Benoit Penelle a joué un rôle marquant dans le milieu du football scolaire à Granby.

«Benoit Penelle était une personne d’exception»

Le milieu du football scolaire à Granby est en deuil depuis vendredi, alors que Benoit Penelle est décédé à l’âge de 55 ans d’une courte maladie.

Durant des décennies, il a joué un rôle déterminant dans la vie de centaines de jeunes. Plusieurs ont même « raccroché » à l’école et terminé leurs études grâce à lui et au football.

« Si tu ne performais pas à l’école, tu ne pouvais pas aller sur le terrain », se souvient Manuel Charron-Paris, joueur-gérant des Indians de Granby au baseball senior, qui a aussi joué pour les Incroyables de l’école J.-H.-Leclerc pendant trois ans.

« Avant de commencer le football, mes notes étaient autour de 60. J’ai même doublé mon secondaire 1. Et aujourd’hui, je suis conseiller en négociation, qui est un emploi assez important dans une centrale syndicale. »

Charron-Paris n’est pas le seul à occuper aujourd’hui un emploi stimulant grâce au football scolaire et à coach Penelle, ce dernier ayant su transmettre son amour du sport, mais aussi la discipline.

Benoit Penelle a eu « un impact incroyable. J’ai joué assez haut au football et c’est un peu grâce à lui. Il était dur, mais il nous a amené une discipline au football et dans les autres sphères de nos vies. Il a changé la vie de plusieurs personnes. Il ne passait pas par quatre chemins quand il avait quelque chose à dire, mais quand tu faisais quelque chose de bien, il te le disait aussi. »

« Une grande perte »

Benoit Penelle est entré en poste à l’école J.-H.-Leclerc en 1990. Il y a notamment côtoyé Alain Duquet jusqu’en 2008. Celui qui fait aujourd’hui partie du comité technique du football en Montérégie a été estomaqué d’apprendre le décès de son ami.

« C’est une grande perte, une très grande perte », se désole-t-il.

« L’ajout de Benoit a fait grandir le programme des Incroyables. Quand il est arrivé, il s’est investi. »

L’entraîneur avait toujours des idées et un entrain sans pareil pour préparer la saison suivante. En plus d’un programme de cheerleading, qui s’est transformé en cheerleading de compétition, et d’un album-souvenir devenu calendrier, il a lancé un programme de flag football mixte dans les écoles primaires.

« C’était coaché par nos plus vieux dans leur école primaire d’origine ou celle du voisinage, précise M. Duquet. On les formait pour qu’ils coachent. Ça se finissait avec un tournoi en mai à J.-H.-Leclerc. Chaque école avait une couleur de chandail en particulier. C’était un beau concept que Ben m’avait proposé et qui vit encore. »

Benoit Penelle l’a contacté il y a deux ou trois semaines. Sa voix semblait enrhumée, se rappelle M. Duquet. Il voulait vérifier si le projet de football à 9 joueurs allait de l’avant pour la prochaine saison, comme il l’espérait pour pallier le manque d’inscriptions à certains niveaux.

En 2012, M. Penelle a lancé le programme de football des Élites au Collège Mont-Sacré-Coeur.

« Avec l’implication et la collaboration de Réal Brunelle, Benoit et moi avons mis en place le programme de football au Collège, a écrit sur Facebook le directeur général de l’école, Claude Lacroix. Depuis les tout débuts, Benoit s’est donné à 200 % dans le développement de ce magnifique programme. Benoit était une personne d’exception, un humain unique. C’était facile de travailler avec lui. Il était toujours en mode solution et les défis ne lui faisaient pas peur. Il était généreux, respectueux, fiable et dévoué. »

« Son départ précipité me bouleverse et me rend très triste. Je perds beaucoup plus qu’un entraîneur de football. Il laissera un grand vide dans le vestiaire, dans le cœur de centaines de joueurs et dans le mien aussi. Son rire caractéristique et contagieux me manquera assurément. Je lui serai à jamais reconnaissant pour tout ce qu’il a fait pour les Élites, pour mes trois gars et pour moi. »

Un modèle

M. Penelle avait une grande aptitude à motiver les jeunes. Alain Duquet évoque son charisme et son don pour retenir le nom de chacun, mais aussi celui des membres de leur famille.

« Il avait un don indéniable pour devenir une personne de confiance et un modèle pour eux, a confirmé Claude Lacroix. Tout au long de ces années, j’ai été témoin à plusieurs reprises de voir des jeunes rebâtir leur estime de soi et leur confiance. Pour moi, cela avait beaucoup plus de valeur qu’une nouvelle bannière dans le gymnase. »

Il était toujours en poste au Collège Mont-Sacré-Coeur, mais son état s’est dégradé il y a environ deux semaines.

« Tout le personnel d’aide à l’élève et la direction était en alerte depuis plus d’une semaine », explique M. Lacroix, qui est toujours sous le choc. Une aide psychologique sera offerte aux élèves, mais la formule n’est pas encore déterminée.

Un hommage devrait être rendu à Benoit Penelle dans les deux écoles secondaires où il a œuvré, mais il est encore trop tôt pour en connaître les détails.