Alister Gardner est à nouveau à la conquête des kilomètres et de nouveaux temps records.

Alister Gardner: toujours plus loin, toujours plus vite

Alister Gardner n’affectionne pas seulement les grandes distances. Car pour être performant lors des longues épreuves, le Bromontois doit aussi exceller sur les plus petits parcours. Combiner les courses de 5, 10, 21, 42 km et plus encore dans une même saison l’aide à continuer sa progression.

Et comme le coureur d’élite réalisera une fois de plus des ultramarathons et des ultra-trails cet été, différentes courses font partie de ses objectifs annuels pour arriver à compléter ces compétitions où les limites humaines sont repoussées.

Sa saison a déjà bien commencé pour lui, en mars, avec un record personnel battu au 5 km de la Course/Marche populaire de LaSalle, qu’il a complété en 16 minutes et 29 secondes.

« C’est une journée où il faisait beau soleil, mais c’était froid avec beaucoup de vent, se souvient-il. Dimanche prochain, j’essaierai de battre ce nouveau record. » Il participera alors à une course organisée à Longueuil par un ami. 

Le week-end dernier, c’est à Montréal que Gardner se trouvait pour participer au Demi-marathon Banque Scotia. Une fois de plus, il a battu un record personnel par une dizaine de secondes au 21,1 km. « Les sensations dans les deux courses étaient très semblables. Je ne suis pas parti trop vite, mais assez rapidement pour aller chercher le record. » Il a bouclé le parcours en 1 : 12 : 27, pour une moyenne de 3 minutes et 26 secondes par kilomètre.

Les ultras

Sa première grande épreuve de la saison est l’ultramarathon Transvulcania, tenu aux îles Canaries le 12 mai. « C’est une course mythique sur une île qui est quasiment juste un gros volcan. On monte et on passe sur le volcan avant d’arriver de l’autre côté. Ça nous fait 75 km. » Et une élévation de 2420 mètres. 

« C’est difficile de faire des entraînements de dénivelé ici, mais j’ai espoir qu’avec l’accumulation de kilomètres dans la semaine, les intervalles et la musculation au gym, je vais pouvoir bien faire. »

Une fois par semaine, Alister Gardner réalise une sortie de 25 à 30 km. Boire de l’eau adéquatement, prendre des gels énergétiques et des barres de fruits sont autant de gestes qui permettent de compléter une telle course avec plus de facilité.

Deux autres « courses-objectifs » sont à l’agenda du Bromontois, à commencer par l’épreuve de 100 km du Québec Mega Trail, qui totalise en réalité 97,8 km. « C’est un terrain très technique avec beaucoup de montées et de descentes, décrit-il. Il fait tout le temps très chaud là-bas et beaucoup de Québécois y seront. Ça va être très compétitif. »

Le parcours, qui débute à 5 h le 30 juin à Petite-Rivière-Saint-­François, passera sur le Massif de Charlevoix, sur le sentier des Caps près du fleuve Saint-Laurent, sur les falaises de la rivière Sainte-Anne et sur la crête du mont Saint-Anne avant de faire le tour de cette montagne. 

Enfin, début septembre, Gardner prendra l’avion pour l’Europe afin de courir la CCC — pour Courmayeur en Italie, Champex en Suisse et Chamonix en France. Il s’agit d’une course de 100 km à travers les Alpes et qui fait partie de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc. « J’habitais Chamonix avant d’être un coureur », confie l’athlète. Il y pratiquait un autre sport, mais c’est aussi là que le Britannique d’origine a appris le français. « C’est un peu triste que je n’aie jamais pensé à aller courir dans la montagne comme je le fais maintenant. »

Ses premiers kilomètres

Maintenant athlète de haut niveau, Alister Gardner a découvert le monde de la course à pied par hasard. Sa copine, qui travaillait dans cette même municipalité, lui a suggéré d’essayer la course en sentier au XTRAIL Race de Sutton. Depuis, il est devenu un mordu de cette discipline.

Il était déjà adepte de planche à neige. « La sensation de courir dans le bois et celle de faire du snowboard dans le bois sont similaires », souligne-t-il. La biomécanique d’un tel sport l’intéressait également.

« J’ai commencé avec de longues distances à 29 ans. Mais si on veut être un marathonien de haut calibre, il faut commencer au cégep et même au secondaire avec des 100 mètres à haute vitesse. »

N’empêche que, aujourd’hui âgé de 37 ans, il tire très bien son épingle du jeu.

Des athlètes à surveiller

Le monde de la course à pied est en pleine effervescence dans la région. Régulièrement, Alister Gardner croise le chemin de coureurs qui débutent et d’autres qui parcourent les kilomètres avec de grands objectifs.

« C’est une belle chance de voir du monde qui veut commencer la course à pied », souligne le copropriétaire de la boutique Course & cie, à Granby. Son magasin offre un programme pour débutant et il affirme avec fierté qu’au bout des six semaines du programme, les participants peuvent parcourir 5 km en continu. 

Mais il y a aussi des coureurs à surveiller. C’est le cas d’Elliot Cardin, d’Alexis Lussier et d’Hélène Michaux, « la meilleure fille de la région ». « Elliot et Alexis sont deux athlètes qui sont déjà beaucoup plus forts que moi quand j’avais leur âge », souligne Gardner. Ce dernier rappelle toutefois qu’il ne pratiquait pas ce sport dans la jeune vingtaine, comme eux. 

« Je m’entraîne avec ces deux gars-là et c’est la première fois que je m’entraîne avec des athlètes aussi fort que moi. Je partage aussi mes erreurs avec eux pour les aider dans leur amélioration. On est là pour se pousser mutuellement et ça aide pour mes entraînements et ma motivation. Ça nous encourage à pousser nos limites. Il y a des gens qui aiment courir seuls, mais je crois que l’amélioration vient de la pression d’une compétition amicale. »

Les deux objectifs principaux d’Alexis Lussier sont des demi-marathons, rapporte Alister Gardner. Elliot Cardin est quant à lui devenu accroc aux ultramarathons, ajoute-t-il. 

Hélène Michaux a aussi de grands objectifs. Ils se rendront ensemble à l’ultramarathon Transvulcania et à la CCC, qui fait partie de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc.