Nicolas Roy manque aux Inouk. Il n’a disputé que neuf matchs depuis le début de la saison.

À bout de souffle, les Inouk

CHRONIQUE / Pendant longtemps, j’ai pensé que les Inouk s’en allaient droit vers les grands honneurs cette saison. Cette équipe, bien dirigée, m’apparaissait presque parfaite, avec de bons joueurs à chacune des positions.

Mais voilà, les choses sont plus difficiles pour les Inouk depuis un certain temps. Avant les Fêtes, on a senti que la fatigue s’installait dans le camp granbyen et, depuis le retour de la pause (fiche de 3-2-1), tout est beaucoup plus compliqué. On dirait une équipe à bout de souffle.

Non, on ne peut pas dire que les Inouk l’ont eu facile depuis le début de la saison. L’affaire des joueurs inadmissibles, qui a fini par coûter trois victoires et six points, a fait mal, plus que joueurs et dirigeants ont voulu le laisser croire. Mais puisque cette équipe est résiliente, elle a rebondi. Puis, il y a eu et il continue à y avoir des blessures et des blessures.

Je n’ai pas calculé le nombre de matchs ratés par les joueurs des Inouk en raison des blessures et je ne sais pas s’il est plus élevé que la moyenne. Mais le nombre de matchs ratés par des joueurs importants (Nicolas Roy, 27, Félip Bourdeau, 16, et Hubert Cyrenne-Blanchard, 27), lui, est impressionnant.

Le départ de Thomas Caron, qui complétait merveilleusement bien William Leblanc et Louis-Philippe Denis sur le premier trio, a aussi été une mauvaise nouvelle. Mais dans ce cas-ci, on dira que le junior AAA sert à développer des joueurs pour la grosse LHJMQ…

La défensive des Inouk — avec les Lavoie, Lampron, Risk, Major, Belzile et Nadeau — reste solide. Mais l’attaque, trop souvent, est l’affaire d’un seul trio, bien sûr celui de Leblanc, ce qui facilite grandement la tâche de l’adversaire.

Récemment, un entraîneur adjoint d’une équipe de la LHJAAAQ m’a dit : « Pour battre Granby, c’est pas compliqué, il faut maîtriser la première ligne. Si tu réussis ça, c’est à peu près sûr que tu vas gagner ».

C’est justement ce que le Titan de Princeville et le Collège Français de Longueuil ont fait dernièrement. Les deux fois, Leblanc a été blanchi de la feuille de pointage alors que Denis n’a amassé qu’une petite passe contre le Collège Français. Trop peu pour que les Inouk l’emportent…

Il est difficile d’en demander plus à Leblanc, toujours le meilleur marqueur de la ligue avec ses 51 buts et ses 92 points, et à Denis, qui montre 78 points. Mais clairement, ils sont surveillés davantage par l’adversaire, reçoivent plus de coups (surtout Leblanc) et il y a des soirs plus ardus que d’autres. Et il y en aura d’autres.

Le problème, c’est qu’ils ne sont pas une tonne à pouvoir prendre la relève quand Leblanc et Denis sont menottés en l’absence de Roy et de Bourdeau. Si vous regardez la colonne des marqueurs des Inouk, vous verrez que le meilleur attaquant de l’équipe après Denis est Tristan Belliveau avec 33 points, soit 45 de moins que le vétéran de 20 ans. Et ensuite, parmi les joueurs actifs à l’offensive, c’est Laurent Mainville avec… 24 points.

À l’opposé, le retour de Raphaël Bouchard fait du bien, lui qui a déjà amassé douze points en autant de matchs. Mais les Inouk ont besoin de plus des autres.

Question de mieux équilibrer son attaque, Patrice Bosch devra-t-il séparer Leblanc et Denis ? La question se pose. Et je suis convaincu que Bosch se la pose également.

Nicolas Roy pourrait revenir au jeu d’ici deux semaines, paraît-il. Quant à Félip Bourdeau, aux prises avec une commotion cérébrale, c’est le néant. En fait, on ne sait jamais quand un joueur victime d’une commotion va revenir.

On voit la frustration gagner les Inouk. C’était très évident à la suite de la défaite face au Collège Français. Et c’est tout à fait normal. C’est même sain. Les joueurs de cette équipe se sont mis dans la tête qu’ils allaient aller jusqu’au bout et ils n’aiment ce qui se passe présentement, ils n’aiment pas perdre face aux clubs qu’ils devront battre pour atteindre leurs objectifs.

Mais voilà, certains n’auront pas le choix d’en donner plus. Et Patrice Bosch devra peut-être se montrer plus créatif. En attendant, du moins, le retour des grands blessés.

Vrai que 12 des 13 équipes vont faire les séries dans la LHJAAAQ, qu’il n’y a pas péril en la demeure. Mais on le sait, ce n’est jamais une bonne idée de prendre de mauvais plis en cours de saison…