Un jeune avec une bonne tête, ce Kevin Spinozzi !

Au jour le jour pour Kevin Spinozzi

CHRONIQUE / Comme je l’ai mentionné il y a deux semaines, j’ai fait des arrêts dans certaines villes de la Ligue américaine et de la Ligue nationale de hockey, tant à l’allée qu’au retour de mon pèlerinage hivernal en Floride, pour évaluer, à la demande d’un ami, les performances de joueurs susceptibles de l’intéresser.

Ainsi, j’ai assisté au match opposant les Griffins de Grand Rapids, club-école des Red Wings de Detroit, aux Penguins de Wilkes-Barre/Scranton, une formation dont les espoirs, vous l’aurez deviné, se rapportent aux Penguins de Pittsburgh. Tant qu’à assister à un match de hockey à Wilkes-Barre, pourquoi ne pas en profiter pour aller serrer la main à un p’tit gars de chez nous qui s’aligne pour l’équipe locale ? 

Il y a presque un an jour pour jour, je rencontrais le Granbyen Kevin Spinozzi, fils de Frank Spinozzi, un homme de hockey bien connu dans notre région. Le jeune homme de 21 ans tentait alors de se faire une place au soleil dans la Ligue américaine pour atteindre son rêve ultime, celui de jouer un jour dans la LNH. Voyons où il est rendu un an plus tard...

Quand je lui pose la question à savoir comment se déroule son développement, on sent que le no 5 (il endossait le no 8 en 2017-2018) marche sur des œufs.

Normal, direz-vous, car il se prépare à entamer le dernier droit d’un contrat d’un an avec sa formation et il n’a toujours pas d’indication comme quoi celui-ci pourrait se prolonger avec l’organisation des Penguins. Toutefois, il venait tout juste d’être rappelé des Nailers de Wheeling de la Ligue de la Côte Est (East Coast Hockey League), avec lesquels il avait passé la majeure partie de la saison en raison d’une surabondance de vétérans à la ligne bleue de Wilkes-Barre/Scranton.

Plusieurs hockeyeurs auraient déjà manifesté des signes de découragement face à une telle situation, voyant ainsi leur carrière tarder à prendre son envol. Pourtant, en bon compétiteur et en être intense qu’il est, le jeune Spinozzi refuse de se laisser abattre. Il a décidé de voir les choses d’un bon œil.

« Je me concentre sur le présent, dit-il. Je m’entraîne fort et je cherche constamment à m’améliorer, alors quand on fait appel à mes services, je suis prêt et, surtout, je peux aider l’équipe à remporter des victoires. Personnellement, c’est tout ce qui compte en ce moment ! »

Et il a bien raison, car ils sont nombreux les dirigeants qui cherchent des joueurs ayant déjà flirté avec la victoire.

Mais justement, a-t-il eu certains contacts avec les dirigeants des Penguins en ce qui a trait à une éventuelle prolongation de son contrat ? « Non, pas encore, mais ça ne m’embête pas, souligne Kevin. Ici, à Wilkes-Barre, je ne peux pas me plaindre. On me traite de façon très professionnelle. De toute manière, l’année prochaine, c’est très loin ! Il reste encore beaucoup de hockey à jouer cette année et j’entends bien prouver à l’organisation que je suis capable de tenir mon bout à la défense dans la Ligue américaine. On verra pour le reste. »

Le journaliste attitré à la couverture des Penguins pour le compte du quotidien Citizen’s Voice (distribué dans tout le centre de la Pennsylvanie), le jeune Tyler Picotti, semblait abonder dans le même sens. « Kevin est vraiment victime du surplus de défenseurs ayant toujours un contrat avec Pittsburgh, a-t-il indiqué. Je suis convaincu qu’il peut jouer ici aisément. Mais quand un club possède des joueurs sous contrat, c’est juste normal de les faire jouer avant ceux qui ont uniquement des contrats avec la Ligue américaine. »

