« Je voulais diriger l’équipe et j’ai accepté d’être ni plus ni moins garroché dans la gueule du loup », affirme Patrick Bergeron.

Bergeron: «Ça prenait un coupable»

« J’ai été victime des circonstances. Je n’ai pas été placé dans des conditions gagnantes et, malgré tout, nous avions une fiche de ,500. Moi, je sais que je n’ai rien à me reprocher. »

En entrevue à La Voix de l’Est, Patrick Bergeron a livré ses états d’âme 24 heures après avoir été congédié par les Inouk. L’homme est à la fois déçu et en colère. En fait, peut-être plus en colère que déçu.

« Je ne viens pas d’apprendre que j’ai une maladie incurable et je vais me remettre rapidement de ce qui vient d’arriver, a-t-il commencé par dire. Mais ça fait mal parce que j’aurais aimé être supporté et recevoir une tape dans le dos (de la part de ses patrons) au lieu de me faire dire que ça ne fonctionnait pas. J’ai été déçu par des gens en qui j’avais confiance… »

Bergeron, on le sait, a été nommé entraîneur en chef des Inouk quelques semaines à peine avant le début du camp d’entraînement. À Granby, l’été dernier, la question de l’avenir de l’équipe a pris toute la place, au détriment des opérations hockey, du marketing et de tout le reste.

« Je voulais diriger l’équipe et j’ai accepté d’être ni plus ni moins garroché dans la gueule du loup. À 10 jours du début du camp, je n’avais pas d’adjoints et on a perdu des joueurs importants (il nommera Félip Bourdeau et Charlie Risk) parce qu’aucun suivi n’avait été fait au cours de l’été. »

Les Inouk ont remporté trois de leurs quatre derniers matchs, mais ils se sont inclinés 6-2 dimanche à Chambly. C’est manifestement lors de la vilaine séquence qui a précédé que la direction a statué sur le sort de Bergeron.

« On a eu une mauvaise séquence, c’est vrai, mais les choses étaient en train de se replacer. Et on sait tous que l’important, dans le junior AAA, c’est l’alignement que tu as le 10 janvier, après la période des échanges. Mais il y avait beaucoup de nervosité dans l’organisation… »

Une nervosité, avouera-t-il, causée par les très faibles assistances et la compétition venue des Bisons.

« Je ne sais pas à qui vous avez parlé, mais je suis d’accord avec la personne qui affirme que j’aurais encore mon travail s’il y avait 500 personnes dans les gradins », a dit Bergeron en référence à un passage du texte de mercredi dans La Voix de l’Est.

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Toujours au sujet du texte en question, il se demande avec qui le directeur général François Graveline a pu parler lorsqu’il a pris le pouls du vestiaire.

« Moi, je sais très bien que j’avais l’appui des joueurs influents. Le nombre de messages et d’appels que j’ai reçus le démontre bien. »

Enfin, Bergeron n’a pas aimé lire que « le coach qui dirige son fils, ce n’est pas idéal ».

« Joakim a été traité de la même façon que tous les joueurs dans ce vestiaire. Je vous dirais même que j’ai été plus dur avec lui qu’avec tous les autres parce que, justement, c’était mon fils ! »

Le chemin facile

Patrick Bergeron est d’avis que la direction des Inouk a pris le chemin facile.

« Ça prenait un coupable et c’était rapide et facile de mettre le coach dehors. Mais je ne pense pas qu’il s’agissait de la meilleure décision à prendre pour le bien de l’équipe. »

Bergeron, qui en était à son deuxième séjour à la barre des Inouk, est un des hommes de hockey les plus respectés dans la région. Ce qui explique pourquoi son départ a créé une telle onde de choc.

« Mon fils va continuer avec les Inouk et je serai dans les gradins au même titre que les autres parents qui encouragent leurs garçons. Pour le reste, j’ai déjà deux propositions sur la table. Je vais regarder tout ça à tête reposée. Mettons que ce n’est pas la fin de ma carrière. »

Bergeron a bâti un formidable programme de hockey à Massey-Vanier. Déjà, mercredi matin, il était de retour à l’aréna de Cowansville pour travailler avec les jeunes.

« Je le répète, je ne viens pas d’apprendre que j’ai une maladie incurable. Mais c’est dur à prendre quand même. J’aurais vraiment aimé diriger cette équipe dans des conditions gagnantes… »