être pilote, j’ai réussi à le faire, je suis allé aussi loin que je pouvais aller. Je suis fier de mon parcours et je n’ai aucun regret. »

Godin a beau être natif de la région de Saint-Hyacinthe et il a beau habiter le secteur avec femme et enfant à nouveau aujourd’hui, il est très associé à notre région. Il a vécu à Waterloo et à Granby du milieu jusqu’à la fin des années 1980 et il a plus tard travaillé à l’Autodrome Granby en tant que commentateur pendant un temps.

« Je me sens totalement chez nous dans la région de Granby, reprend-il. Une de mes premières entrevues, je l’ai accordé à La Voix de l’Est alors que je courais en karting. J’ai une tonne de souvenirs liés à la région. De beaux souvenirs. »

Godin a couru en Formule Ford, en Indy Lights, en Formule Atlantique et en Formule 3000. Comme bien d’autres, un manque de budget a fini par freiner ses ambitions. Déjà qu’il venait d’un milieu modeste...

« Le sport automobile, on le sait, ça coûte cher. Et le discours à la mode, ces temps-ci, est celui qui décourage les jeunes de faire de la course. Mais moi, je dis le contraire : allez-y, allez au bout de votre rêve, appréciez chaque défi qui s’offre à vous au lieu de vous laisser abattre. Même si vous n’atteignez pas tous vos objectifs, vous allez apprendre, vous allez devenir une meilleure personne à travers votre parcours. »

En tracteur, un chrono à la main

Bertrand Godin était très jeune lorsqu’il s’est mis à rêver de conduire une voiture de course. Mais la piqûre, la vraie, il l’a eue le 8 octobre 1978 lorsqu’il a vu Gilles Villeneuve triompher sur l’île Notre-Dame à bord de sa Ferrari.

« À partir de là, la course est devenue une véritable obsession pour moi. Pour vous donner une idée, je faisais le gazon en tracteur avec un chrono à la main. Je rêvais de vitesse. Tout le temps ! »

Mais il a dû prendre son mal en patience, lui qui a entamé sa carrière en karting sur le tard, à l’âge de 18 ans. Mais les succès qu’il a remportés ont fait en sorte qu’il a rapidement gravi les échelons. Quelques années plus tard, il se retrouvait en France, où il a gagné une course et puis une autre en Formule Ford.

Son plus beau moment en carrière, il l’a toutefois vécu en 1997, sur l’île Notre-Dame, alors qu’il a triomphé en Formule Atlantique. Il décrit avec énormément d’émotion ce qu’il a vécu ce jour-là dans Piloter son avenir.

« À un niveau inférieur, je vivais ce que Gilles Villeneuve avait vécu au même endroit 20 ans plus tôt. Pour moi, c’était très symbolique. »

Dans son autobiographie, Godin ne règle pas de comptes. Certes, il étale des vérités — ce qui ne plaira pas à tous —, mais il ne règle pas de comptes.

« Le but du livre, c’était de raconter mon histoire, celle d’un cas qui a réussi malgré les embûches, celle d’un gars qui a réussi à réaliser plusieurs de ses rêves même si ça n’apparaissait vraiment pas évident au départ. »

À 49 ans, Bertrand Godin se considère privilégié. Il n’a pas atteint la Formule 1, mais le monde de l’automobile lui permet de gagner honorablement sa vie depuis longtemps.

« Quand j’enseigne aux futurs policiers l’art de conduire, je me considère chanceux. Quand j’analyse une course d’IndyCar à TVA Sports, je me considère chanceux, quand je donne une conférence et qu’il y a plein de gens pour m’écouter, je me considère chanceux. La vie est bonne. »

La vie est souvent bonne avec ceux qui n’ont jamais lâché.