La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

Venezuela ou Israël?

Madame Freeland, ministre des Affaires étrangères

J’apprécie que vous dénonciez les malversations probables aux élections du Venezuela, mais pourquoi ne vous prononcez pas aussi sur le conflit entre Israël et la Palestine­, conflit vieux de 50 ans, voire 70 ans, et qui sera bientôt sans solution si la situation ne change pas rapidement ?

La démarche est pourtant claire. Et elle rejoint substantiellement une bonne proportion d’Israéliens et plusieurs ONG israéliennes.

1) Demander au gouvernement d’Israël de cesser im­médiatement et complètement ses activités de peuplement dans le ter­ritoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est. Tel que le demande une pétition en cours sous l’égide du mouvement Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient (CJPMO) (voir info@cjpme.org). La colonisation est contraire au droit inter­national, condamnée par l’ONU et de nombreux pays, source de frustration et de violence­ de la part des Palestiniens.

2) Applaudir au rapprochement du Fatah et du Hamas, signe de renonciation à la violence de la part de ce dernier et gage d’une meilleure administration du territoire.

3) Reconnaître la Palestine comme État indépendant afin de redonner dignité et espoir aux Palestiniens, d’établir l’égalité des partenaires avec Israël et de faire un pas significatif vers la solution à deux États.

4) Encourager le boycottage des produits israéliens (renversant ainsi la motion votée l’an dernier par votre gouvernement) afin de forcer Israël à changer d’attitude et de politique, soit cesser la colonisation, reconnaître la Palestine comme État et rétablir un vrai processus de négociation sur les autres points. Boycottage existant depuis plusieurs années, à l’image de celui pratiqué contre l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1980. Boycottage encouragé par l’ancien secrétaire d’État américain, John Kerry, en janvier 2014.

À l’appui de cette démarche, Mme Freeland, songez à une déclaration de l’ancien président Obama­ en juin 2015, qui, exaspéré par l’intransigeance de Netanyahou­, a déclaré qu’il pourrait bien ne plus mettre son veto au Conseil de sécurité.

Guy Durand

Professeur émérite de l’Université de Montréal, spécialisé en éthique. Auteur du livre Israël et Palestine : histoire ancienne et fractures actuelles, Les Éditions des Oliviers (Wilson et Lafleur), 2016.