Même son de cloche quand on jase avec certains dépisteurs professionnels. Il y en a même un qui s’est avancé jusqu’à dire que Spinozzi pourrait faire partie d’un top 5 s’il évoluait, par exemple, avec le Rocket de Laval. « Mon travail à moi étant de couvrir la Conférence de l’Est de la LNH, la division Atlantique et la division Nord de la Ligue américaine et la East Coast, je peux dire que je l’ai vu jouer à quelques reprises, a-t-il lancé. N’oublions pas que le p’tit gars n’a que 21 ans, qu’il mesure 6 pieds 3 et pèse environ 215 livres. Il joue assez physique et avant son rappel dans la Ligue américaine, il avait cumulé presque un point par match avec Wheeling. Ce sont des éléments qui militent en sa faveur. Ici, on voit bien que le coach (Clark Donatelli) tente de lui faire de la place, mais il a les deux mains liées en raison du trop grand nombre de contrats pour cette année et peut-être même pour l’an prochain. À l’opposé, comme c’est un Québécois, c’est évident qu’il pourrait donner un coup de main à Laval (club-école du Canadien dans la LAH). À mon avis, il serait aisément capable de figurer parmi leurs cinq premiers défenseurs, le
Rocket manquant cruellement de jeunes espoirs à cette position… »

Juste à cette position ? Un peu partout, disons, surtout quand on regarde le classement général de la LAH…

Cependant, en agissant de la sorte, Kevin Spinozzi se comporte de la bonne manière en affichant une excellente attitude.

Qui sait si quelqu’un se réveillera enfin chez le Canadien et donnera à ce jeune la chance qu’il mérite : celle de se faire valoir chez lui.

Dominic Turgeon

ON EN JASE AUTOUR D’UN BON CIGARE

Plusieurs dépisteurs étaient présents à ce match présenté à Wilkes-Barre, dont les anciens joueurs Mark Howe (Red Wings) et Duane Sutter (Oilers). J’ai pu jaser avec Shawn Dineen, le fils de celui qui fut en quelque sorte un « vieux sage » pour tous les jeunes dépisteurs que nous étions, feu Bill Dineen, en plus d’être le frère aîné de l’ex-joueur Kevin Dineen. J’ai aussi salué Mike Guentzel, le père de Jake Guentzel, vaillant porte-couleur des Penguins de Pittsburgh. Après avoir été l’instructeur-chef des Gophers de l’Université du Minnesota durant plusieurs saisons, Mike travaille maintenant pour le compte des Coyotes de l’Arizona. J’ai été présent à quatre matchs durant ce voyage et j’ai pu comprendre à quel point le directeur général du Lightning de Tampa Bay, Julien BriseBois, pouvait être aussi branché : il y avait un représentant de sa formation à chacun des matchs ! Quand ce n’était pas Chris Yzerman, le frère de Steve, on voyait son responsable du recrutement professionnel, Jamie Pushor ! Quant au Canadien, je n’ai vu de ses dépisteurs qu’à un seul match, celui de Wilkes-Barre et ce dernier — dont je tairai le nom — semblait nettement plus préoccupé à se chercher quelqu’un pour l’écouter raconter ses histoires qu’à regarder la partie… 

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Toujours lors de ce match, j’ai constaté qu’un joueur de l’équipe visiteuse avait un nom de famille connu des amateurs de hockey d’ici. Dominic, le fils de l’ancien Bison Pierre Turgeon, un choix de 3e ronde des Red Wings de Detroit en 2014, occupe le poste de 2e centre chez les Griffins. Beaucoup moins talentueux et habile que son père, il est toutefois un joueur nettement plus complet. Tellement, qu’il n’a pas hésité à jeter les gants devant le dur à cuire Joseph Cramarossa des Penguins. Un combat de plus d’une minute où il a tenu tête à un hockeyeur à qui il devait concéder deux pouces et une trentaine de livres, prouvant qu’il n’a pas froid aux yeux et qu’il est un joueur d’équipe !