Point de rupture dans le recyclage

LA VOIX DES LECTEURS / En parlant du recyclage au Québec, l’ancien ministre de l’Environnement, David Heurtel, faisait un constat d’échec. Le ministre actuel, Benoit Charrette, parle de point de rupture. Les citoyens gèrent mal le matériel mis dans le bac de récupération.

Les centres de tri sont débordés et exportent du matériel dont la Chine ne veut plus. L’Inde et les autres pays importateurs s’apprêtent à faire la même chose. On ne parle jamais du prix payé, car celui-ci est dérisoire, quand il n’est pas négatif. Les centres de tri doivent être subventionnés, d’immenses quantités de ballots de papier et de plastique s’entassent un peu partout, la majeure partie du verre finit dans les sites d’enfouissement, etc.

Le ministre s’apprête à donner un coup de barre. Un coup de barre qui sera assez important, espérons-le, pour que tous les partis continuent à être d’accord.

Pourtant, le ministre vient de déclarer qu’il ne voulait pas toucher au fameux bac fourre-tout. Ça sent encore la dictature d’Éco- Entreprises qui ne veut pas toucher à cette fameuse poubelle de récupération et qui compte toujours sur des machines miracles pour séparer adéquatement la soupe contenue dans cette poubelle. On a expérimenté de telles machines pendant deux ans en dépensant des dizaines de millions $ pour des résultats dérisoires. Aux dernières nouvelles elles n’étaient même plus en fonction.

Pourtant, il doit bien exister des méthodes pour que les matières destinées au recyclage soient gérées de façon adéquate, puisque nous en importons, non ? Des États-Unis, du Nouveau-Brunswick, de l’Ontario. La Colombie-Britannique, l’Alberta, la Nouvelle-Écosse pourraient nous servir de modèles, plusieurs pays d’Europe aussi.

Le ministre a aussi parlé d’un 20 millions $ pour ouvrir des marchés. Ce montant devrait être investi dans la qualité des produits prêts à recycler ici. Cascades répète, par exemple, que ses usines sont prêtes à recycler tout le papier du Québec, à la condition qu’il lui arrive propre, c’est-à-dire sans plastique, sans verre. Le marché est déjà ouvert à la qualité.

Les citoyens sont prêts pour un virage. Ils ont carrément l’impression d’être floués. Plusieurs villages, au moins une MRC et des villes instaurent présentement des conteneurs pour le verre avec une participation étonnante des citoyens. Dans notre village de 1200 citoyens, par exemple, après moins de deux mois, un premier conteneur de huit tonnes s’est rempli et un deuxième conteneur de verre est presque plein. Résultats semblables à Saint-Denis-de-Brompton, Eastman et Cowansville. Un coup de barre est nécessaire. Tant qu’à virer, virons !

Les citoyens du comité Opération Vert-Verre

Racine