Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

Pourquoi s’opposer pour s’opposer?

COURRIER DES LECTEURS / M. Couillard vient de faire un autre remaniement et il fallait s’attendre à ce que les partis d’opposition montent aux barricades, tout comme les médias d’ailleurs, pour affirmer leurs désaccords aux nominations. Les mots le disent, « partis d’opposition », donc il faut s’opposer à tout ce que propose le gouvernement en place. Rappelez-vous d’Yvon Deschamps disant dans Les Parlementeries qu’il avait compris son rôle d’opposition officielle : c’est de s’opposer, même de s’opposer à ce que son parti peut proposer.

Pendant plus de vingt ans, j’ai milité activement autant au PQ qu’au Bloc québécois et c’est cette facette de la politique que je détestais. C’est pourquoi je n’écoutais jamais les débats à l’Assemblée nationale ou à la Chambre des communes. J’ai même refusé de me présenter dans une élection (...) afin de remplacer mon ami Marc-André Bédard qui a dû se retirer pour des raisons de santé dans Chicoutimi. J’ai refusé d’aller travailler dans un milieu hostile de confrontation et aussi de sacrifier ma petite famille pour ce poste très exigeant et ingrat.

Être plus jeune et aussi avoir encore mon épouse à mes côtés, je tenterais, comme M. Bouchard­ l’a fait, de créer un nouveau parti politique au Québec qui, sans être au pouvoir, ne se comporterait pas toujours et nécessairement comme un parti d’opposition. Pourquoi ne pas reconnaître occasionnellement qu’un gouvernement peut réaliser de bonnes choses ? Je suis conscient que cette approche ne pourrait attirer les médias. Enfin, je vous remercie de me laisser rêver.


Yvon Lavoie

Granby