« J’ai envie de me battre, j’ai besoin de me battre », lance Adam Dyczka.

Adam Dyczka est de retour

« L’hiver a été dur, très dur à part ça. Ça n’a pas été diagnostiqué par un médecin, mais je suis convaincu que j’ai fait une dépression. Mais là, j’ai envie de me battre, j’ai besoin de me battre. »

Adam Dyczka est de retour. Après de longs mois à rester enfermé chez lui à la suite d’une défaite qu’il n’a toujours pas digérée, il a repris le chemin du gymnase. Il a perdu les 40 livres qu’il avait prises, il a une nouvelle blonde… et une nouvelle coupe de cheveux. Le Panda a retrouvé le sourire et, surtout, la motivation nécessaire pour reprendre une carrière qu’il a mis en veilleuse depuis septembre dernier.

« J’étais pas capable de faire autre chose, j’étais pas capable de sortir de chez moi, mais j’ai l’impression d’avoir perdu quasiment un an de ma vie, lance celui qu’on a rencontré au Speedy Gym. Là, il faut que ça bouge, c’est urgent ! »

Urgent, ça veut dire qu’il planifie de se battre en septembre, ou au plus tard en octobre. Reste à savoir si ce sera en arts martiaux mixtes ou en boxe.

« Ça, c’est la grande, grande question. La boxe m’attire, peut-être que ça conviendrait encore mieux à mon style, mais tout le monde me rappelle tout le temps que j’étais à un cheveu de faire le saut en UFC en arts martiaux mixtes. Le message que je veux passer, c’est que je suis joueur autonome. Et je vais y aller avec la meilleure offre. »

S’il choisit la boxe, il devra toutefois repartir à zéro, ou presque. Les bons poids lourds étant rares, il risque toutefois de monter les échelons rapidement.

Son contrat avec TKO MMA prend fin le 29 juillet. Le promoteur Stéphane Patry, qui lui a permis de se faire un nom, aimerait s’entendre avec lui sur un nouveau pacte, mais Dyczka ne veut rien savoir d’un autre contrat à long terme. Maintenant que le poids lourd Ciryl Gane s’en va à l’UFC, le Granbyen redevient très intéressant pour l’organisation de Patry.

« Je ne dis pas non à TKO MMA parce que Stéphane Patry organise de gros shows, il me permet de me battre au Centre Bell et au Centre Vidéotron et il est proche de l’UFC. Mais je préférerais nettement mieux signer des contrats pour un seul combat à chaque fois. Je veux me garder les portes ouvertes. »

Dyczka ne dit pas non non plus à son ami Yan Pellerin, récemment devenu promoteur en boxe et en arts martiaux mixtes.

De l’essence à motivation

Oui, Adam Dyczka est motivé. Ça s’entend et ça se voit. Ce qu’il veut, c’est retrouver ce qu’il a perdu.

« Il y a un an, je cognais à la porte de l’UFC, mais j’ai perdu le combat que je ne devais pas perdre et des gars comme Marc-André Barriault, Charles Jourdain et Gane sont passés en avant de moi, mentionne-t-il. Je n’ai rien contre ces gars-là, ce sont tous des combattants de grand talent, mais ça m’a fait ch… de voir ça. Je veux reprendre ma place, je veux qu’on recommence à parler de moi, je veux revenir là où j’étais dans l’opinion publique. Ce que j’ai perdu et que je veux retrouver, c’est de l’essence dans mon réservoir à motivation. »

Dyczka a ce petit quelque chose dans les yeux qui nous convainc qu’il est sérieux et qu’il est prêt pour le grand retour.

« Cet hiver, j’avais honte. Honte de ma dernière performance et honte d’avoir laissé tomber mes fans, qui croyaient tellement en moi. C’est aussi pour eux que je veux revenir. »

Mais il devait, semble-t-il, passer par la période sombre à travers laquelle il est passé.

« Moi, quand ça ne marche pas, je me cache. Je suis mal fait, mais je suis comme ça. Vraiment, j’ai sombré, ça n’allait pas pantoute. Il y a une période, avant les Fêtes, où je pensais que j’allais mieux, mais je suis retombé. Je vous le dis, j’ai fait une dépression. »

Mais tout ça semble enfin derrière lui.

« I’m back ! », lance-t-il, un grand sourire aux lèvres.

S’il jure qu’il ne montera plus jamais dans l’octogone, Dimitri Waardenburg ne ferme pas la porte à un retour dans le ring. Pour l’heure, il travaille à temps plein comme entraîneur au Speedy Gym, propriété de son père Dirk.

DIMITRI WAARDENBURG POUR L'AIDER À CHANGER

Lorsqu’il remontera dans l’octogone (ou dans le ring), Adam Dyczka veut que les gens voient qu’il a changé. Et il a confié à Dimitri Waardenburg le soin de l’aider à « aller plus loin ».

« Ma signature, depuis que je me bats professionnellement, c’est ma main droite, explique-t-il. Elle est dangereuse, ma main droite, mais elle ne peut pas toujours faire le travail à elle seule. Il faut que j’ajoute des outils à mon coffre. »

Waardenburg est un bon ami de Dyczka. Il compte 22 combats en arts martiaux mixtes (13-9) et deux autres en boxe (0-2). S’il jure qu’il ne montera plus jamais dans l’octogone, il ne ferme pas la porte à un retour dans le ring. Pour l’heure, il travaille à temps plein comme entraîneur au Speedy Gym, propriété de son père Dirk.

« Dimitri et moi, on a le même âge, on s’entend bien et il possède toute une expertise en sports de combat, reprend Dyczka­. En ajoutant son père, qui a toujours été près de moi, je pense qu’on va faire une belle équipe. »

Puisqu’il pèse présentement 260 livres, Dyczka pourrait se battre demain matin. Mais la prochaine fois qu’il enfilera les gants, il veut peser 245 livres, maximum.

« Je ne suis pas un lourd-léger comme certains aimeraient que je le devienne, mais j’aurais probablement avantage à être un brin moins pesant, question d’être un peu plus rapide. »

Dyczka hésite entre les arts martiaux mixtes et la boxe, mais il sait une chose : il veut se battre à nouveau avec Ciryl Gane, qui lui a infligé sa seule défaite en septembre dernier.

« Prendre ma revanche sur Ciryl, ça fait aussi partie de mes grandes motivations. Cette défaite-là (par KO), je ne l’oublierai pas de sitôt. Pas avant de l’avoir battu, en tout cas ! »

On vous le dit, il a l’air sérieux.