«Puisqu’il n’y a pas de grosses foules à nos matchs, on se disait qu’on allait peut-être pouvoir continuer de jouer. Mais on a rapidement compris que la situation était beaucoup plus grave que ce à quoi on s’attendait», raconte le Granbyen Maxime Bourgeois.
«Puisqu’il n’y a pas de grosses foules à nos matchs, on se disait qu’on allait peut-être pouvoir continuer de jouer. Mais on a rapidement compris que la situation était beaucoup plus grave que ce à quoi on s’attendait», raconte le Granbyen Maxime Bourgeois.

Académie de l’Impact: Bourgeois et Amla en congé forcé

La crise de la COVID-19 ébranle le monde du sport, et le milieu du soccer est loin d’y échapper. La saison en cours est compromise dans tous les grands championnats, tandis que l’Euro, une des complétions les plus prestigieuses sur la planète, a été reporté à l’été 2021. Les répercussions se font aussi sentir à l’échelle locale. Porte-couleurs de l’Académie de l’Impact de Montréal, les Granbyens Maxime Bourgeois et David Koffi Amla font partie des athlètes qui ont dû rentrer à la maison.

L’équipe U-19 de l’Académie de l’Impact devait amorcer sa saison printanière contre les espoirs du Revolution de la Nouvelle-Angleterre le samedi 14 mars. L’entraînement prévu la veille a toutefois été annulé subitement. La U.S. Soccer Development Academy, une ligue qui réunit notamment les club-écoles de la Major League Soccer, venait alors d’interrompre ses activités en raison de la pandémie en cours.

«On voyait un paquet d’annulations dans les grandes ligues, autant en Europe qu’en Amérique du Nord. Puisqu’il n’y a pas de grosses foules à nos matchs, on se disait qu’on allait peut-être pouvoir continuer de jouer. Mais on a rapidement compris que la situation était beaucoup plus grave que ce à quoi on s’attendait», raconte Maxime Bourgeois. Il s’agissait d’un autre coup dur pour l’ancien des Cosmos. L’automne dernier, il avait dû renoncer à la Coupe du monde U-17 en raison d’une entorse de la cheville subie une dizaine de jours avant le début du tournoi.

Également membre de l’équipe canadienne qui a atteint le carré d’as du Championnat U-17 de la CONCACAF, David Koffi Amla n’avait pas été retenu pour le Mondial. Le Granbyen a toutefois rebondi depuis.

Le mois dernier, il a même effectué des essais pour le FC Sochaux-Montbéliard, qui compte plusieurs titres au sein de l’élite française. En attente de nouvelles, il espère conserver toutes ses chances malgré la crise actuelle.

«Sochaux possède encore une des meilleures académies de France. Le timing n’est pas idéal avec la pandémie. Je peux seulement continuer de prier et de m’entraîner très fort», affirme le jeune Amla, un des plus jeunes membres de sa formation.

Nouvelles positions, nouveaux défis

Puisque les dirigeants de l’Impact recherchent davantage des défenseurs centraux de grande taille, les deux Granbyens devaient se familiariser avec de nouvelles positions cette saison. Maxime avait d’ailleurs hâte de prouver sa valeur comme milieu défensif lors de matchs officiels. Quant à lui, David était principalement utilisé comme défenseur latéral gauche, un poste qu’il connaît «plutôt bien».

Jusqu’à nouvel ordre, leurs apprentissages se poursuivront cependant à la maison. Suivant les directives gouvernementales, l’état-major de l’Impact a renvoyé tous les joueurs chez eux. Le Centre Nutrilait, complexe d’entraînement de l’organisation montréalaise, est accessible uniquement pour des traitements médicaux.

Un programme d’entraînement physique a toutefois été fourni aux athlètes, qui peuvent enregistrer des données pertinentes à l’aide d’un système informatique.

David Koffi Amla dans l’uniforme de l’équipe canadienne

Né au Danemark de parents d’origines togolaise et ivoirienne, David Koffi Amla préfère d’ailleurs voir la situation comme une opportunité.

«À la maison, on a notamment un vélo stationnaire et un elliptique. Je n’étais pas aussi bien équipé dans mon appartement à Montréal. Honnêtement, je me sens en pleine forme», explique-t-il.

Maxime Bourgeois émet toutefois quelques réserves.

«Physiquement, il n’y a pas de problème. Par contre, c’est plus difficile de toucher au ballon puisque les parcs sont fermés», souligne-t-il.

«Même si j’étais seul, on m’a demandé de quitter les lieux quelques fois au cours des dernières semaines.»

Les consignes tactiques et collectives devront effectivement attendre.

Privés de l’Euro

Très habiles sur le terrain, Maxime et David sont aussi de grands amateurs de soccer.

Ce dernier suivait attentivement les résultats de son club favori, le Paris Saint-Germain, qui a récemment arraché son billet pour les quarts de finale de la Ligue des champions de l’UEFA. Il misait également sur une autre bonne performance de l’équipe de France, championne du monde en titre, lors de l’Euro qui devait débuter dans quelques mois.

Pour sa part, Maxime soutient généralement le Portugal et sa super vedette Cristiano Ronaldo lors des grandes compétitions internationales. «J’aime l’athlète, le personnage et sa mentalité. C’est un des plus grands de l’histoire, donc c’est difficile de ne pas l’aimer...»

Les grandes puissances européennes ont maintenant rendez-vous à l’été 2021, si le climat mondial le permet.

D’ici là, les deux espoirs granbyens espèrent que les choses rentreront dans l’ordre à temps pour le début de la saison automnale. Ils souhaitent évidemment briller dans l’uniforme bleu-blanc-noir, et ainsi séduire à nouveau les dirigeants de la sélection canadienne.