Le premier ministre du Québec, François Legault

Vers une grande noirceur en éducation

Le premier ministre Legault, le ministre de l’Éducation Roberge et tous les complices de cette mascarade de démocratie m’ont mise hors de moi dès l’ouverture de la séance extraordinaire de l’Assemblée nationale. Certes, me direz-vous, plusieurs membres de l’opposition ont déjà eu recours à ce stratagème. Mais la condescendance et le manque d’écoute du gouvernement de la CAQ sont manifestes !

Pour s’en convaincre, il faut se remettre en tête les propos du premier ministre en chambre. « M. le président, j’invite le chef du Parti libéral à ne pas aller voir Mainstreet, comme il dit, là, d’aller voir le monde ordinaire. Je le sais, aujourd’hui, il y a une tempête, là, mais il pourrait peut-être aller dans quelques centres d’achats, puis aller demander aux gens s’ils souhaitent qu’on garde les élections scolaires ou non. »

Alors pour M. Legault, le « monde ordinaire », quand il y a tempête, s’en va au centre commercial pendant que des gens « importants », comme lui, s’occupent des affaires « importantes » ! 

M. Legault, le monde ordinaire, c’est entre autres les travailleuses et travailleurs de soutien scolaire, les secrétaires d’école, les techniciennes et techniciens en éducation spécialisée, les concierges, les employé-es de cafétéria, les préposé-es aux élèves handicapés, les agentes et agents de bureau, les électriciennes et électriciens, les éducatrices en service de garde, qui se lèvent chaque matin pour accueillir, guider, aider, consoler nos enfants, pour leur offrir un environnement propre et accueillant. 

Ce sont ces personnes « ordinaires », M. Legault, qui subiront les changements imposés par bâillon à la Loi sur l’instruction publique, qui touche beaucoup plus que les élections scolaires! Ces gens ordinaires, M. Legault, ce sont eux qui connaissent le mieux le fonctionnement des commissions scolaires. Mais ni vous ni le ministre de l’Éducation n’avez daigné les consulter. 

À plusieurs moments en commission parlementaire, le ministre n’était même pas à l’écoute.

M. le ministre Roberge, le personnel de soutien scolaire, qui en toute bonne foi, vous a soumis ses amendements au projet de loi, est indigné! C’est un rendez-vous manqué : vous n’avez pas pris en compte l’expertise terrain de plus de 30 000 personnes œuvrant au quotidien dans le réseau scolaire en plus des milliers d’autres acteurs du milieu. 

Quand un projet de loi compte plus de 300 articles et modifie plus de 80 lois, on parle beaucoup plus que d’abolir les élections scolaires. Et quand, M. Roberge, vous avez décidé d’entreprendre une telle réforme, il fallait certainement planifier le temps nécessaire pour y arriver.

Soixante-dix heures, c’est trop, vraiment ? Cela ressemble plutôt à un prétexte pour bâillonner toutes les voix contraires à la vôtre. 

Le poète et écrivain Nicolas Boileau a dit : « Du choc des idées jaillit la lumière! » 

En ce qui nous concerne, une bien grande noirceur attend le réseau de l’éducation.


Nathalie Arguin 

Présidente de la Fédération des employées et des employés de services publics (FEESP–CSN)