Andrew Ranger en compagnie de sa conjointe Édith et de David Wight, son chef d’équipe, à la suite de son triomphe à Toronto.

Andrew Ranger est de retour

CHRONIQUE / En remportant l’épreuve de Toronto le week-end dernier, Andrew Ranger a démontré qu’il était sérieux. Qu’il était sérieux… et qu’il était clairement de retour.

Le Granbyen vient de triompher deux fois de suite, une fois sur ovale (Vallée-Jonction) et l’autre fois sur circuit routier. Il a enlevé les honneurs de la moitié des courses depuis le début de la saison en série canadienne de NASCAR et ses performances font en sorte qu’il est premier au championnat, à égalité avec Louis-Philippe Dumoulin.

Ranger est heureux. Et soulagé. Après une saison de misère l’an dernier (aucune victoire et une septième place au classement), il a une voiture compétitive, capable de bonnes performances autant sur ovale que sur circuit routier. Quand il va aux courses, cette année, il sait qu’il a des chances. Et dans le fond, c’est tout ce qu’il demande.

À 31 ans, Ranger est encore jeune, mais ça fait longtemps qu’il roule. Il avait à peine 20 ans, en 2007, lorsqu’il a remporté son premier titre en série canadienne de NASCAR. Et parce qu’on entend parler de lui depuis longtemps, parce qu’il a connu sa part de succès par le passé, les gens ont parfois tendance à le juger sévèrement.

La saison dernière, alors qu’il peinait au volant de sa Dodge Challenger no. 27, certains se sont posé des questions. Sur les circuits de course, j’ai entendu des trucs comme : « Ce n’est plus le pilote que c’était » et « Il fonctionne maintenant sur sa réputation ». Des commentaires qui se sont peut-être rendus jusqu’à lui.

Mais face à ses insuccès, Ranger a gardé le plus gros de sa colère pour lui. Il a réagi quelques fois, mais il a la plupart du temps souffert en silence en espérant des jours meilleurs. C’est son genre.

Et les jours meilleurs sont arrivés. Les gens de son équipe ont bien travaillé au cours de l’hiver afin de lui offrir une bonne voiture et ceux de NASCAR ont finalement approuvé son nouveau moteur dans son intégralité, sans pénalité. Comme il le mentionnait lui-même en fin de semaine en entrevue avec l’auteur de ces lignes, il court maintenant à forces égales avec les autres pilotes.

Mais Ranger a aussi changé quelque chose dans sa propre façon de faire. Clairement, il est plus agressif (ou combattif) en piste. On l’a vu le week-end dernier à Toronto lorsqu’il a dépassé Alex Tagliani en prolongation et, en ouverture de saison, lorsqu’il a été puni pour après avoir tenté un dépassement jugé dangereux à Bowmanville.

Ranger a toujours eu la réputation d’être un bon gars en piste. Mais voilà, en NASCAR, ce ne sont pas toujours les bons gars qui gagnent. Et il semble l’avoir compris. Enfin, diront même certains.

La saison est longue et il reste encore huit épreuves au calendrier de la série canadienne de NASCAR. La série est extrêmement compétitive et Ranger est encore loin de porter la coupe aux lèvres. Mais une chose est claire : il va se battre.

Car qu’on se le tienne pour dit, il est de retour.