Une subvention mal ciblée pour le parascolaire

LA VOIX DES LECTEURS / Pour l’année scolaire 2019-2020, le gouvernement de la CAQ a annoncé une subvention pour bonifier le parascolaire. Pour la commission scolaire des Hautes-Rivières, ça représente 300 000 $.

Pour la première année, la subvention doit toucher 25 % des élèves de la commission scolaire. Celle-ci a choisi quelques écoles de la ville de St-Jean-sur-Richelieu uniquement.

À première vue, ça semble intéressant sauf que lorsqu’on regarde de plus près, c’est très décevant. Cette subvention s’adresse aux nouveaux projets uniquement, donc la commission scolaire a engagé un technicien en loisirs pour créer de nouveaux projets. Dès le départ une partie de la subvention sert à un salaire qui ne profite pas aux enfants. Dans un second temps, le problème du parascolaire est beaucoup plus dû à un manque de personnes pour s’en occuper que pour des idées d’activités. Le parascolaire qui existe déjà n’est pas éligible à cette subvention et tous les sports qui relèvent de la RSEQ (Réseau des sports étudiants du Québec) ne sont pas éligibles non plus ! Qu’est-ce que ça donne de créer du nouveau quand on ne supporte même pas ce qui existe ?

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Je vais parler, en mon nom, pour l’équipe de football dont je m’occupe, mais dont l’histoire est sûrement très semblable à plein d’équipes sportives dans les écoles. Dans notre cas, ça fait 14 ans que notre équipe existe. Pour démarrer l’équipe, nous sommes 6 parents à avoir travaillé comme des forcenés pour permettre à des élèves d’avoir une équipe de football dans leur école... tout ça bénévolement ! À travers les années, nous avons fait des levées de fonds et sollicité les entreprises, tout ça en entraînant et gérant l’équipe. Durant la saison, ça représente environ entre 15 et 25 heures de bénévolat par semaine et les entraîneurs de l’équipe sont tous des bénévoles ! Quel est le but premier de tous ces bénévoles ? Donner le goût du sport aux élèves, leur partager des bonnes valeurs, les garder à l’école et leur permettre d’obtenir leur diplôme. On travaille aussi très fort à maintenir le coût d’inscription le plus bas possible afin que tous puissent participer. Faire partie de la RSEQ est obligatoire pour affronter d’autres équipes et la facture pour cette année est de 2300 $ pour notre équipe.

Le gouvernement a-t-il vérifié auprès d’anciens élèves ce qui leur donnait le goût d’aller à l’école ? Il aurait été surpris de constater que les équipes sportives parascolaires ont joué et jouent encore un grand rôle dans la réussite scolaire. Au Québec, le taux de décrochage se situe autour de 65 % pour les garçons et il est prouvé que 80 % des élèves qui jouent au football à l’école terminent leur secondaire. La majorité de ces équipes sont à bout de souffle financièrement et le recrutement d’entraîneurs est difficile. Pourtant, malgré le grand succès de celles-ci pour contrer le décrochage scolaire, le gouvernement leur tourne le dos ! Belle reconnaissance !

Marie-Hélène Gagnon

Saint-Césaire