Sarah-Maude Hamel et Annabelle Scott fouleront la patinoire du Centre Vidéotron en février lors du prestigieux Tournoi international pee-wee de Québec sous les couleurs d'une équipe entièrement féminine. C'est la deuxième année que les organisateurs accueilleront une telle formation.

Annabelle et Sarah-Maude à la conquête de Québec

Annabelle Scott et Sarah-Maude Hamel réaliseront un grand rêve en février. Les deux Granbyennes prendront part au 58e Tournoi international pee-wee de Québec, le plus prestigieux rendez-vous planétaire des hockeyeurs de 11 et 12 ans. Elles le feront au sein d'une équipe étoile toute féminine.
C'est la cage des Vics Yamaska-Missisquoi AAA de la Ligue d'excellence du Québec dans la catégorie Relève que défend en saison régulière Annabelle Scott.
«C'est vraiment un rêve. J'y pense depuis trois, quatre ans au moins», explique Annabelle, emballée. «Ça va être dur, mais on va avoir du fun. On forme une belle gang», soutient Sarah-Maude.
Les deux athlètes ont su le 21 décembre dernier, au terme d'un processus de sélection qui a débuté au mois d'août, qu'elles s'aligneraient dans une équipe de catégorie AA lors du tournoi qui aura lieu du 8 au 19 février au Centre Vidéotron dans la Vieille capitale. Une quarantaine de jeunes hockeyeuses ont participé au camp d'entraînement qui s'est déplacé entre Sherbrooke, Blainville et Saint-Laurent. Seulement 19 joueuses, d'un peu partout au Québec, ont été retenues par un quatuor d'entraîneuses mené par l'Olympienne Caroline Ouellette.
Annabelle et Sarah-Maude en retirent une grande fierté. «Il y a avait beaucoup de joueuses de talent», fait remarquer Sarah-Maude, une attaquante qui joue avec les Élites de l'Estrie de la Ligue de hockey féminin de développement du Québec. Humble, elle dit avoir douté de ses chances au début. La nervosité s'est dissipée peu à peu. «Je me suis donnée à fond. Je suis contente de faire partie de l'équipe», lance-t-elle d'un grand sourire.
Le boulot de gardien de but exige des nerfs d'acier. On sent qu'Annabelle en possède beaucoup dans le réservoir. «J'avais confiance en moi. J'étais bien concentrée et j'ai bien joué durant les matchs», raconte celle qui endosse l'uniforme des Vics Yamaska-Missisquoi AAA de la Ligue d'excellence du Québec dans la catégorie Relève. Outre l'autre gardienne de l'équipe, Aurélie Caron, Annabelle ne compte que des coéquipiers dans l'équipe.
Les parents des deux joueuses cachent difficilement leur fierté des accomplissements de leur fille. «Que Sarah-Maude ait une passion aussi forte à son âge, qu'elle ait une telle détermination, c'est vraiment beau à voir», dit sa mère Nathalie Viel. «Tellement de belles choses arrivent à nos jeunes quand ils ont des passions.»
De père en fille
Le père d'Annabelle, David Scott, a doublement raison d'être heureux pour sa fille. Participer à ce tournoi est un exploit, assure-t-il. Il en sait quelque chose pour y avoir pris part. C'était en 1983 ou en 1984, il ne se rappelle plus. Il sait toutefois y avoir défendu les couleurs des Bisons de Granby. «On n'avait pas une grosse équipe, mais on avait tout donné», se rappelle-t-il. Le fait que sa fille porte comme lui naguère jambières, gant et bloqueur ajoute à son admiration. «Ce qu'elle voulait, quand elle a commencé à jouer à six ans, c'était d'être la gardienne. Ça n'a pas été facile parce qu'elle ne patinait pas aussi bien que les garçons. Ce n'était pas inné chez elle. Mais elle a tellement travaillé fort, tellement mis des efforts», raconte-t-il l'admiration dans la voix.
«Je ne l'ai jamais vue aussi heureuse ; ses yeux brillaient», dit Isabelle Domingue lorsque sa fille a lu la lettre l'informant qu'elle avait été sélectionnée.
La mère de Sarah-Maude est admirative de ses réussites. «Elle a mis beaucoup de temps, fait des sacrifices. C'est un accomplissement pour elle. On lui dit de vivre le moment présent, d'en profiter.»
Le hockey est entré très tôt dans la vie de Sarah-Maude. Ses parents conservent précieusement une photo d'elle, âgée de trois ans, remontant du sous-sol parée de l'équipement de hockey de son frère aîné, Nicholas, également un athlète accompli. «Hockey ! Hockey !», disait-elle sans arrêt se remémore Mme Viel.
Filière scolaire
De telles expériences de vie, soutient Jean-Pierre Hamel, mènent à plus de possibilités pour les jeunes. Notamment du côté scolaire, pense-t-il. «Pour les filles, la poursuite de leur carrière passe par l'école. Elles peuvent jouer au secondaire, au cégep, à l'université», énumère-t-il.
Des universités américaines s'informent régulièrement du progrès des jeunes hockeyeuses lorsqu'elles sont à quelques années d'avoir l'âge, note M. Scott. De ces équipes proviennent les joueuses de l'équipe nationale du Canada, aurait-il pu ajouter. «Ce sont de belles portes», image-t-il. «Ça va être à elles de choisir ce qu'elles veulent faire.»
L'an dernier, les organisateurs du Tournoi international pee-wee de Québec ont accepté qu'une équipe toute féminine s'inscrive au tournoi. Une première dans la riche histoire de cet événement qui a vu défiler de grands joueurs comme Patrick Roy, Steven Stamkos, Wayne Gretzky, Mario Lemieux et Guy Lafleur.
En temps normal, Sarah-Maude Hamel porte les couleurs des Élites de l'Estrie de la Ligue de hockey féminin de développement du Québec.
Des styles différents
Ce n'est pas tant l'idée de jouer contre des garçons qui stimulent Annabelle Scott et Sarah-Maude Hamel. Depuis le début de leur carrière, elles affrontent des garçons sur la glace. Ce qui les rend d'autant plus fières de participer au Tournoi international pee-wee de Québec, c'est qu'elles formeront une équipe entièrement composée de filles et que les équipes adverses seront presque exclusivement masculines. Une première pour elles. Et elles entendent laisser leur marque.
«Les gars sont plus forts, plus gros, mais on est capables de jouer contre eux. On est de leur calibre. On va devoir être concentrées», explique Sarah-Maude, qui joue à l'attaque. «On a une bonne équipe», assure-t-elle.
Le style de jeu des garçons est différent, selon l'analyse d'Annabelle. Plus rapide, dit-elle. Mais une gardienne avertie en vaut deux. «Ils lancent plus souvent au but. On peut se préparer. Les filles lancent moins. Mais elles font plus de passes», elles sont plus patientes, d'après son expérience. Les gardiens préfèrent quand il y a moins de passes, prend-elle soin de rappeler. Le positionnement pour bloquer la rondelle est plus facile, dit-elle.
Pour les deux hockeyeuses, une participation à un tournoi d'une telle envergure représente une occasion unique de progresser. «C'est une belle chance d'apprendre, de m'améliorer», indique Sarah-Maude.
Les deux coéquipières formulent un souhait: que leur équipe affronte les Vics Yamaska-Missisquoi AA durant le tournoi. «C'est une des meilleures équipes au Québec», soutient Annabelle, dont le ton est teinté de fierté, pour ses amis de la région, et de... défi!