Alex Labbé, ici entouré de Mario Gosselin, son chef d'équipe, et de Alain Lord Mounir, copropriétaire de l'écurie Go Fas Racing, a reçu le trophée remis au champion de la série Pinty's.

Alex Labbé sacré champion malgré un abandon

Pour la première fois de la saison, Alex Labbé n'a pas terminé sa course, samedi soir, sur l'ovale d'Hagersville, près d'Hamilton. Ce qui ne l'a pas empêché d'être déclaré officiellement champion de la série canadienne de NASCAR.
Labbé a été contraint à l'abandon au 62e tour d'une épreuve prévue pour 200 après avoir été victime d'une crevaison et avoir heurté le mur. L'Ontarien Cayden Lapcevich a remporté la course, sa troisième de la saison, devant Donald Theetge, de Québec, et Louis-Philippe Dumoulin, de Trois-Rivières. Andrew Ranger a fini 10e.
« Ce n'est pas de cette façon que je voulais conclure la saison, c'est clair, mais ça reste néanmoins toute une sensation d'être couronné champion ! a lancé le protégé de BRP. On a travaillé très fort depuis le mois de mai, il y avait beaucoup de pression, mais on a réussi à relever le défi. Je suis soulagé et... très fier ! »
Labbé, on le sait, n'avait qu'à prendre le départ pour être couronné. Il complète la saison avec une avance de 16 points sur Kevin Lacroix, quatrième en fin de semaine au Jukasa Motor Speedway.
Le Victoriavillois de 24 ans aura été un modèle de régularité en 2017. Il a fini 12 de ses 13 courses, a remporté cinq victoires (toutes sur ovale) et a terminé dans le top 5 pas moins de 11 fois.
« C'est dans les détails que la saison s'est jouée, a-t-il repris. C'est moi le pilote, mais c'est un gros travail d'équipe. L'ajout de Mario Gosselin comme chef d'équipe a changé tellement de choses. Je connais Mario depuis longtemps et je savais que c'est lui que ça me prenait pour avoir du succès. Souvent, on a fait des ajustements entre les pratiques et les qualifications ou entre les qualifications et la course et ça a fait la différence. Mario connaît les voitures, il connaît tous les trucs, il est très fort. Je lui dois beaucoup. »
Un rêve
Alex Labbé l'avoue : il réalise un rêve.
« J'ai commencé à faire du karting à l'âge de sept ou huit ans et j'ai commencé à faire du stock-car à 14 ans. Enlever un titre en NASCAR, c'est un rêve. J'ai l'impression d'avoir travaillé toute ma vie pour en arriver là. Je ne sais pas où ça va me mener, mais c'est toute une sensation, tout un feeling. Croyez-moi, je vis quelque chose de gros. »
Labbé sera honoré par BRP, à Valcourt, prochainement. En attendant, une fête en son honneur l'attendait samedi soir à Hagersville.
C'était mérité.
Classement final
1-Alex Labbé  542 pts
2-Kevin Lacroix  526 pts
3-Cayden Lapcevich  509 pts
4-L.-P. Dumoulin  497 pts
5-D.J. Kennington  486 pts
7-Andrew Ranger  454 pts
« Il faut protéger son talent »
Copropriétaire de l'écurie Go Fas Racing, Alain Lord Mounir savourait le premier championnat remporté par un Québécois en série canadienne de NASCAR depuis Louis-Philippe Dumoulin en 2014. Mais il a pris soin de ne pas trop s'avancer au sujet de l'avenir de son poulain Alex Labbé.
« Alex a livré la marchandise, c'est un champion, a commencé par dire Lord Mounir. Gagner un titre NASCAR, c'est gros, c'est prestigieux, ça va le suivre tout au long de sa carrière. Mais il faut protéger un beau talent comme celui d'Alex. Je suis à analyser toutes les options qui sont devant nous. Nous sommes condamnés à prendre les bonnes décisions. »
À Saskatoon, au mois de juillet, l'homme d'affaires (Julia Wine, Kappa et Cyclops Gear) avait mentionné à l'auteur de ces lignes qu'un titre en série Pinty's permettrait à Labbé de graduer en série Xfinity.
« Il faut voir si c'est la meilleure option pour Alex. On regarde ça très sérieusement, mais à l'heure où on se parle, tout est possible. Moi, je veux le meilleur pour lui. Je ne veux surtout pas qu'on se trompe en l'envoyant faire quelques courses en Xfinity et qu'il tombe dans l'oubli par la suite. C'est arrivé à trop de Québécois par le passé... »
Lord Mounir a répété qu'il croyait en Labbé.
« Il a un potentiel énorme. Ça fait deux ans que je le dis, il n'y a pas un Canadien plus proche que lui d'avoir du succès à l'intérieur d'une des séries de pointe de NASCAR. Et c'est pourquoi il faut en prendre soin et prendre les bonnes décisions. » Michel Tassé