Urgent d’améliorer l’accès aux services publics pour les personnes vulnérables

Monsieur le premier ministre, à l’occasion de la Journée internationale de la solidarité humaine (20 décembre), le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) sollicite votre sentiment d’unité et de responsabilité commune afin que l’accès aux services publics pour les personnes plus vulnérables s’améliore.

Il y a deux ans, le SPGQ a réalisé un sondage portant sur les compressions et les politiques d’austérité auprès de ses membres; ces derniers devaient répondre à des questions liées aux effets des compressions sur leur travail et sur la qualité des services offerts. Les membres du SPGQ ont été nombreux à mentionner que, au cours des dix dernières années, les délais dans la réalisation ou le traitement des dossiers ont augmenté. De cette proportion, la vaste majorité des personnes ont signalé que les compressions des dernières années y ont contribué. Selon ce sondage, les délais dans le traitement des dossiers augmentent l’insatisfaction de citoyens, ce qui engendre parfois une frustration issue de la sensation de ne pas être écouté et de ne pas obtenir un service efficace. 

Bref, la confiance de citoyens envers les services publics s’érode. Au cours des dernières années, de nombreuses institutions publiques régionales et leur personnel ont été victimes de ce vent d’austérité apparenté à une entreprise systématique de destruction massive. Les employés des directions régionales des ministères de l’Éducation et de l’Immigration, de même que certains employés du ministère de la Faune et plusieurs autres, en ont déjà payé le prix. 

Par ailleurs, vos prédécesseurs ont suspendu une épée de Damoclès au-dessus des collèges, des centres locaux de développement, des conférences régionales des élus, des carrefours jeunesse-emploi, des agences de la santé et des services sociaux, ce qui a contribué à fragiliser le tissu socio-économique des régions sur l’autel idéologique du retour à l’équilibre budgétaire.

Sachant qu’un Québécois sur cinq est analphabète et que près de quatre sur dix éprouvent de grandes difficultés de lecture, sans oublier que 800 000 de vos concitoyens ont un revenu inférieur au seuil de la pauvreté, il y a urgence d’accroître le nombre de professionnels pouvant offrir des services parfois disparus (surtout en région). Cela contribuerait à mettre fin aux démarches souvent trop complexes qui privent des personnes de services publics. Leurs besoins sont souvent impossibles à satisfaire en raison de leur condition et de l’absence de services disponibles.

Monsieur le premier ministre, le SPGQ ne vous tient évidemment pas responsable de cette situation. Cependant, il appelle de ses vœux à ce que vous deveniez le leader québécois du début du 21e siècle, celui qui fera preuve de vision et de compassion en améliorant l’accès des services publics aux personnes plus démunies.  

 

Line Lamarre

Présidente du SPGQ