Racisme endémique

C’est le temps de l’année quand les parents se regroupent dans les auditoriums d’écoles secondaires pour assister aux spectacles de fin d’année. C’est justement où je me suis retrouvé la semaine dernière, essayant d’identifier les œuvres d’art de ma fille et me tortiller le cou pour la trouver pendant la prestation de danse.

Ensuite, c’était le moment des sketchs de théâtre, écrits par les étudiants eux-mêmes, dont un était un exemple parfait du racisme qui semble à continuer sans arrêt et sans honte dans notre société. Dans le sketch, un étudiant jouait le rôle d’un autochtone et un autre jouait le rôle d’un colon blanc. Quand le colon lui demanda de s’identifier, sa réponse s’est fait en frappant sa poitrine et d’hurler à maintes reprises d’un ton agressif « AU-TOCH-TONE ! »

Pire encore, après une course sur scène entre les deux personnages, l’autochtone est tombé mort et le colon l’a pris par la main et l’a trainé le long de la scène en disant: « Nous sommes les conquéreurs ». 

Trop de parents ont trouvé le sketch amusant. J’étais trop étonné pour remarquer si j’étais la seule à être si profondément offensée. Le sketch m’a rappelé les vieux films de cowboys des années 50 où les Indiens sont dépeints comme étant épais, sauvages et illettrés. 

Nous voilà en 2019 et rien n’a changé. Je tiens le professeur de théâtre responsable. Je tiens l’administratrice de l’école responsable. Je tiens surtout les parents responsables. 

J’avais envie de faire une scène, de déranger le spectacle et hurler « Non, mais ? Ça ne va pas ? » Mais, dans l’intérêt d’épargner l’embarras à ma fille adolescente, je me suis contrôlée. 

Sérieusement les amis, combien de générations d’enfants blancs demeureront ignorant du racisme endémique autour d’eux avant que nous, leurs parents, proclament « c’est assez ! »

Anne-Marie Cyr - Cantons-de-l’Est