Je propose donc au Parti libéral et à ces jeunes libéraux qu’à la rentrée parlementaire ce parti ose demander au gouvernement caquiste faire une offre aux Canadiens de signer la Constitution de 1982, à condition d’accepter, et au plus tard en 2021, qu’il y soit inscrit principalement ce qui suit : Déclaration d’identité du peuple québécois.

Proposition au PLQ et aux jeunes libéraux

LA VOIX DES LECTEURS / Dernièrement, les jeunes libéraux réunis en congrès ont tenté d’appâter la majorité québécoise avec un soi-disant délaissement du multiculturalisme canadien au profit de l’interculturalisme québécois lequel, contrairement au premier, ne réduit pas la culture québécoise au statut d’une culture parmi d’autres, mais en fait plutôt la référence première au Québec en matière d’intégration.

Et pour s’assurer de l’effet, ils sont allés jusqu’à proposer une constitution québécoise qui en définirait clairement les paramètres, ainsi que la portée juridique, sans préciser toutefois si la loi canadienne sur le multiculturalisme de 1971, reprise par certains articles de la Constitution de 1982, laquelle nous est imposée depuis, serait de ce fait rendue invalide au Québec. Une abstention majeure qui peut laisser croire que ce projet des jeunes libéraux est, pour l’instant, cousu de fil blanc et qu’il ne sert qu’à emberlificoter les Québécois pour des raisons d’opportunisme électoral.

Je propose donc au Parti libéral et à ces jeunes libéraux d’être plutôt conséquents avec eux-mêmes, avec leur option première et identitaire, manière Bourassa, qu’est le renouvellement du fédéralisme canadien et qu’à la rentrée parlementaire ce parti ose, s’il est sincère dans ses apparentes nouvelles convictions nationalistes, demander au gouvernement caquiste, en présentant une motion en ce sens à l’Assemblée nationale, de faire une offre aux Canadiens de signer la Constitution de 1982, à condition d’accepter, et au plus tard en 2021, qu’il y soit inscrit principalement ce qui suit, en plus de quelques anciennes conditions de Meech qui pourraient encore être pertinentes selon ce parti : Déclaration d’identité du peuple québécois.

« Depuis plus de 400 ans, à force d’espérance et de persévérance, le Québec, en plus de fonder le Canada, s’est imposé au monde, non seulement comme une terre de paix et d’accueil, mais aussi de créativité et de productivité. Dans nos cœurs et nos vies, depuis très longtemps, c’est la terre de chez-nous et la langue française qui nous lient tous et toutes, et nous lieront toujours... nous, gens du pays, dans ce vaste Canada de toutes les audaces et de toutes les ouvertures.

Notre révolution tranquille nous a donné la LIBERTÉ pour nourrir nos actions, la FIDÉLITÉ aussi, pour ne jamais oublier nos racines et le PARTAGE pour assurer, à tous et toutes, un avenir juste, un avenir que nous voulons par la présente retisser avec le peuple canadien.

Ce triple trésor de valeurs communes auquel s’ajoute la richesse de nos valeurs fondamentales, en particulier, l’égalité de l’homme et de la femme +LGBTQ+, la laïcité à notre manière... et la neutralité de l’État, nous oblige comme peuple, d’une rare humanité et tellement plein d’humour et, qui aime bien manger..., à défendre et à accroître, autant que nécessaire, les pouvoirs qui protègent et favorisent notre singularité d’abord chez nous au Canada, mais aussi en Amérique du Nord et dans le monde entier.

Prenant à témoin la Constitution canadienne, par la présente déclaration, premiers (Amérindiens), anciens (francophones et anglophones) et plus récents habitants du Québec, avec nos savoirs et notre sagesse, nous nous unissons à nouveau, aujourd’hui et pour demain, afin de développer et faire fructifier cet héritage.

Ainsi, peuple du Québec et tous ses habitants, par la présente déclaration d’identité, nous nous voulons, fédérateurs, mais aussi reconnaissants envers le Canada de consentir pour nous, avec les outils financiers appropriés, des pouvoirs souverains additionnels et exclusifs, en matière de langue, de culture et de communication, mais surtout, d’immigration.

Ces nouveaux pouvoirs ainsi reconnus au Québec protègent son identité francophone, tout en rappelant son rôle de foyer de la francophonie canadienne, assurant ainsi la protection constitutionnelle de ses droits linguistiques. Aussi, dans ce Canada postnational de 1982, par la présente déclaration, le Québec se reconnaît la responsabilité en tant que nation de nations et comme peuple de veiller au respect et au développement de nos communautés autochtones, ici depuis plus de 15 000 ans, de notre communauté anglophone d’origine britannique, ici depuis 260 ans, de nos nouveaux arrivants, ici depuis hier et avant-hier, et ce, sans oublier nos francophones d’Amérique.

Si le chef Pierre Arcand et, surtout, ses députés(es) qui aspirent à la chefferie osaient une telle motion, ils cautionneraient la nouvelle ferveur nationaliste de leurs jeunes et leur permettraient d’être crus par beaucoup de Québécois. Pourquoi ?

Parce qu’à la suite de cette motion, adoptée si possible à l’unanimité des députés de l’Assemblée nationale, ce serait pour eux nécessairement la dernière proposition aux Canadiens, faite dans l’honneur, après le cinglant et désinvolte refus de Justin Trudeau, le jour même de la précédente offre de dialogue et d’ouverture de la Constitution faite par Philippe Couillard et Jean-Marc Fournier le 1er juin 2017. Et cette façon de se respecter comme parti fédéraliste nationaliste serait, bien sûr, appréciée des Québécois, car ils comprendraient qu’ainsi formulée, elle ne pourrait être refusée par les Canadiens sans conséquence pour l’avenir à la fois du Canada et du Québec.

De réfléchir comme ont fait ces jeunes en congrès à la possibilité de se donner une constitution québécoise apparaîtrait alors, grâce à cette motion présentée officiellement par leur parti à l’Assemblée nationale dès la rentrée afin qu’elle soit au Québec un enjeu de premier plan lors de la campagne électorale fédérale qui s’annonce en prévision du scrutin du 21 octobre, aux yeux des Québécois comme tout à fait pertinent voire prémonitoire, ne serait-ce que par précaution nationale.

De ce fait, l’intervention de ces jeunes libéraux dernièrement marquerait assurément l’histoire du Québec.

Denis Forcier - Shefford