Un projet qui inquiète à Cowansville

LA VOIX DES LECTEURS / Résidente de Cowansville depuis presque quatre ans, je suis atterrée par le projet de cinq tours résidentielles de 10 étages qui seront construites sur le boulevard Dieppe, dans un quartier où on retrouve des habitations à un ou deux étages. Et ce, même si je n’habite pas dans la zone visée. Non seulement ce quartier sera infernal pendant les 5 à 7 années que durerait la construction, mais nous n’avons aucune idée à quel moment la revitalisation du centre d’achat, qui obsède les élus de Cowansville, aura lieu. D’ailleurs, à ce que je sache, aucune entente n’est signée avec quelque commerce que ce soit. Nous n’avons vu, pour l’instant, qu’une maquette fort imprécise de l’allure que prendrait tout ce complexe.

Plusieurs villes, dont Magog, planifient soigneusement la revitalisation de leur centre-ville pendant des années, en consultant leurs citoyens et leurs commerçants pour avoir des idées et en engageant des firmes indépendantes pour les aider. Mais la Ville de Cowansville, elle, fait quelques séances pour présenter le projet d’un promoteur aux citoyens, prend des notes lorsque les citoyens manifestent des doutes ou de l’opposition. Mais cela ne l’empêche pas de voter immédiatement une résolution pour que le projet aille de l’avant. Voilà comment se déroule une soi-disant consultation à Cowansville. De plus, les résidents habitant en face de ce futur mini Quartier DIX30 auront le choix d’être expropriés moyennant compensation — en n’ayant pas de garantie, pour l’instant, que les offres du promoteur leur permettront de se loger ailleurs avec les mêmes acquis — ou de rester là en voyant leur qualité de vie diminuer drastiquement pendant des années, vu le bruit, le trafic de poids lourds et la poussière créés par un projet d’une telle envergure. Non seulement la Ville de Cowansville ne respecte pas tous les citoyens de ce secteur, mais elle ne respecte même pas ses propres critères pour l’adoption d’un PPCMOI (projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble.)

Par exemple, l’article 13, item no. 4 stipule que :

1. « Si le projet implique la construction d’un nouveau bâtiment ou la modification d’un bâtiment existant, son architecture doit s’intégrer à son milieu d’insertion ».

Comment des tours de dix étages peuvent s’intégrer dans un secteur de résidences à un ou deux étages ?

On redit la même chose à l’item no 2 : « Les occupations prévues doivent être compatibles avec celle du milieu d’insertion ».

Puis, au no. 3 : « Lorsque les occupations prévues sont non résidentielles et qu’elles sont projetées dans un environnement résidentiel ou situé à proximité d’un environnement résidentiel, les nuisances potentielles pour les résidents doivent être négligeables, notamment en ce qui concerne le bruit et la circulation des véhicules ».

Il faut donc en déduire que lorsque les occupations prévues sont résidentielles, il n’y a pas de problème à déranger les gens et les commerçants pendant des années ?

La page Facebook « Projet centre-ville Cowansville » présente les opinions de citoyens, qui, comme moi, ne sont pas en faveur de ce projet.

Nathalie Dorais

Cowansville