Se mobiliser contre les inégalités générées par le G7

Ce que l’on entend ces temps-ci à propos du G7, ce n’est pas l’engagement des dirigeants des sept pays parmi les plus riches à régler les problèmes de la planète, mais c’est plutôt combien les autorités déploient des efforts pour rassurer la population et empêcher les violences des mobilisations dans les rues de Québec! Selon nous, ce sont pourtant bel et bien les politiques néolibérales des dernières années, notamment celles de Trump, qu’il faut craindre et qui menacent notre avenir collectif.

Avec la présente prise de position, nous voulons signifier notre appui à celles et ceux qui iront manifester à Québec, le 9 juin, dans le cadre d’une initiative conjointe de groupes citoyens, syndicaux et communautaires, de manière unitaire et pacifique, pour exprimer un refus des politiques qui accentuent les inégalités et qui mettent en danger la planète! Alors que la panique actuelle est nourrie par des reportages qui mettent de l’avant les forces policières disant craindre les mobilisations, nous considérons que toute cette mise en scène a pour conséquence de décourager quiconque voudrait manifester son opposition dans la rue à Québec.

Une opposition légitime

L’opposition aux grands décideurs de ce monde est tout à fait légitime, elle est même urgente et indispensable au regard de l’augmentation des inégalités, des tensions internationales et des enjeux environnementaux. Il s’agit d’une des fonctions essentielles de l’action politique de la société civile de porter la voix des citoyennes et citoyens entre les élections.

Le Sommet du G7 réunit chaque année le club des sept pays parmi les plus riches de la planète. Il se veut un forum à l’enseigne de la coopération. Utilisera-t-on cette collaboration pour traquer les voyous de la finance qui profitent sans vergogne des paradis fiscaux? Sans surprise, cette question n’est pas à l’ordre du jour!

Certains thèmes à l’ordre du jour, comme celui de l’égalité homme-femme, laissent croire à des discussions progressistes. Le Sommet du G7 semble plutôt une occasion pour les chefs de gouvernements de partager des orientations au bénéfice du 1% et des multinationales. Depuis sa création, les politiques défendues par le G7 ont surtout permis d’accroître considérablement les inégalités.

Pour Donald Trump, la prochaine rencontre du G7 doit servir à rendre plus légitimes ses politiques ultraconservatrices! Malgré sa politique du America First, le projet du président américain n’est pas de mettre fin à la mondialisation néolibérale. Il propose plutôt d’accentuer les efforts des pays du G7 pour mettre en place une politique commerciale plus agressive et pour offrir aux grandes entreprises plus de possibilités de générer des bénéfices. La rencontre du G7 ne ralentira pas ses politiques basées sur plus d’exploitation d’énergies fossiles, de guerre commerciale, de concurrence et d’exploitation des peuples. Sur ce plan, il n’y a pas d’opposition de fond de la part des autres pays du G7.

Vers un forum alternatif au G7

C’est pour exprimer une opposition à ces politiques que se tiendra, le 9 juin prochain, une journée d’activités pour promouvoir une autre vision du monde. Pendant 12 heures, samedi, kiosques-ateliers, conférence, manifestation, spectacle occuperont l’espace public devant l’Assemblée nationale et dans les rues de Québec.

On doit refuser la campagne pour museler la volonté de s’exprimer et de faire adopter des politiques plus justes, centrées sur les droits fondamentaux, les droits humains et sociaux, et sur un programme de commerce plus respectueux des peuples et de la planète. Beaucoup de regards se tourneront vers le Québec en ce début de juin 2018. Nous lançons un appel à participer aux activités de la coalition. La réelle menace serait de se taire.

Signataires: 

Beaudet Pierre professeur et rédacteur aux Nouveaux cahiers du socialisme

Chabot Louise présidente de la Centrale des syndicats du Québec

Cameron, Ronald coordonnateur de l’Association québécoise pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (ATTAC-Québec)

Canet, Raphaël membre du conseil d’administration du Collectif transition sociale mondial

Cuccioletta Donald professeur et président Alternatives

Daigneault Dominique présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CSN)

Denault Alain philosophe et essayiste

Dey Sujata responsable de la campagne sur le commmerce Conseil des Canadien international

Dubé Fred humoriste du Front commun comique anti-G7

Dumas Gabriel coordonnateur du Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec

Grinand Alice coordonnatrice des communications au Comité de solidarité de Trois-Rivières

Guay Thérèse membre du conseil d’administration du Collectif transition sociale mondial

Lemieux-Breton Anne-Valérie Réseau d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches

Marois Alain vice-président de la Fédération autonome de l’enseignement

Murdock, Jean président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec

Perron Richard président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec

Piché Lucie présidente de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (CSQ)

Quesnel Caroline trésorière de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec

Simard Alice-Anne directrice générale d’Eau Secours

Vaillancourt Claude écrivain et président de l’Association québécoise pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (ATTAC-Québec)