Pierre Bergeron

Assises du junior AAA: le conventum des anciens de la LHJMQ

C’est fou à quel point la vie se charge souvent de nous faire des clins d’œil…

Je me rappelle de cette journée comme si c’était hier. Pourtant, elle est survenue il y a 29 ans, presque jour pour jour. Connaissant mon amour pour le hockey et ma passion pour le golf, Claude Loranger, président-éditeur du journal pour lequel je travaillais à l’époque à Trois-Rivières, l’Hebdo-Journal a demandé à l’ado de 17 ans que j’étais de le représenter au Tournoi de golf de la Ligue de hockey junior
majeur du Québec. Arrivé à la table des inscriptions, j’y apprends que l’on m’a jumelé avec Sylvain Nadeau (DG des Frontaliers de Coaticook), l’agent de joueurs Bob Perno, que je connaissais depuis seulement deux ou trois ans, car il représentait plusieurs de mes copains joueurs du circuit Courteau, et un certain Jacques Laporte, directeur général et instructeur-chef du National de Joliette du défunt circuit Tier II, devenu l’actuelle LHJAAAQ. 

Près de 30 ans plus tard, Sylvain s’est retiré du hockey. Bob est toujours actif, et Jacques est devenu commissaire du circuit au sein duquel il a si longtemps travaillé, et ce, tout en ayant fait des arrêts à Laval (LHJMQ) et Trois-Rivières (Ligue universitaire Québec-Ontario).

Il va sans dire que j’étais très heureux de le rencontrer, la semaine dernière, lors des assises de la Ligue de hockey junior AAA. Jacques, qui comme plein d’autres hommes de hockey que j’ai côtoyés au fil des années a sillonné les différents arénas de l’Amérique du Nord, se retrouve aujourd’hui à travailler sans pression autre que celle de faire du hockey pour le plaisir. J’ai, évidemment, profité de l’occasion pour remplir mon calepin. En voici quelques échos.

Tous les dépisteurs actifs ou retraités vous le diront : il arrive en cours de carrière de découvrir des joueurs qui deviennent de véritables coups de cœur. Ceux pour lesquels nous sommes prêts à tout afin de voir notre formation les sélectionner. Cela m’est arrivé à plusieurs occasions. J’ai en mémoire quatre cas plus particuliers. 

Une première fois, en 1996, quand j’ai littéralement poussé, et le mot est faible, les sélections d’Alex Tanguay (2e ronde, 194 points en 152 matchs) et de Benoit Dusablon (6e ronde, 291 points en 264 matchs) avec les Mooseheads d’Halifax. Même chose deux ans plus tard avec les Tigres de Victoriaville quand nous avons repêché l’attaquant Matthew Lombardi au 3e tour (130 points dont 57 buts en
66 matchs seulement lors de sa dernière saison !).

Finalement, en 2002, quand j’étais le bras droit de Serge Savard Jr avec le Rocket de l’Île-du-Prince-Édouard. J’y ai fait la découverte, lors d’un match bantam, d’un jeune défenseur de
14 ans du nom de Pierre Bergeron, qui évoluait pour les Voltigeurs de Drummondville. 

Le no 2 des Voltigeurs dominait tellement à sa position que j’aurais voulu le repêcher sur-le-champ, mais le règlement stipule encore aujourd’hui que dans la LHJMQ, on ne peut pas sélectionner de joueurs avant que ceux-ci n’aient atteint l’âge de 15 ans.

Toutefois, une sévère blessure a fait en sorte qu’il n’a pas pu évoluer sur une base régulière l’année suivante avec les Cantonniers de Magog. Il a dû s’astreindre à porter les couleurs des Voltigeurs chez les midget espoir. Je me rappelle d’avoir dit à Serge Jr « qu’à cela ne tienne, nous pourrons le choisir en 5e ronde et ce sera le vol du draft ! »

Et c’est que nous avons fait, Pierre devenant notre choix de 5e tour (71e au total) lors de la séance de sélection de 2003. 

Quelques semaines seulement après mon départ de l’organisation pour aller donner un coup de main à mon ami Clément Jodoin avec les Maineiacs de Lewiston, Pierre a été échangé aux Huskies de Rouyn-Noranda, puis aux Remparts de Québec.

Je me souviens d’ailleurs d’avoir dit à Patrick Roy lors d’une conversation à bâtons rompus qu’il venait de faire toute une acquisition. Quelques mois plus tard, Pierre est devenu capitaine de l’équipe et il a soulevé la Coupe Memorial !

Plusieurs années ont passé depuis et Pierre, maintenant âgé de 32 ans, agit comme directeur général et instructeur-chef des Panthères de Saint-Jérôme, avec qui il connaîtra une grande carrière, j’en suis convaincu. 

Bien que nous nous parlions au téléphone beaucoup moins souvent qu’avant, nous étions, il va sans dire, très heureux de nous retrouver jeudi dernier.


Parlant de retrouvailles, quel bonheur de revoir un autre de mes vieux chums, Kevin Figzby, qui vient de se porter acquéreur de la franchise du Révolution du Lac St-Louis. 

Nouvelle administration, nouvelles couleurs, dit ce vieil adage du monde du sport. L’ancien instructeur-chef des Lions du Lac St-Louis (midget AAA) et des Stingers de Concordia (Ligue universitaire Québec-Ontario) a décidé de renommer son club les Shamrocks du Lac St-Louis. 

Pour lui venir en aide dans son aventure, il s’est adjoint les services de son complice de toujours, le vénérable Norm Conway, en tant que directeur général. Bien connu des gens de Granby, Norm agit toujours en tant qu’homme de hockey principal pour l’agence de joueurs
Octogon, dirigée par l’influent Allan Walsh. Cette agence gère, entre autres, les carrières de David Perron, Marc-André Fleury, Jonathan Drouin et Max Pacioretty. 

Quant à Kevin, il est de retour au Québec après avoir passé les cinq dernières saisons à Calgary, où il s’occupait du développement des joueurs pour le compte de Hockey Canada. 

Il est récemment revenu à Montréal en raison de l’état de santé précaire de ses parents. Son père est décédé il y a trois semaines. Encore une fois, toutes mes condoléances, vieux frère.

ON EN JASE AUTOUR D'UN BON CIGARE

Une autre belle conversation que celle que j’ai eue avec une légende vivante du hockey junior AAA au Québec : le bon vieux Stéphane Scotto. 

J’ai travaillé avec lui pour le Rocket de Montréal au début des années 2000. Scotto était alors l’adjoint de l’instructeur-chef Alain Vigneault. Résident de la région de Valleyfield, il vient tout juste de faire l’achat des Braves de l’endroit en compagnie de partenaires locaux. 

On ne peut que lui souhaiter la meilleure des chances, lui qui est également le directeur général de l’équipe.

Quand il est question de légendes vivantes du hockey junior AAA, on ne peut passer sous le silence le nom de Pierre Pétroni du Collège Français de Longueuil, lui dont les équipes sont plus que compétitives saison après saison. 

Elles ont gagné la Coupe Napa cinq fois depuis 2011, dont trois fois lors des cinq dernières années seulement, notamment en raison du brio de son recruteur-chef Éric Belzile, dauphin du défunt Claude « Piton » Ruel. 

Par contre, la saison qui s’amène marquera un tournant pour la franchise, alors que Pierre, maintenant âgé de 61 ans, vient de délaisser son travail de DG et d’instructeur-chef pour se concentrer uniquement sur son rôle de propriétaire et de président. 

Un repos bien mérité pour celui que tout le monde connaît sous le surnom de Pétro.